DIMITRIOS Ier (1914-1991) patriarche de Constantinople (1972-1991)

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Né le 8 septembre 1914 à Istanbul, Dimitrios Papadopoulos appartenait à une famille grecque phanariote. Après ses études au lycée français de Galata (Istanbul) et à la fameuse école de théologie de Halki, il est ordonné prêtre, le 29 mars 1942. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, entre 1945 et 1950, il est nommé à Téhéran où il réorganise la communauté orthodoxe tout en enseignant le grec ancien à l'université. Revenu à Istanbul, il devient en 1964 auxiliaire de l'archidiocèse de Constantinople et, en 1972, est nommé métropolite d'Imbros, une île turque de la mer Égée.

Il était le plus jeune des métropolites de Turquie quand il fut, presque aussitôt après, élu pour succéder au patriarche Athénagoras Ier. Avec l'aide du métropolite Méliton de Chalcédoine, doyen du Saint-Synode et son véritable alter ego, il sut prolonger la voie ouverte par son prédécesseur sans céder aux pressions des éléments conservateurs. À l'intérieur, dans le contexte difficile des relations gréco-turques et du retour du fondamentalisme islamique, le patriarche Dimitrios Ier héritait d'une situation de statu quo précaire. Il s'attacha à défendre les droits de la communauté orthodoxe d'Istanbul, tombée à moins de cinq mille fidèles aujourd'hui, alors qu'elle était de cent soixante-cinq mille dans les années 1940. En 1985, il finit par obtenir la reconstruction des locaux du Phanar, siège officiel du patriarcat, endommagés près de cinquante ans auparavant par un incendie. L'inauguration de son siège fut l'occasion de la première rencontre dans l'histoire entre un patriarche œcuménique et le chef de l'État turc.

En revanche, il ne put obtenir la réouverture prévue de l'école de théologie de Halki, fermée en 1971, mais empêchée par l'action d'extrémistes turcs opposés à l'accueil d'étudiants qui viendraient de l'étranger.

Tenace et patient, Dimitrios Ier parvint à faire lever l'interdiction formelle qui lui était faite par les gouvernements successifs de se déplacer en dehors de Turquie. En 1987, il put visiter les Églises orthodoxes autocéphales du Proche-Orient, d'Europe de l'Est, de Grèce et des Balkans. Puis il se rendit à Rome auprès du pape Jean-Paul II, à Londres auprès de Mgr Runcie, archevêque de Canterbury, et à Genève au siège du Conseil œcuménique des Églises. Le patriarche Dimitrios Ier devait également visiter en 1990 les États-Unis et la Grèce. Il s'efforça enfin de susciter un réveil au mont Athos par la venue de moines de l'étranger.

Discret, voire effacé, plus homme de réflexion que personnage médiatique, Dimitrios Ier s'est appliqué à promouvoir les travaux préparatoires difficiles du futur concile panorthodoxe, annoncé peu après le concile de Vatican II.

Le concile panorthodoxe, qui doit rassembler neuf patriarcats (quatre « anciens », Constantinople, Alexandrie, Antioche et Jérusalem, et cinq « récents », créés après celui de Russie né en 1589), et en outre cinq Églises « autocéphales » et une quinzaine d'Églises locales « autonomes » constituées dans la diaspora, devra résoudre le problème juridique des relations internes au sein de l'orthodoxie byzantine. L'accord n'est pas réalisé sur le statut des autocéphalies nouvelles : appartient-il à l'Église mère de les reconnaître comme le prétend la Russie, ou au patriarcat de Constantinople ? L'accord n'est pas réalisé non plus sur les titres et la fonction du patriarche œcuménique lui-même, qui n'a pas de juridiction directe sur les différentes Églises orthodoxes : peut-on parler d'une véritable « primauté » ? Bien que la relation avec le patriarcat de Moscou, rétablie en 1945, se soit améliorée sous son pontificat, des divergences sérieuses demeurent sur ces problèmes majeurs. Dans la crise survenue au début des années 1990 entre l'Église catholique et certaines Églises orthodoxes (Russie, Roumanie) du fait du retour à la liberté des Églises de rite byzantin unies à Rome, le patriarche Dimitrios Ier s'est appliqué à maintenir des relations amicales et suivies avec l'Église catholique.

Le 21 octobre 1991, dix-huit jours après sa mort, le métropolite Bartholomée de Chalcédoine, doyen du Saint-Synode du patriarcat œcuménique, a été élu à l'unanimité pou [...]

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Écrit par :

  • : directeur du Centre d'études Istina et de la revue Istina

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Dans le chapitre « Le statut du patriarcat œcuménique »  : […] La conséquence du développement de l'autocéphalie fut, en fait, l'inauguration dans toute l'orthodoxie d'un principe de relations et d'organisation nouveau, que le trône de Constantinople finit par admettre lui-même. Au cours du xx e  siècle, le patriarche de Constantinople a cessé de procéder aux anciennes convocations pentarchiques. Il les a remplacées par des consultations régulières des « Égli […] Lire la suite

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Bernard DUPUY, « DIMITRIOS Ier (1914-1991) - patriarche de Constantinople (1972-1991) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/dimitrios-ier/