‘AṬṬĀR FARĪD AL-DĪN MUḤAMMAD B. IBRAHĪM dit (1119 env.-env. 1190)

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L'art de digression

Vingt-cinq ouvrages ont été attribués à ‘Aṭṭār. Certains sont manifestement apocryphes ; mais, par rapport à ceux qui semblent bien authentiques, un groupe d'écrits présente une évolution stylistique (prolixité et manque d'ordre en particulier) et un rétrécissement de la sphère d'intérêt tels que leur authenticité est pour le moins « incertaine » (H. Ritter) ; Hallādj y devient un personnage central, modèle de l'homme anéanti et déifié. On ne parlera ici que des œuvres incontestablement authentiques de ‘Aṭṭār.

Attiré dès son enfance par le récit de la vie des saints, ‘Aṭṭār composa une grande œuvre en prose : le Mémorial des hommes de Dieu, où, sans donner ses sources, il rapporte, dans un style rappelant celui des Fioretti, les dits et faits de soixante-douze saints ; certains manuscrits contiennent la biographie de saints postérieurs à Hallādj. Plus généralement, on n'entre dans l'œuvre de ‘Aṭṭār qu'en traversant de nombreuses anecdotes (on en compte 150 dans Le Langage des oiseaux), greffées habituellement sur des récits continus, mais non sans méandres. Il devait par là toucher un large public. Le récit allégorique est un fait central dans son œuvre, mais ‘Aṭṭār a laissé plus d'une fois déborder son talent de fabuliste. Par l'analyse de quatre œuvres majeures, H. Ritter a pu montrer combien les conceptions spirituelles qui soutiennent récits et anecdotes sont organiquement liées.


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Charles-Henri de FOUCHÉCOUR, « ‘AṬṬĀR FARĪD AL-DĪN MUḤAMMAD B. IBRAHĪM dit (1119 env.-env. 1190) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 29 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/farid-al-din-muhammad-b-ibrahim-attar/