ÉPIGRAMME

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L'épigramme est le plus court des genres littéraires puisqu'elle consiste, selon l'étymologie, en une inscription. Ainsi l'entendaient les Grecs, qui en ornaient les tombeaux, statues, monuments, ex-voto. Les Latins furent les premiers à lui donner une destination satirique ou moqueuse. En France, c'est surtout à l'époque classique qu'à la faveur des polémiques et d'une certaine promotion de l'esprit l'épigramme s'est spécialisée dans l'attaque à bout portant jusqu'à devenir un genre poétique, une miniature de la satire. Escrime verbale où la brièveté est la meilleure des armes : tout le mérite de l'épigramme réside dans la façon de placer les coups et dans l'art d'enfoncer le trait final. Voltaire en a écrit de fameuses ; Jean-Baptiste Rousseau et Lebrun (dit le Pindare français) en ont laissé des livres entiers. Piron en « éternuait » trois ou quatre tous les matins. Curieusement, l'épigramme semble tombée en désuétude depuis la mort de l'Ancien Régime : preuve qu'elle n'était pas seulement une affaire de tempérament, mais aussi l'expression d'une société.

—  Édouard GUITTON

Écrit par :

  • : professeur de littérature française à l'université de Rennes-II-Haute-Bretagne

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Pour citer l’article

Édouard GUITTON, « ÉPIGRAMME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 février 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/epigramme/