FOURIÉRISME

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Les phalanstères

Ces dispositions supposent la société entière et le grand air du monde. Pourtant Fourier croyait possible d'organiser un « phalanstère » ou « phalange », en associant 810 caractères différents des deux sexes (soit 1 620), qui représentent l'âme humaine intégrale. Chaque individu, en effet, n'est que la 810e partie de l'âme : il possède le fonds commun des douze passions primitives, mais en une proportion et répartition singulières, et ce n'est que par le jeu des accords et des oppositions qui naissent de ces différences que se constitue l'âme entière entre les hommes – non par l'individu isolé. D'ailleurs les passions dénombrées ne sont pas des contenus réels de conscience, mais le sens d'un élan originel, qui se diversifie en nuances indéfinies, et que l'on peut ramener au « foyer ou tige passionnel », « l'unitéisme, souche et but de toutes les autres passions ». Entre ces extrêmes, Fourier distingue « les cinq sensitives qui tendent à l'exercice plein des cinq sens, les quatre affectives qui tendent à former les groupes d'amitié, ambition, amour et familisme, et les trois distributives, méconnues ou décriées mais infiniment précieuses », car elles « tendent aux séries » ; ce sont « la composite, enthousiasme tout divin », qui unit des êtres distincts ou la chair et l'esprit, « la cabaliste, fougue spéculative, esprit de parti » et de rivalité, et « la papillonne ou besoin de variété », de contrastes et d'alternats. Toutes les passions jettent l'individu hors de soi, le décentrent et l'agrandissent. Elles représentent un plus, sinon un bien, et « l'égoïsme n'est que la contremarche » de cet unitéisme multiforme.

Une phalange par conséquent aura des frontières sans limite, elle devra gagner de proche en proche tout le globe, uni en une vaste fédération. Il importait donc que la première tentative fût réussie. Fourier, qui la souhaitait passionnément, n'eut pas le bonheur de la diriger. Le seul essai projeté durant sa vie, à Condé-sur-Vesgre en Seine-et-Oise, se borna, faute de crédit, à l'achat de quelques hectares de bruyère. Par la suite on alla p [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 7 pages




Écrit par :

Classification


Autres références

«  FOURIÉRISME  » est également traité dans :

CONSIDÉRANT VICTOR (1808-1893)

  • Écrit par 
  • Georges LABICA
  •  • 601 mots

Né à Salins (Jura), devenu polytechnicien, Considérant renonce, en 1831, à la carrière militaire pour se faire le propagateur de la doctrine de Fourier. Il collabore notamment au Nouveau Monde , à La Réforme industrielle et au Phalanstère . Il sera le fondateur de La Phalange (1836-1840) et de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/victor-considerant/#i_1208

DROITS DE L'HOMME

  • Écrit par 
  • Georges BURDEAU, 
  • Gérard COHEN-JONATHAN, 
  • Pierre LAVIGNE, 
  • Marcel PRÉLOT
  • , Universalis
  •  • 24 041 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « La notion de droits sociaux »  : […] Ce concept est plus complexe à l'origine, mais la terminologie semble mieux fixée de nos jours. Elle trouve son fondement, au milieu du xix e  siècle, dans les doctrines socialistes. C'est Charles Fourier qui est le père de l'expression « droit au travail » ; il affirme que « la politique vante les droits de l'homme et ne garantit pas le premier […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/droits-de-l-homme/#i_1208

FOURIER CHARLES (1772-1837)

  • Écrit par 
  • François BURDEAU
  •  • 392 mots

Né à Besançon dans un milieu aisé, Charles Fourier, après de sérieuses études, s'installe bientôt à Lyon, où la Révolution le ruine. Contraint à gagner sa vie, il exerce plusieurs métiers, dont celui de salarié du commerce. Il ne pourra qu'à partir de 1830 se consacrer entièrement à une œuvre très personnelle de pensée comme de style. Son premier ouvrage, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/charles-fourier/#i_1208

PÉDAGOGIE - Les courants modernes

  • Écrit par 
  • Antoine LÉON
  •  • 4 232 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'éducation intégrale et polytechnique dans la pensée socialiste du XIXe siècle »  : […] En instituant un enseignement primaire obligatoire, gratuit et laïque, les législateurs de la III e République se réfèrent explicitement aux principes qui ont marqué l'œuvre scolaire de la Révolution. À l'application de ces principes, les représentants de la pensée ouvrière et socialiste associent, au xix e siècle, la r […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pedagogie-les-courants-modernes/#i_1208

RÉVOLUTION

  • Écrit par 
  • François CHÂTELET
  •  • 4 247 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Une pensée pauvre »  : […] Si l'on en croit les légitimations théoriques (ou les déclarations politiques) qui préparèrent, annoncèrent ou justifièrent l'action révolutionnaire, c'est au sein de ce triangle malheur-rupture-menace que s'est construite l'idée de révolution (de Platon à Mao Zedong, en passant par Rousseau, Robespierre, Marx et Trotski). En vérité, la pensée de la révolution est théoriquement […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/revolution/#i_1208

URBANISME - Théories et réalisations

  • Écrit par 
  • Françoise CHOAY
  •  • 9 915 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'utopie et le pré-urbanisme »  : […] Dès la fin du xviii e  siècle, les problèmes sociaux, économiques, politiques, qui surgissent dans une société en pleine transformation, favorisent la naissance d'une réflexion critique et suscitent une vague de projets réformateurs : institutions panoptiques et utopies dont le fonctionnement et l'efficacité reposent sur leur organisation spatiale […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/urbanisme-theories-et-realisations/#i_1208

Voir aussi

Pour citer l’article

Simone DEBOUT-OLESZKIEWICZ, « FOURIÉRISME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 août 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/fourierisme/