FRANCEL'année politique 2018

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Train de réformes et premières difficultés du gouvernement

Dans le prolongement de son action de 2017, le gouvernement d’Édouard Philippe se consacre dès le début de l’année aux réformes annoncées dans le programme présidentiel d’Emmanuel Macron. Au-delà des crises sociales et politiques qui l’ont secouée, l’année 2018 est en effet marquée par un important travail de réformes, dont certaines sont encore en cours de discussion en fin d’année. C’est le cas du projet de loi PACTE (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises), voté par l’Assemblée en première lecture en octobre, et des projets de loi de programmation pour la justice et l’organisation des juridictions (adoptés par le Sénat en première lecture en octobre et déposés en décembre à l’Assemblée nationale). Le travail législatif est riche et abondant : loi relative à l'orientation et à la réussite des étudiants modifiant les conditions d’accès à l’université (février), mise en place d’une circonscription unique pour les élections européennes (mai), loi sur le nouveau pacte ferroviaire et loi relative à la protection des données personnelles (juin), loi de programmation militaire et loi relative à la protection des affaires (juillet), loi contre les violences sexuelles et sexistes (août), loi sur la formation professionnelle initiale et continue (septembre), loi sur l’immigration et le droit d’asile (promulguée en septembre), loi sur l’agriculture et l’alimentation (octobre), loi ELAN (évolution du logement, de l’aménagement et du numérique ; novembre) et loi contre la manipulation de l’information (en particulier pendant les périodes électorales ; novembre). S’y ajoutent une série de mesures prises par décret portant notamment sur la sécurité routière, ainsi que des annonces importantes : le plan de départs volontaires des agents publics assorti d’un recours accru aux contractuels (objectif de suppression de 50 000 postes dans la fonction publique d’État d’ici 2022), les soixante mesures pour la prévention de la radicalisation en prison, la réforme du baccalauréat, la transformation numérique de l’action publique (objectif de dématérialisation de 100 p. 100 des démarches administratives d’ici à 2022), le plan d’action contre le terrorisme, la réforme des études de médecine, le plan pauvreté (réforme des minima sociaux et mise en place en 2020 du revenu universel d’activité, censé regrouper plusieurs allocations en une seule), le lancement des états généraux de la bioéthique… Dans un tout autre domaine, le président reconnaît en septembre la responsabilité de l’État français dans la mort du jeune mathématicien français communiste, Maurice Audin, pendant la guerre d’Algérie. En condamnant ainsi le système de répression de la période, il prolonge le travail de vérité sur les pages noires de notre histoire ouvert par le discours du Vel’ d’Hiv’ de Jacques Chirac en 1995. Enfin, le référendum d’autodétermination de la Nouvelle-Calédonie, qui se tient en novembre, se conclut par le maintien du territoire d’outre-mer dans la République.

Si beaucoup des réformes de 2018 suscitent peu de débats dans le pays, certaines d’entre elles se heurtent à un premier vent de contestations. Après l’adoption définitive en février du texte sur les conditions d’admission dans l’enseignement supérieur, plusieurs universités sont bloquées ou occupées, les examens de fin d’année se déroulent dans des conditions difficiles et plusieurs incidents opposent police et étudiants jusqu’à l’intérieur des locaux universitaires. La contestation de la réforme de la SNCF en vue de l’ouverture du rail à la concurrence (loi pour un nouveau pacte ferroviaire) est l’occasion d’importantes manifestations et, de mars à juin, d’une grève perlée de trente-sept jours au total. Alors que les concertations organisées avec les syndicats donnent à ceux-ci le sentiment que le gouvernement ne se prête guère au jeu du dialogue, l’exécutif et ses soutiens revendiquent une fermeté qui s’appuie sur la légitimité électorale et permet à la réforme de passer. Des grèves très suivies à Air France, portant sur des [...]

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Alexandre Benalla devant la commission d’enquête du Sénat, 2018

Alexandre Benalla devant la commission d’enquête du Sénat, 2018
Crédits : Alain Jocard/ AFP

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Célébration du centenaire de l’armistice de 1918 à Paris

Célébration du centenaire de l’armistice de 1918 à Paris
Crédits : Peter Klaunzer/ Keystone/ EPA-EFE

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Mouvement des « gilets jaunes », 2018

Mouvement des « gilets jaunes », 2018
Crédits : Serge Goujon (en haut), Mo Wu (en bas)/ Shutterstock.com

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Dégradation d’une statue du musée de l’Arc de triomphe lors d’une manifestation des « gilets jaunes », 2018

Dégradation d’une statue du musée de l’Arc de triomphe lors d’une manifestation des « gilets jaunes », 2018
Crédits : Sathiri Kelpa/ SOPA Images/ LightRocket/ Getty Images

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  • : président du Centre d'étude et de réflexion pour l'action politique

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Pour citer l’article

Nicolas TENZER, « FRANCE - L'année politique 2018 », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 29 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/france-l-annee-politique-2018/