JONES ERNEST (1879-1958)

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Psychanalyste anglais d'origine galloise, ami et biographe de Freud, Jones, docteur en médecine en 1901, avait une vocation de neurologue. Il découvrit l'œuvre de Freud au cours d'un stage qu'il accomplit à Zurich auprès de E. Bleuler et de C. G. Jung. Ce dernier le présenta à Freud en 1908 au cours du Ier Congrès de psychanalyse qui se tint à Salzbourg. Désormais, la vie de Jones est étroitement liée au développement du mouvement psychanalytique. Lors de la rupture avec Jung, il soutient fermement la position de Freud. C'est lui, semble-t-il, qui suggère à ce dernier, face aux dissidences, de laisser se constituer un comité secret de disciples sûrs, décidés à promouvoir la psychanalyse freudienne et à maintenir ses exigences techniques et théoriques. Conscient qu'une telle fidélité à la technique et à l'esprit de la psychanalyse nécessite une expérience personnelle, il est le premier à la pratiquer à des fins de formation en entreprenant une psychanalyse avec S. Ferenczi (1913).

Freud et ses disciples

Freud et ses disciples

Photographie

Les sept membres du "comité", lors des soirées du mercredi, chez Freud, en 1922. De gauche à droite, Freud, Ferenczi et Sachs (assis), Rank, Abraham, Eitington et Jones (debout). 

Crédits : Hulton Getty

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Après avoir exercé à Londres, il est appelé à Toronto (Canada), où il remplit, outre ses fonctions de psychanalyste, celles de professeur à l'université. En 1911, il fonde l'Association américaine de psychanalyse, puis de retour à Londres, en 1913, la Société britannique. Collaborateur très proche de Freud, il assure la présidence du mouvement psychanalytique international de 1920 à 1924 et de 1934 à 1951. À ce titre, il donne à celui-ci une impulsion et un mode de fonctionnement qui se sont maintenus jusqu'à l'époque actuelle.

Le rôle d'animateur rempli ainsi par Jones ne doit pas faire oublier son œuvre scientifique. Il est l'auteur d'un grand nombre d'études originales (Papers on Psycho-Analysis, 1912 ; Essays in Applied Psycho-Analysis, 1923), notamment sur Hamlet, sur le cauchemar, sur le symbolisme. Sa contribution essentielle est peut-être celle qui porte sur la sexualité féminine. S'opposant aux conceptions de Freud selon lesquelles la constatation de l'absence de pénis joue un rôle fondamental dans l'évolution psycho-sexuelle de la fille [...]


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Écrit par :

  • : professeur de psychiatrie à l'université de Paris-VI-Pierre-et-Marie-Curie, chef de service de psychiatrie (adultes) au groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière

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Autres références

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Pour citer l’article

Daniel WIDLÖCHER, « JONES ERNEST - (1879-1958) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/ernest-jones/