GÉMIER FIRMIN (1869-1933)

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En 1903, Péguy publie dans ses Cahiers une série d'articles de Romain Rolland sous le titre : « Le théâtre du peuple, essai d'esthétique d'un théâtre nouveau ». C'est le temps de Gémier. Ancien comédien d'Antoine et de Lugné-Poe, grand animateur qui se situe entre Antoine et Copeau, il rêve, en précurseur, d'un théâtre populaire dont la réalisation sera le but de sa vie. Refusé au Conservatoire en 1888, il débute au théâtre de Belleville dans Les Pirates de la savane, puis se laisse entraîner par Antoine dans Blanchette d'Eugène Brieux au Théâtre-Libre. Après un tour au Boulevard avec Les Gaîtés de l'escadron de Courteline, il crée le retentissant Père Ubu d'Alfred Jarry en 1896 au théâtre de l'Œuvre. Il connaît alors une première expérience de direction au théâtre de la Renaissance, où il monte Le Quatorze Juillet de Romain Rolland. Ensuite, il est directeur du Théâtre-Antoine de 1906 à 1919. En 1910, il tente de partir à la tête d'un théâtre national ambulant, gros de trente-sept voitures, provocation technique et financière, qui ne dure pas. En 1926, Gémier crée une société universelle de théâtre, première pierre de l'institut international du théâtre de l'U.N.E.S.C.O. qui naîtra en 1948 et du théâtre des Nations en 1957. Il avait, dès 1920, fêté dans l'ancien Trocadéro le cinquantenaire de la République et la naissance du Théâtre national populaire avec le but d'en faire « ... l'église sociale où, par le culte de tous les arts réunis, le peuple doit prendre conscience de ses destinées ». En 1921, il succédait à Antoine à la tête du théâtre de l'Odéon. Il fonde alors la société Shakespeare et rénove les moyens matériels de la mise en scène, suppression de la rampe électrique, stylisation du décor... et il monte Le Marchand de Venise, La Mégère apprivoisée, Antoine et Cléopâtre... En collaboration avec Gaston Baty, il fait jouer au cirque d'Hiver un Œdipe et La Grande Pastorale de C. Hellem. Comédien doué d'un grand talent de composition, il s'attache à libérer l'acteur de la littérature et se passionne pour cette œuvre nouvelle : la mise en scène. Peu attaché au théâtre à l'italienne, il avait tenté de réaliser par de grands déploiements scéniques cette communion populaire qu'on se plaît à trouver à l'origine du théâtre grec. Il affirme que « toute inspiration vient du texte et du texte seul » et que l'acteur est au centre du dispositif : « Les mots que je prononce [...] sont à moi, depuis toujours, de même que les sentiments des personnages. »

—  Armel MARIN

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  • : metteur en scène, conseiller en éducation populaire et techniques d'expression

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THÉÂTRE OCCIDENTAL - La scène

  • Écrit par 
  • Alfred SIMON
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Dans le chapitre « La scène architecturée »  : […] Jusque-là, aucun changement radical n'est intervenu. Le décor des peintres résout le problème du décor illusionniste en niant la perspective et le volume en trompe l'œil. Il ne remet pas en question la scène frontale, et celle-ci ne doit sa liberté relative qu'aux couleurs. Quant à l'acteur, il se trouve intégré au décor, plutôt noyé dans le chatoiement des couleurs par son costume et son maquilla […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/theatre-occidental-la-scene/#i_4697

Pour citer l’article

Armel MARIN, « GÉMIER FIRMIN - (1869-1933) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/firmin-gemier/