GÉNOMIQUELes fusions cellulaires

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Depuis le début des années 1960, il est possible de fusionner des cellules somatiques entre elles. Ce mode de croisement est bien distinct de celui qui s'opère lors de la reproduction sexuelle. Il constitue néanmoins une approche alternative et très fructueuse de la génétique moderne humaine.

En 1960, Georges Barski et ses collaborateurs à l'institut Gustave-Roussy de Villejuif ont obtenu, dans les cultures mixtes in vitro de deux souches de cellules somatiques différentes, des cellules hybrides, produit manifeste de la fusion et de l'intégration génétique de deux unités cellulaires distinctes.

Des circonstances particulières ont facilité cette démonstration. Les cellules de souris choisies pour ces premières expériences avaient des caractéristiques très différentes : l'une d'elles possédait un caryotype composé de nombreux chromosomes « marqueurs » à deux bras, inhabituels pour la souris, et était dépourvue de propriétés tumorigènes ; l'autre, ayant un caryotype assez proche de la normale, à l'exception d'un chromosome marqueur extra-long, était hautement maligne. De plus, les deux souches avaient des morphologies très différentes, faciles à distinguer.

La nouvelle cellule hybride était reconnaissable d'emblée par la présence simultanée, dans son caryotype, des deux garnitures chromosomiques réunies presque intégralement.

Les cellules hybrides, isolées à partir des cultures mixtes, se sont montrées parfaitement viables et ont pu être développées en populations clonales pures qui ont conservé, malgré un certain degré de ségrégation chromosomique, leurs propriétés essentielles, et notamment leur caryotype « hybride » et leur morphologie « intermédiaire », ainsi que des propriétés tumorigènes, héritées du parent malin.

Une voie nouvelle s'ouvrait désormais en biologie expérimentale. On pouvait dorénavant espérer que les croisements sexuels, outil principal, depuis les travaux mémorables de Mendel, d'analyse génétique des phénomènes d'hérédité [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 6 pages

Écrit par :

  • : directeur de recherche au C.N.R.S., chef du Laboratoire de virologie et de culture de tissus à l'Institut Gustave- Roussy, Villejuif
  • : professeur à l'Institut Pasteur, professeur de génétique à l'université de Paris-VII
  • : Biologiste, chercheur au Centre national de transfusion sanguine

Classification

Autres références

«  GÉNOMIQUE  » est également traité dans :

GÉNOMIQUE - Vue d'ensemble

  • Écrit par 
  • Jean DAUSSET
  •  • 544 mots

S'il y a une branche de la science où les chercheurs de notre génération ont dû complètement se recycler, c'est bien celle de la biologie moléculaire. En effet, l'irruption de celle-ci dans les laboratoires de recherche médicale a provoqué une véritable révolution conceptuelle et technique. Ceux qui avaient été formés à la recherche alors qu'elle en était encore à la biochimie et à la physiologie […] Lire la suite

GÉNOMIQUE - Théorie et applications

  • Écrit par 
  • Louis-Marie HOUDEBINE
  •  • 4 030 mots

Avec la fin du xxe siècle, le génie génétique est entré dans sa maturité. Les techniques de base, définies dans le courant des années 1960, se sont perfectionnées, simplifiées et en partie automatisées. Les plus importantes sont : le clonage de gènes, l'amplificati […] Lire la suite

GÉNOMIQUE - Le séquençage des génomes

  • Écrit par 
  • Bertrand JORDAN
  •  • 4 700 mots
  •  • 5 médias

La séquence de l'ADN constitue en quelque sorte l'anatomie d'un génome : elle indique les formules des protéines dont celui-ci dirige la synthèse. Sa connaissance est donc cruciale pour la biologie, mais les techniques nécessaires pour la déchiffrer ne sont apparues qu'assez récemment. D'abord très lentes et laborieuses, elles ont ensuite progressé au point qu'i […] Lire la suite

GÉNOMIQUE - La transgenèse

  • Écrit par 
  • Pascale BRIAND
  •  • 7 278 mots
  •  • 2 médias

On qualifie de transgenèse la transformation intentionnellement opérée dans le patrimoine génétique « naturel » (ou encore « sauvage ») d'une espèce pour créer des populations dites transgéniques constituées d'organismes génétiquement modifiés (O.G.M.) ayant acquis une nouvelle caractéristique liée à l'expression […] Lire la suite

GÉNOMIQUE - Génomique et cancérologie

  • Écrit par 
  • Daniel LOUVARD, 
  • François SIGAUX
  •  • 4 773 mots
  •  • 1 média

Le décryptage du génome humain, au début du xxie siècle, a facilité l'analyse du fonctionnement cellulaire sous l'influence des gènes. D'où l'entrée en scène d'une génomique fonctionnelle cancérologique qui s'attache notamment à comprendre, afin de les contrôler, les mécanismes de l'oncogenèse qui sont à l'or […] Lire la suite

GÉNOMIQUE - Génome artificiel

  • Écrit par 
  • Gabriel GACHELIN
  •  • 2 140 mots

Le 20 mai 2010, des chercheurs du John Craig Venter Institute aux États-Unis ont publié en ligne, sur le site Internet de la revue américaine « Science », un article intitulé « Création d'une cellule bactérienne contrôlée par un génome synthétisé chimiquement ». Il ne s'agit pas de vie ou de cellule synthétique comme on l'a souvent lu dans les médi […] Lire la suite

BIOLOGIE - Les pratiques interventionnelles

  • Écrit par 
  • François GROS
  •  • 6 550 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Effacement sélectif de gènes par recombinaison homologue »  : […] Tandis que les techniques dérivées de la biologie moléculaire permettent de faire s'exprimer des gènes surnuméraires dans les cellules de micro-organismes ou d'organismes eucaryotes, elles rendent également possible, symétriquement parlant, l'élimination ou l'inhibition spécifique de tel ou tel déterminant génique particulier. La technique d'effacement (ou invalidation) de gène ( knock-out en ang […] Lire la suite

BIOLOGIE - La bio-informatique

  • Écrit par 
  • Bernard CAUDRON
  •  • 5 439 mots
  •  • 3 médias

La bio-informatique est une application des techniques informatiques au traitement massif de données biologiques. Elle est spécialement utilisée pour l'analyse des séquences génomiques et des protéines. Le terme de bio-informatique est apparu en 1995 dans des publications scientifiques et des programmes de recherche, avec les premiers pas de la génomique. Cette discipline prend en effet appui sur […] Lire la suite

BIOTECHNOLOGIES

  • Écrit par 
  • Pierre TAMBOURIN
  •  • 5 346 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « La biologie systémique »  : […] Elle résulte directement des nouvelles technologies nées du développement de la génomique (transcriptome, protéome, métabolome) et capables d'appréhender désormais le vivant à un niveau de complexité qui impose une bio-informatique solide susceptible de stocker les innombrables données obtenues mais aussi d'aider à leur interprétation en permettant de conceptualiser la signification profonde de […] Lire la suite

BOTANIQUE

  • Écrit par 
  • Sophie NADOT, 
  • Hervé SAUQUET
  •  • 5 627 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « L'apport des outils modernes »  : […] Depuis les années 1990, les avancées technologiques sont telles que la recherche scientifique s'est accélérée, engendrant des bouleversements imprévisibles de notre compréhension du monde, y compris celui des plantes. La génomique, par exemple, est en train de révéler une évolution et un fonctionnement bien plus complexe des génomes d'eucaryotes (organismes pourvus d'un noyau) que l'on n'avait pu […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Georges BARSKI, Marc FELLOUS, France LATRON, « GÉNOMIQUE - Les fusions cellulaires », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 novembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/genomique-les-fusions-cellulaires/