MOSCA GAETANO (1858-1941)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Après avoir fait des études de droit et de sciences politiques, Gaetano Mosca enseigne lui-même ces disciplines à l'université de Turin, puis à Rome. Parallèlement à son activité scientifique, il mène une carrière politique et est élu député puis sénateur. Dans son premier ouvrage, il se donne comme but principal d'étudier « la formation et l'organisation de la classe dirigeante connue en Italie sous le nom de classe politique » (Sulla teorica dei governi e sul governo parlamentare, 1884). Sa méthode est essentiellement historique. Influencé par le positivisme de Taine, il cherche à généraliser la méthode élaborée par celui-ci pour découvrir dans le passé les paramètres et les lois qui régularisent la conduite des hommes et l'organisation de l'autorité politique.

Son opposition à Pareto au sujet de la « théorie des élites » est restée célèbre. Mais au-delà des problèmes d'originalité et d'antériorité, elle recouvre une profonde identité entre les deux hommes quant à l'analyse qu'ils font des minorités gouvernantes. Sensible à l'évolution politique de son pays et sans doute marqué par son expérience sicilienne (il est né à Palerme), Mosca pense en effet que toute société est toujours gouvernée par une minorité (Elementi di scienza politica, 1896). Il propose en conséquence de classer les types de gouvernement selon la nature (religieuse, militaire, intellectuelle) des élites ou des oligarchies qui sont à leur tête. Sécrétée par la minorité dirigeante pour assurer la cohésion politique de la société, une telle nature est caractérisée par l'idéologie, la « formule politique » (Essai d'histoire de la science politique [Saggi di storia della scienza politica], 1927) : pour Mosca, en effet, cette formule recouvre les croyances et le système éthique qui est accepté et mis en œuvre par les gouvernants eux-mêmes. Les implications antidémocratiques de ces théories ont souvent été signalées. Mosca ne les a pas lui-même mises en évidence et a dû, sous le régime mussolinien, mener une existence retirée.

—  François VIEILLESCAZES

Écrit par :

Classification


Autres références

«  MOSCA GAETANO (1858-1941)  » est également traité dans :

DÉCADENCE

  • Écrit par 
  • Bernard VALADE
  •  • 9 959 mots

Dans le chapitre « Destin de la civilisation »  : […] C'est en Allemagne que la réaction contre l'intellectualisme a été la plus vive. Elle y a coïncidé avec la contestation nationaliste de la société des « philistins ». Tandis que le néo-kantisme d'Ernst Mach et de Richard Avenarius maintenait la critique du matérialisme de L. Büchner et d'Ernst Haeckel à un haut niveau scientifique, à partir de Hans […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/decadence/#i_15457

Pour citer l’article

François VIEILLESCAZES, « MOSCA GAETANO - (1858-1941) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/gaetano-mosca/