JORIS DAVID (1501-1556)

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Parmi les prédicateurs errants que la Réforme et la traduction des textes sacrés jetteront sur les routes d'Europe, David Joris se distingue par une destinée hors du commun plus que par l'originalité de sa pensée. Poursuivi par la haine conjointe des catholiques et des protestants, anabaptiste dissident, attaqué par les mennonites et par les munstérites, cet homme, dont la tête est partout mise à prix, réussit, sans cesser de combattre pour ses idées et pour la tolérance, à finir paisiblement sa vie à Bâle, sous les apparences d'un notable qui se faisait appeler Jan van Brugge. Né selon toute vraisemblance à Bruges (mais Delft et Gand sont aussi proposés), il aurait reçu le nom de David en raison du rôle traditionnellement tenu par son père, Joris, lors des représentations de la chambre de rhétorique. Il exerce, à Delft, le métier de graveur sur verre et, à la mort de son père, parcourt les Pays-Bas, la France et l'Angleterre comme marchand. Il séjourne fréquemment à Anvers, où, ainsi qu'il apparaît dans un de ses libelles, il polémiquera avec Eloi Pruystinck, fondateur du groupe des loïstes.

En 1524, il épouse, à Delft, Dirkgen Willems. Son enthousiasme pour la Réforme et son opposition au clergé romain lui valent, en 1528, la torture publique et le bannissement pour trois ans. Il rejoint les anabaptistes, alors durement persécutés, et écrit plusieurs chants en leur honneur. En 1535, il est à Strasbourg, où il prend parti contre la violence des munstérites. De même s'opposera-t-il à Jan van Batenburg et à ses actes de terrorisme. Après la chute de Münster, il s'efforcera en vain, lors du congrès de Bocholt en août 1536, de réconcilier les diverses tendances de l'anabaptisme.

Séduit par les prophéties de la visionnaire Anneken Jans, il prétend assumer la mission d'un troisième David. Il prêche l'ascétisme, l'humi [...]


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CASTELLION SÉBASTIEN (1515-1563)

  • Écrit par 
  • Raoul VANEIGEM
  •  • 680 mots

Il existe à la racine du protestantisme une revendication de liberté qui doit sa radicalité et ses limites à l'essor du libre-échange et à la première modernité du capitalisme. Sébastien Castellion appartient à l'aile radicale en ce qu'il privilégie les options individuelles et fait de la liberté de conscience la condition sine qua non de l'humanisme. La tradition vaudoise s'était perpétuée dans l […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sebastien-castellion/#i_93791

Pour citer l’article

Raoul VANEIGEM, « JORIS DAVID - (1501-1556) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/david-joris/