KHALED IBN ‘ABD AL-‘AZĪZ (1914-1982) roi d'Arabie Saoudite (1975-1982)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Né en 1914, à Riyadh, la capitale du royaume fondé en 1932 par son père, le grand Saoud, Khaled est mort à Taif, dans son palais d'été, le 14 juin 1982. Son règne a duré du 25 mars 1975, lorsqu'il succède à son frère Fayçal, assassiné par un neveu, au 14 juin 1982, jour où il succombe à une crise cardiaque. Toute sa vie, Khaled a été très influencé par son frère Fayçal, de sept ans son aîné. Comme lui il reçoit une formation traditionnelle dans les écoles coraniques du pays. Auprès de lui, à vingt ans, il participe à la fulgurante campagne militaire de 1934 contre le Yémen. La retentissante victoire des armées saoudiennes achève de consacrer son père Ibn Saoud comme le plus puissant souverain d'Arabie et d'installer le pays dans ses frontières actuelles, Lors du grave conflit qui oppose ses deux frères, Saoud et Fayçal, Khaled prend parti pour le second. Il fait ainsi le bon choix puisque, en 1964, Fayçal dépose son frère aîné, le remplace sur le trône, et désigne Khaled pour successeur.

Avec discrétion et efficacité, Khaled seconde utilement Fayçal, notamment dans le domaine des affaires intérieures. Khaled reste attaché au mode de vie de sa jeunesse, quand il parcourait à cheval l'immense désert du Nefoud ou les dunes de sable du Nejd. Il aime la chasse et la vie frugale des Bédouins.

Toute sa vie, il se lève à l'aube pour la première des cinq prières quotidiennes. Son pieux devoir accompli, il déjeune invariablement de quelques dattes, le fruit national, et d'une tasse de café. Dans le désert, il reçoit sous la tente les chefs de tribus, écoute avec attention leurs doléances, arbitre leurs différends. Plus tard, dans ses palais de Riyadh ou de Taif, ses sujets ont facilement accès au souverain. Petits et grands apprécient son sens de la justice. Sa générosité devient proverbiale dans les pays arabes amis. Malgré ce mode de vie fruste, Khaled est de santé fragile. Une première alerte cardiaque l'oblige à subir une opération à cœur ouvert aux États-Unis (1972). Il devra désormais se ménager. Son état de santé ne l'empêche pas d'accéder au trône, à la mort de Fayçal, en 1975. D'ailleurs, les ulémas unanimes lui accordent l'investiture et l'armée prête serment d'allégeance. Selon la tradition, Khaled, sitôt intronisé, désigne à son tour son successeur. Son choix se porte sur son demi-frère, le prince Fahd, qui devient en fait le chef du gouvernement et dispose de pouvoirs étendus. Cependant, Khaled préside lui-même le Conseil des ministres, si bien que toutes les décisions importantes sont entérinées par lui. Son but proclamé est de poursuivre l'œuvre de Fayçal. Comme lui, sur le plan des institutions, malgré de nombreuses pressions, il refuse toute modernisation. En politique étrangère, il favorise le panislamisme et maintient l'alliance avec les États-Unis. Ses relations avec Washington connaîtront des difficultés après les accords de Camp David mais jamais le principe même de l'alliance ne sera remis en question. Khaled, avec une prudence toute bédouine, ne veut pas se couper des pays modérés du monde arabe qui désapprouvent la paix israélo-égyptienne. Ainsi s'explique son opposition aux accords de Camp David.

Pendant son règne, le pays connaît une prospérité exceptionnelle due au renchérissement du prix du pétrole. Le deuxième plan quinquennal (1976-1980), élaboré et mis en application sous son égide, prévoit la diversification des ressources industrielles et améliore de façon sensible les infrastructures notamment l'approvisionnement en eau. De nombreuses usines de dessalement sont construites ainsi que des barrages. Grâce à ces nouvelles installations, les habitants de Riyadh ne subissent plus de coupures d'eau. L'oléoduc transarabique relie désormais les champs pétrolifères de l'est du pays au port de Yanbu, sur la mer Rouge. Cet oléoduc diminue les frais de transport du pétrole saoudien vers l'Europe mais présente surtout un avantage stratégique. Il permet, au cas où le golfe Arabo-Persique viendrait à être interdit à la navigation, d'évacuer près de 100 millions de tonnes de pétrole par an. Le port de Yanbu, spécialement aménagé, constitue un véritable pôle de développement dans la région. Le plan a également consacré des sommes importantes à la réalisation d'œuvres sociales, création d'hôpitaux et d'écoles. Le taux de croissance pendant la réalisation du p [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages

Écrit par :

  • : journaliste, écrivain, ancien directeur de l'information à l'Organisation mondiale de la santé.

Classification

Autres références

«  KHALED IBN 'ABD AL-'AZIZ (1914-1982) roi d'Arabie Saoudite (1975-1982)  » est également traité dans :

ARABIE SAOUDITE

  • Écrit par 
  • Philippe DROZ-VINCENT, 
  • Ghassan SALAMÉ
  •  • 18 454 mots
  •  • 9 médias

Dans le chapitre «  Le gouvernement »  : […] Le royaume n'a officiellement pas de Constitution écrite ; ses dirigeants disent s'inspirer du Coran et de la sunna (orthodoxie islamique) pour gouverner. Au niveau formel, le royaume est néanmoins organisé en une monarchie où le roi dispose de pouvoirs très larges, en l'absence de toute assemblée élue, de partis politiques organisés ou de syndicats. Ce monarchisme tient des pouvoirs étendus du ch […] Lire la suite

Pour citer l’article

Fernand TOMICHE, « KHALED IBN ‘ABD AL-‘AZĪZ (1914-1982) - roi d'Arabie Saoudite (1975-1982) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/khaled-ibn-abd-al-aziz/