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HÉRITIER FRANÇOISE (1933-2017)

Spécialiste des systèmes de parenté dans les sociétés africaines, Françoise Héritier a occupé la chaire d’anthropologie du Collège de France de 1982 à 1998, où elle a succédé à Claude Lévi-Strauss.

Dans le sillage de Claude Lévi-Strauss

Née le 15 novembre 1933 à Veauche (Loire), Françoise Héritier arrive à Paris en 1946. Jeune licenciée en histoire et géographie, elle est amenée à suivre, presque par hasard, les cours de Claude Lévi-Strauss à la Sorbonne : la première année, sur le rapport privilégié entre neveu utérin et oncle maternel aux îles Fidji, l’année suivante sur la chasse aux aigles chez les Hidatsa du Dakota du Nord. Si étranges qu’ils puissent paraître, ces thèmes auraient fini par renforcer le goût pour l’ailleurs et l’autrefois qu’elle a développé dans sa formation initiale.

Françoise Héritier

Françoise Héritier

Cette première initiation à l’ethnologie, bien qu’en rupture avec sa perception du monde, vient nourrir la sensibilité – pour la manualité comme pour les généalogies ou l’infériorisation familiale des femmes – qu’elle a développée pendant son enfance en vivant dans la campagne française au contact d’une société rurale encore intacte. Cette véritable « éducation sentimentale » s’accordera bien avec la « transmutation psychologique » dont elle fera l’expérience, comme tout ethnologue, sur le terrain. Une nouvelle série de circonstances fortuites conduisent cette fois Françoise Héritier au cœur de l’Afrique. En 1957, Lévi-Strauss lui propose, ainsi qu’à Michel Izard (qu’elle épousera par la suite), de se rendre pendant une année en Haute-Volta pour y conduire une étude sur les habitants d’une zone où le gouvernement général de l’A-OF (Afrique-Occidentale française) veut construire un barrage. Ce projet hydraulique ayant échoué, Françoise Héritier commence un travail de terrain qui va durer plusieurs années et qui la conduit des Bobo aux Mossi en passant par les Dogon, avant de l’installer chez les Samo de la République de Haute-Volta (aujourd’hui Burkina Faso).

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Écrit par

  • : professeur à l'université de Palerme, membre du laboratoire d'anthropologie sociale du Collège de France

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Média

Françoise Héritier

Françoise Héritier

Autres références

  • MASCULIN / FÉMININ (F. Héritier)

    • Écrit par Mona CHOLLET
    • 1 007 mots

    « Pour quelles raisons l'humanité en son entier a-t-elle développé des systèmes de pensée valorisant le masculin et dévalorisant le féminin, et traduit ces systèmes de pensée en actions et en situations de fait ? » Ou, autrement dit, comment, du constat irréfutable d'une différence, déduit-on une...

  • ANTHROPOLOGIE

    • Écrit par Élisabeth COPET-ROUGIER, Christian GHASARIAN
    • 16 158 mots
    • 1 média
    ...cette théorie ait été contestée par les empiristes anglo-saxons, sa portée générale continue de s'affirmer dans les travaux contemporains, notamment ceux de Françoise Héritier : grâce aux moyens statistiques et au traitement informatique, on fait apparaître la persistance de ces structures élémentaires...
  • AUTRUI (notions de base)

    • Écrit par Philippe GRANAROLO
    • 3 534 mots
    ...l’autre n’ait pas conduit plus tôt à une méditation sur le rôle de la différence sexuelle dans le rapport à autrui. Ce sont les anthropologues, entre autres Françoise Héritier (1933-2017), auteure des deux tomes de Masculin/Féminin (1996 et 2002), qui ont devancé les philosophes, bien timides sur...
  • GENRE

    • Écrit par Christine GUIONNET
    • 2 118 mots
    ...sur les différences biologiques, sexuelles, présentées comme naturelles pour justifier une répartition des tâches à leur avantage. Les anthropologues Françoise Héritier et Paola Tabet ont ainsi montré comment ceux-ci ont, dès la protohistoire, monopolisé la fabrication et l'utilisation des outils en...
  • IDENTITÉ

    • Écrit par Annie COLLOVALD, Fernando GIL, Nicole SINDZINGRE, Pierre TAP
    • 13 231 mots
    • 1 média
    ...notamment le fait de la gémellité et le devenir du placenta, car elles contribuent, dans de nombreuses sociétés, à déterminer la personne et son destin. Françoise Héritier a montré par exemple que, chez les Samo du Burkina Faso, toute personne humaine est faite de neuf composantes (le corps, le sang,...

Voir aussi