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FRANCE L'année politique 2018

Après une année 2017 riche en bouleversements politiques (élection d’Emmanuel Macron, effondrement de la gauche, affaissement de la droite parlementaire, naissance et victoire écrasante d’un nouveau parti de gouvernement, réformes au pas de charge surmontant les contestations sociales…), le nouvel exécutif pouvait compter sur l’absence d’échéance électorale en 2018 pour consolider ses ambitions réformatrices, tout en récoltant les premiers fruits de sa politique. Mais ces prévisions optimistes sont vite démenties : 2018 est en effet une année de tourmente pour la France. L’année s’ouvre pourtant sous le signe de l’espoir, avec l’annonce d’une croissance en forte hausse en 2017, alors que les ambitieuses réformes de l’année écoulée se mettent en place (ordonnances « travail », transformation de l'ISF en impôt sur la fortune immobilière, taxe fixe de 30 p. 100 sur les revenus de l’épargne, hausse de la CSG, réforme de la taxe d'habitation). Mais, rapidement, les signes de défiance vis-à-vis du gouvernement se multiplient, pour culminer, à la fin de l’année, avec le mouvement des « gilets jaunes ». L’euphorie unanimiste suscitée le 15 juillet par la victoire des Bleus à la Coupe du Monde de football est aussitôt écornée par les révélations du Monde qui lancent « l’affaire Benalla », la première crise politique du quinquennat, rapidement suivie des démissions de deux ministres d’État : Nicolas Hulot et Gérard Collomb. Malgré un faible rebond en octobre, la cote de popularité du chef de l’État s’effondre, avant de remonter légèrement en fin d’année. Les partis de gouvernement continuent de souffrir d’un fort discrédit dans l’opinion, ce qui donne l’impression de plus en plus vive que le paysage politique connaît une nouvelle forme de polarisation, la majorité présidentielle se considérant de plus en plus comme seule et isolée en face des extrêmes.

À ces tensions inédites sur la scène intérieure française, s’ajoute l’obscurcissement de l’horizon international. Les victoires électorales de partis dits « populistes » dans certains pays européens (Hongrie, Italie), la perspective du Brexit, les difficultés politiques de la coalition au pouvoir en Allemagne, les tensions croissantes avec le président américain Donald Trump, la situation explosive du Moyen-Orient et la politique agressive de la Russie de Vladimir Poutine constituent un environnement au sein duquel la position de la France devient plus difficile. Après les déclarations ambitieuses en matière de politiques européenne et internationale de la première année du mandat d’Emmanuel Macron, c’est désormais la « solitude » du président français qui frappe certains commentateurs, à l’heure où le nombre des alliés fiables de la France se réduit. Les attentats dans l’Aude le 23 mars (quatre morts, dont le colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame) et à Strasbourg le 11 décembre (cinq victimes) rappellent enfin que le pays n’en a pas fini avec le terrorisme djihadiste.

Train de réformes et premières difficultés du gouvernement

Dans le prolongement de son action de 2017, le gouvernement d’Édouard Philippe se consacre dès le début de l’année aux réformes annoncées dans le programme présidentiel d’Emmanuel Macron. Au-delà des crises sociales et politiques qui l’ont secouée, l’année 2018 est en effet marquée par un important travail de réformes, dont certaines sont encore en cours de discussion en fin d’année. C’est le cas du projet de loi PACTE (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises), voté par l’Assemblée en première lecture en octobre, et des projets de loi de programmation pour la justice et l’organisation des juridictions (adoptés par le Sénat en première lecture en octobre et déposés en décembre à l’Assemblée nationale). Le travail législatif est riche et[...]

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Écrit par

  • : président du Centre d'étude et de réflexion pour l'action politique, enseignant à Sciences Po, Paris

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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Alexandre Benalla devant la commission d’enquête du Sénat, 2018 - crédits : Alain Jocard/ AFP

Alexandre Benalla devant la commission d’enquête du Sénat, 2018

Célébration du centenaire de l’armistice de 1918 à Paris - crédits : Peter Klaunzer/ Keystone/ EPA-EFE

Célébration du centenaire de l’armistice de 1918 à Paris

Mouvement des « gilets jaunes », 2018 - crédits : Serge Goujon (en haut), Mo Wu (en bas)/ Shutterstock.com

Mouvement des « gilets jaunes », 2018

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