BOWIE DAVID (1947-2016)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Un artiste caméléon

À la suite de l'échec de la contre-culture des années 1960 dans sa quête de l'utopie, David Bowie a concocté une série de pastiches inspirés et d'un grandiose audacieux. Il a commencé par la fantaisie emblématique du martyre de la rock star The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars (1972). En même temps, il s'est si bien glissé dans l'esprit de l'époque que le scénario catastrophe délivré par Diamond Dogs (1974) et le romantisme disco de Young Americans (1975) ont été publiés à moins d'un an d'écart. Bowie est également devenu la première rock star assez habile pour transformer l'aveu de sa bisexualité en un atout pour sa carrière. Mais tout cela avait un prix à payer. Dès 1977, Bowie a quitté la scène, abandonnant sa version personnelle du courant dominant pour les austérités avant-gardistes de Low, en collaborant à Berlin avec Brian Eno, le plus cérébral de ces compagnons que Bowie a toujours su trouver – notamment les guitaristes Mick Ronson et Carlos Alomar et le producteur de funk Nile Rodgers pour Let's Dance (1983) – lorsqu'il avait besoin d'un « tube ». Sur le plan musical, Low et ce qui a suivi, Heroes (1977) et Lodger (1979), trois albums communément regroupés sous le nom de « Trilogie berlinoise », allaient s'avérer être les albums les plus influents et durables de Bowie, servant de référence à une génération ultérieure de techno-rock. À brève échéance, elles ont marqué la fin de son impact sur les auditoires de masse, mais pas de ses ventes, essentiellement grâce à Nile Rodgers.

En parallèle, David Bowie mène une carrière au cinéma. Dès 1976, le réalisateur britannique Nicolas Roeg fait appel à lui pour jouer dans L’Homme qui venait d’ailleurs. Au début des années 1980, Bowie monte sur les planches de Broadway et interprète le rôle principal de Elephant Man, pièce du dramaturge Bernard Pomerance. Cette expérience d’acteur se poursuivra au cinéma, avec notamment Les Prédateurs (1983) de Tony Scott, Furyo (1983) de Nagisa Oshima, La Dernière Tentation du Christ (1988) de Martin Scorsese, ou encore Basquiat (1996) de Julian Schnabel.

D’un point de vue musical, malgré la détermination artistique impressionnante de Scary Monsters (1980) et la préméditation commerciale de Let's Dance (1983), le travail de Bowie est peu à peu devenu moins innovant dans les années 1980. Il faut attendre la décennie suivante pour observer dans sa carrière une certaine renaissance artistique avec Outside, album sorti en 1995 où se mêlent rock et techno. Suivront notamment Heathen (2002), Reality (2003), puis, après dix ans de silence, The Next Day (2013) qui témoignent de sa vitalité artistique. 2013 est également l’année choisie par le Victoria and Albert Museum de Londres pour présenter l’exposition David Bowie is qui met à l’honneur l’univers du musicien, en particulier à travers des extraits sonores et vidéo et la présentation de ses plus célèbres costumes de scène. David Bowie meurt des suites d’un cancer le 10 janvier 2016 à l’âge de soixante-neuf ans, quelques jours après la sortie de son dernier album, Blackstar.

Tout ce que David Bowie a réalisé au cours des années 1970 avec, en dehors de ses propres œuvres, un travail de producteur sur des albums essentiels de Mott the Hoople, Lou Reed, Iggy Pop et les Stooges, reste un reflet fondamental et souvent fascinant d'une époque qu'il a en partie façonnée.

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages


Écrit par :

  • : collaborateur de Village Voice, New York (États-Unis)

Classification

Autres références

«  BOWIE DAVID (1947-2016)  » est également traité dans :

DUFFY BRIAN (1933-2010)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 324 mots

Brian Duffy fait parti du trio de photographes impertinents « The Black Trinity » formé avec ses rivaux Terence Donoven et David Bailey et qui secoua la profession dans les années 1960. Né en 1933 à Londres de parents irlandais de condition modeste, cet élève dissipé poursuit des études de peinture puis de stylisme au St Martin's School of Art de Londres. Il accepte plusieurs propositions dans le […] Lire la suite

IGGY POP (1947- )

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 336 mots

Premier vrai chanteur punk de l'histoire de la musique, Iggy Pop a profondément marqué l’évolution du rock. L’Américain, de son vrai nom James Newell Osterberg Jr., naît le 21 avril 1947 à Ypsilanti (Michigan). En 1967, il adopte le nom de Iggy Stooge lorsqu'il forme le groupe Psychedelic Stooges. Sa voix est accompagnée par la basse de Dave Alexander (David Michael Alexander, 1947-1975), la guit […] Lire la suite

REED LOU (1942-2013)

  • Écrit par 
  • Michel P. SCHMITT
  •  • 1 383 mots
  •  • 1 média

Lou Reed (Lewis Alan Reed, né le 2 mars 1942 et mort le 27 octobre 2013 à New York) a contribué à faire accéder le rock au rang d'une expression musicale adulte, violente et maîtrisée, complexe, lumineuse et désespérée, en réalisant un syncrétisme inédit des musiques populaires américaines, des avant-gardes artistiques et des philosophies de l'existence de la vieille Europe. Juif, new-yorkais et […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Tom CARSON, « BOWIE DAVID - (1947-2016) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/david-bowie/