FAYÇAL Ier IBN ABD AL-AZIZ (1904-1975) roi d'Arabie Saoudite (1964-1975)

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Né à Riyadh, Fayçal (Fasyāl) est le troisième des trente-six fils d'Abd al-Aziz ibn Abd ar- Rahman, plus connu sous le nom d'Ibn Saoud, « figure de proue de l'histoire du Proche- Orient durant la première moitié du xxe siècle ».

Ayant perdu sa mère en bas âge, il est élevé par ses grands-parents maternels, de la lignée des théologiens les plus représentatifs du pouvoir spirituel issue de Muhammad ibn Abd al-Wahhab. Très jeune, il apprend à réciter le Coran ; il est initié à la poésie, à l'équitation et au maniement des armes. Cavalier accompli, il participe dès l'âge de treize ans à l'épopée héroïque de son père, dont il deviendra le lieutenant préféré. Chargé par lui, en 1921, d'effectuer une opération punitive sur l'Asir pour mettre fin à l'insubordination des Idrissi, cheikhs d'origine marocaine fixés sur la mer Rouge, il réussit à établir la suzeraineté d'Ibn Saoud sur la région. Il est au côté de son père lorsque celui-ci engage la lutte contre les Hachémites installés à La Mecque ; menant l'assaut contre Djeddah où s'est réfugié Ali, fils du chérif Hussein, il en obtient la reddition, après quelques mois de siège, le 23 décembre 1925 ; devenu gardien des villes saintes de l'islam, Ibn Saoud l'en récompensera en le nommant vice-roi du Hedjaz. Ses derniers exploits militaires, il les accomplit au Yémen contre l'imām Yahia, responsable de multiples incidents de frontière ; par le traité de Taïf du 20 mai 1934, toute la province de l'Asir est annexée au royaume d'Arabie Saoudite, créé le 18 septembre 1932. Faisant confiance à son habileté de médiateur, à sa clairvoyance, à sa maîtrise de soi, son père le désigne, dès 1928, comme ministre des Affaires étrangères, titre donné pour la première fois dans l'histoire de la péninsule ; il est ainsi associé aux affaires importantes du pays et ses nouvelles fonctions l'amènent à voyager à l'étranger ; il visite l'Europe et les États- Unis, se rend en Pologne et en Union soviétique et participe aux conférences internationales. Il est l'artisan de la rencontre de son père et de Roosevelt à bord du Quincy sur le Grand Lac Amer en février 1945 ; la même année, il représente son pays à San Francisco lors de la fondation de l'O.N.U. et, en 1947, assiste, impuissant, au partage de la Palestine. Ses contacts avec les milieux internationaux, facilités par sa connaissance des langues étrangères, l'anglais, le français, le turc, enrichissent sa vision d'un monde en pleine mutation et élargissent son horizon, limité jusque-là à son pays aux mœurs moyenâgeuses.

À la mort de son père, le jour même où son frère aîné Saoud est intronisé roi, le 12 novembre 1953, il est désigné par les ulémas et les émirs comme prince héritier et accède à la vice-présidence du Conseil tout en gardant le ministère des Affaires étrangères.

Devant les inconséquences de son frère et son incapacité à gérer les affaires du pays, l'émir Fayçal est appelé à différentes reprises à exercer les pleins pouvoirs, à l'exception d'une courte éclipse entre 1960 et 1962.

Malade et désavoué par ses frères, le roi Saoud est déposé et remplacé par Fayçal le 2 novembre 1964.

Grand, mince, l'allure altière empreinte de dignité, le nouveau souverain est un être froid, distant, aux goûts modestes, aux moeurs austères, ascétiques. Bédouin nourri de la tradition tribale, il en a la fierté, la ruse, la patience et le sens du compromis.

Soldat courageux et homme d'action, c'est aussi un homme d'État qui consacre jusqu'à seize heures par jour à la conduite des affaires. Marié quatre fois, il n'a deux épouses à la fois que durant une courte période, dans les années quarante, afin de consolider une alliance dont son père avait besoin ; deux fois divorcé, veuf une fois, il passe plus de quarante années avec sa dernière femme, Iffat. De ses unions naîtront six filles et huit fils ; ces derniers feront presque tous leurs études à l'étranger et occuperont des emplois dans l'armée, dans le secteur privé ou la fonction publique. Gouvernant le pays comme un chef de tribu, sans élections ni partis politiques, sans assemblée ni Constitution, il ne prend conseil que d'un petit cercle de ministres et de demi-frères ; d'une foi religieuse profonde, il n'applique qu'une loi, celle du Coran. Tous les jeudis, il se rend au Maj [...]

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Écrit par :

  • : docteur ès lettres, ingénieur au C.N.R.S., détachée au Centre d'études des relations internationales de la Fondation nationale des sciences politiques

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Pour citer l’article

Cérès WISSA WASSEF, « FAYÇAL Ier IBN ABD AL-AZIZ (1904-1975) - roi d'Arabie Saoudite (1964-1975) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 juillet 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/faycal-ier-ibn-abd-al-aziz/