DEVOIR (notions de base)

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Un déterminisme social  ?

Deux siècles après Rousseau, ce sont les sciences humaines, en particulier la psychanalyse et la sociologie, qui ont mis en évidence les illusions de la conscience morale. Dans ses Essais de psychanalyse (1915-1923), Sigmund Freud (1856-1939) ironise sur cette voix de la conscience qui ne serait rien d’autre, en réalité, que l’écho des voix de l’enfance : « Notre conscience morale, loin d’être le juge implacable dont parlent les moralistes, est, par ses origines, de l’“angoisse sociale” et rien de plus. » Quand, adultes, nous désobéissons aux règles que nos parents ont imposées aux enfants que nous étions, nous éprouvons inconsciemment l’impression de les trahir, de perdre leur amour. C’est cette angoisse que les moralistes ont interprétée à tort comme la voix éternelle de la conscience morale. Émile Durkheim (1858-1917) a développé des considérations analogues dans ses écrits sociologiques. Il insiste moins sur le poids familial que sur la puissance du groupe social auquel nous appartenons.

Mais, si la voix de la conscience n’est que le simple écho de la puissance des parents et du groupe social, c’est la notion même de morale qui se vide de son contenu. Là où Rousseau croyait voir l’indice de notre grandeur et la preuve de notre liberté, les sciences humaines mettent en évidence les influences auxquelles nous serions totalement soumis.


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Écrit par :

  • : professeur agrégé de l'Université, docteur d'État ès lettres, professeur de khâgne

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Pour citer l’article

Philippe GRANAROLO, « DEVOIR (notions de base) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/devoir-notions-de-base/