EMBOUCHURES

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Types d'embouchures

La forme des embouchures dépend donc en premier lieu de l'existence de sédiments disponibles, en second lieu de la force des courants de marée susceptibles de relayer la compétence du fleuve là où normalement la pente devrait s'annuler, enfin de la vigueur des houles qui remanient ou non les dépôts externes. Un premier type d'embouchures est celui où manquent les sédiments, et où la forme initiale du bras de mer issu de la submersion flandrienne a été à peu près conservée ; le second type est l'estuaire, dont le chenal évasé est calibré par les courants de marée ; le troisième type est le delta, dans lequel la réduction de la compétence du fleuve et la construction de remparts successifs contre les houles ont permis à la sédimentation, non seulement de colmater entièrement l'ancien bras de mer, mais encore de progresser vers le large.

Cas des fleuves pauvres en sédiments

Les bras de mer constitués lors de la transgression flandrienne par l'invasion des basses vallées peuvent avoir été si larges et si profonds que les apports sédimentaires des fleuves qui s'y jettent sont pratiquement négligeables par rapport à l'étendue à colmater. Parfois, le balayage des fonds prélittoraux par les houles y apporte des sédiments marins. Si le fleuve, assisté ou non par les courants de marée, reste l'agent principal de l'agencement des dépôts, les embouchures évolueront vers l'estuaire ou le delta, sans que l'origine marine des sédiments soit discernable dans la morphologie.

Le plus souvent, il n'y a pas de colmatage marin, ou peu. La vallée ennoyée est alors une ria (si son façonnement initial était fluvial) ou un fjord (si ce façonnement était glaciaire), et le peu de sédiments que les fleuves y apportent ne façonne, tout à fait à l'amont du bras de mer, que de minuscules estuaires ou deltas. Le critère essentiel de distinction entre la ria et l'estuaire réside dans le fait que tous les rentrants d'un estuaire ont été colmatés, et qu'il ne reste qu'un chenal bien calibré, alors que, faute de sédimentation régularisatrice, le plan d'une ria est très découpé. En fa [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 6 pages

Écrit par :

Classification

Autres références

«  EMBOUCHURES  » est également traité dans :

BARRE, océanographie

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre PINOT
  •  • 1 385 mots

Dans le chapitre « Barres d'estuaires »  : […] Ce sont des accumulations marines qui se constituent, un peu en avant de l'embouchure d'un fleuve, par le refoulement vers le large des sédiments qui cheminent le long de la côte. Le phénomène est dû, soit aux eaux fluviales proprement dites, soit, plus souvent, au reflux des eaux marines entrées dans l'estuaire à la faveur de la marée. Le fait se produit d'ailleurs avec une particulière netteté […] Lire la suite

CHINE - Les régions chinoises

  • Écrit par 
  • Pierre TROLLIET
  •  • 11 735 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Le delta du Yangzi »  : […] À partir de Jiujiang, où le Yangzi reçoit l'eau du lac Poyang et jusqu'à proximité de Nankin, la plaine se réduit à la vallée entre les montagnes de Wannan au sud et les monts Huaiyang ou les basses collines, à moins de 200 mètres, qui les prolongent. Cette vallée est tantôt épanouie et partiellement lacustre, surtout sur la rive gauche, tantôt resserrée en défilés. Un certain nombre de ports fluv […] Lire la suite

CÔTES, géomorphologie et géographie

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre PINOT
  •  • 6 694 mots
  •  • 12 médias

Dans le chapitre « Ennoiement de paysages à modelé zonal »  : […] Le grand contraste entre l'action climatique ancienne et l'action marine actuelle rend particulièrement évident le phénomène d'ennoiement. Ce sont là les côtes « initiales » les plus typiques. La mer peut envahir des paysages glaciaires et périglaciaires. C'est ainsi que les côtes à fjords sont considérées comme les plus évidemment « initiales » ou « primaires », celles qui ont le mieux conservé […] Lire la suite

DELTAS

  • Écrit par 
  • Gilbert BELLAICHE
  •  • 3 784 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Les deltas continentaux »  : […] Les deltas continentaux peuvent être définis d'une manière très générale comme des constructions sédimentaires élaborées au débouché des cours d'eau dans des étendues d'eau permanentes. L'origine du mot delta remonte au v e  siècle avant J.-C. : il a été utilisé pour la première fois par Hérodote pour désigner la plaine alluviale du Nil, dont la forme évoque la lettre grecque Δ (delta majuscule ). […] Lire la suite

ESTUAIRES

  • Écrit par 
  • Michèle LE GOAZIGO
  •  • 828 mots

Reliant à la mer rivières et fleuves, les estuaires représentent la forme la plus classique de transition entre le domaine continental et le domaine marin. L'origine latine de ce terme est très significative : aestus (la marée) est le substantif du verbe aesto (je bouillonne), ce qui suggère bien l'effet bouillonnant de la marée montante à l'embouchure du fleuve au moment du mélange des eaux. Le […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Jean-Pierre PINOT, « EMBOUCHURES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 novembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/embouchures/