CORÉELittérature

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Longtemps orale, essentiellement composée de chants rituels, puis rédigée en chinois, la littérature coréenne a pris son essor au xiiie siècle, avec le développement de l'imprimerie dont l'usage des caractères mobiles en plomb fut d'abord réservé à la cour. L'invention de l'alphabet coréen sous les Yi (1392-1910) conforta la progression d'une littérature éprise de justice sociale et sollicitant des réformes économiques. Le roman porte souvent un message moralisateur destiné aux élites jugées corrompues. Au xixe siècle, les écrivains coréens subiront l'influence des grandes cultures occidentales transmises par la Chine et le Japon. La guerre domine le xxe siècle ; d'abord l'annexion par le Japon puis la guerre de Corée, qui scinde le pays en deux, suscitent chez les écrivains un esprit de « révolte » et de « rupture » encore très inspiré de l'Occident au Sud, et, au Nord, un soutien sans faille au gouvernement communiste. Ainsi la littérature coréenne cherche-t-elle encore à se définir.

La littérature coréenne des origines à 1945

Littérature ancienne du Ier siècle avant J.-C. à 1910

Il existe en Corée quelques œuvres poétiques qui datent du Ier siècle avant J.-C. ainsi que le prouve le Hwangjo ga (Chant d'oiseaux jaunes), composé en chinois, selon le Samguksagi (Histoire des trois royaumes, livre XIII), par le roi Yuri (règne : 19 av.-17 apr. J.-C.) de Koguryŏ, en 17 avant J.-C. Le désir de se doter d'une écriture adaptée à leur langue poussa les Coréens à inventer un système appelé idu, utilisé, probablement à partir du ve siècle, tantôt pour transcrire phonétiquement les termes grammaticaux coréens, tantôt pour traduire un certain nombre de mots, en particulier les substantifs, à l'aide de caractères chinois.

Il semble que ce procédé du idu était largement répandu dans le royaume de Silla (57 av.-935 apr. J.-C.) ; en effet, sur l'ordre de la reine Chinsŏng (règne : 887-897), Wihong et Taego éditèrent, en 888, le Samdaemok, important recueil où furent consignées des poésies de transmission orale du royaume de Silla. Ce recueil n'étant malheureusement pas parvenu jusqu'à nous, on ne connaît que quatorze poésies de ce genre appelé hyangga (chants de terroir), qui datent de Silla et sont insérées dans le Samgukyusa (Anecdotes des trois royaumes), qu'un moine, Ilyŏn, composa au xiiie siècle. Il existe, en outre, onze hyangga datant de l'époque de Koryŏ (918-1392) et composées par Kyunyŏ (923-973). De ces vingt-cinq hyangga, seize sont d'inspiration bouddhique, les autres ayant trait au loyalisme envers le roi, aux adultères, aux funérailles, aux groupes de jeunes aristocrates connus sous le nom de hwarang (jeunesse fleurie).

Il semble que le système graphique nommé idu n'ait pas été utilisé pour le récit ; du fait de sa complexité, nombreux furent ceux qui choisirent d'écrire directement en chinois. Le plus célèbre d'entre eux, à l'époque ancienne, est Ch'oe Ch'iwŏn (857- ?), connu même en Chine et auteur du Kyewŏn p'ilgyŏng (Recueil littéraire du jardin de cinnamomes). Cette habitude des lettrés coréens d'employer le chinois s'ancra encore plus solidement à partir de 958, année où le royaume de Koryŏ adopta le système du kwagŏ, c'est-à-dire du concours d'État pour le recrutement des fonctionnaires, au cours duquel les candidats devaient faire preuve d'une grande connaissance des classiques chinois et savoir composer dans leur propre langue. Parmi les recueils littéraires en chinois parus durant cette époque de Koryŏ, citons le Tongguk Yi Sangguk chip (Recueil des œuvres de Yi Sangguk, terminé en 1241, puis complété en 1251) de Yi Kyubo (1168-1241), le Pohanchip (Recueil divertissant, 1254) de Ch'oe Cha (1188-1260) et le P'ahanchip (Recueil pour le divertissement, 1260) de Yi Inro (1152-1220), qui contiennent des poésies, des essais en prose, ainsi que des P'aesol (nouvelles édifiantes), inspirées de rapports des P'aegwan (en chinois : baiguan), fonctionnaires détachés en province pour recueillir les opinions du peuple. Ces nouvelles se présentent sous forme de récits humoristiques, de contes grivois où l'on remarque l'influence des xiaoshuo chinois de l'époque des Tang et de celle des Song. Il existe aussi des récits de pure imagination, comme le Kuk sŏnsaeng chŏn (Histoire de Maître Kuk), dans lequel l'auteur, Yi Kyubo, a voulu, en personnifiant l'alcool, donner une leçon d'exhortation et d'admonition. Cet aspect moral sera adopté par la plupart des romanciers de l'époque ultérieure.

Au xiiie siècle apparut un nouveau style de poésie, où s'observe un mélange de vers syllabiques en chinois comportant un refrain kyŏnggi yŏcha ou kyŏng kui ŏttŏhaniitko (Comment le trouvez-vous ? ), et d'un autre style poétique dit de sijo, lui aussi syllabique, mais composé en coréen. Si le premier fut délaissé au xve siècle, le second sera de plus en plus exploité sous la dynastie des Yi (1392-1910).

L'invention de l'alphabet coréen et la poésie

Au début de cette nouvelle dynastie, la mise en usage des caractères mobiles métalliques d'imprimerie et l'invention de l'alphabet coréen laissèrent prévoir un essor considérable de la littérature coréenne. Cependant, la première de ces deux découvertes ne joua qu'un rôle minime dans le développement de la littérature ; en effet, si les Coréens arrivèrent à perfectionner et à utiliser la technique d'imprimerie à « caractères fondus » au plus tard au xiiie siècle, cette technique, jalousement réservée pour la plupart des cas à l'usage de la cour royale, ne put malheureusement pas contribuer à répandre les œuvres littéraires, qui continuaient d'être imprimées selon l'ancienne méthode xylographique.

En revanche, l'invention de l'alphabet coréen, en 1443, que l'on attribue au roi Sejong (règne : 1418-1450), marqua le début d'un renouveau de la littérature coréenne. Le premier essai en han'gŭl, nom donné à ce nouveau système d'écriture phonétique, fut tenté, sur l'ordre du roi Sejong, par Chŏng Inji (1396-1478) et plusieurs autres lettrés qui composèrent, en l'honneur des ancêtres de la dynastie des Yi, une grandiose poésie épique (Yongbi ŏch'ŏnga, 1445), encore alourdie, toutefois, par nombre de clichés d'origine chinoise.

Les poètes surent d'emblée profiter du han'gŭl, donnant ainsi leur forme définitive à deux styles poétiques, le sijo et le kasa (types de vers), dont on trouve quelques milliers d'exemples dans le Ch'ŏnggu yŏng'ŏn (Vers éternels de Corée, 1727) de Kim Ch'ŏnt'aek, dans le Haedong kayo (Chants de Corée, 1763) de Kim Sujang (1682- ?) et dans le Kagok wŏnryu (Origines des chants, 1876) de An Minyŏng. Le sijo est formé de trois chang (vers) dont chacun est constitué par un nombre de syllabes plus ou moins fixes (3, 4, 3 ou 4 et 4 syllabes + 3, 5, 4 et 3). Les auteurs, d'origine noble ou moins noble, mirent en vers, entre autres thèmes, le loyalisme envers le roi, le sentiment de piété filial, la nature, l'amour, etc. Les sijo restent très estimés des Coréens.

Le kasa, composé d'une suite de 3 + 4 ou 4 + 4 syllabes, apparut au xve siècle. Quelques kasa sont relativement courts, comme celui intitulé Sangch'ungok (Chant de printemps) de Chŏng Kŭkin (1401-1481) qui n'est composé que de 79 syllabes. Mais il n'est pas rare d'en trouver comportant plus de mille syllabes. Ces kasa reprennent les mêmes thèmes que les sijo.

Roman et langue chinoise sous les Yi

Contrairement aux poètes, les romanciers continuèrent à employer la langue chinoise, au moins jusqu'à la fin du xvie siècle : ainsi, Kim Sisŭp (1434-1493) écrivit en chinois son Kŭmo sinhwa (Histoire d'une tortue dorée), publié probablement dans la seconde moitié du xve siècle. Inspiré du roman chinois Jiandeng xinhua (Nouveau Dit de la chandelle mouchée, 1378), ce roman servit plus tard de modèle à une œuvre japonaise intitulée Otogi bōko (La Poupée protectrice, 1660) de Ryoui Asai.

Du même genre, mais publié sans doute une centaine d'années plus tard, le Hong Kiltong chŏn (Histoire de Hong Kiltong) de Hŏ Kyun (1569-1618) fut également écrit en chinois. Traduit ensuite en coréen, il fut considéré comme un chef-d'œuvre et servit d'exemple aux romanciers de l'époque postérieure. On y remarque un désir d'évasion vers un monde imaginaire où l'idéal est réalisable. L'esprit critique et la volonté d'imposer des réformes sociales et économiques représentent les deux grandes forces de cette œuvre qui influencera l'ensemble des romans coréens jusqu'au début du xxe siècle tout autant du point de vue du fond que de la forme. Tout en racontant la vie d'un justicier imaginaire, nommé Hong Kiltong, l'auteur dénonce, dans un style biographique et d'une façon très réaliste et émouvante, la discrimination sociale, le marasme économique, et plaide la cause du peuple, qui finit par se révolter sous la conduite de Hong Kiltong. Celui-ci, avant d'aller fonder un État utopique à caractère communautaire, saura habilement imposer les réformes indispensables au gouvernement.

Quant aux romans écrits en han'gŭl, c'est Kim Manjung (1637-1692) qui allait tracer la voie à suivre avec Kuun mong (Rêve de neuf nuages), publié en 1687, et Sassi namjŏng ki (Récit des aventures de dame Sa dans la région du Sud), paru vers 1689. Si, dans le premier, Kim Manjung montre son attachement aux idées bouddhiques du karma, dans le second, qui a pour sujet un drame familial causé par la pratique du concubinage, le mal est finalement vaincu par le bien qu'incarne l'épouse légitime grâce à sa bonté et à sa fidélité. Cette œuvre devint un modèle et se retrouve dans nombre de romans anonymes : le Changhwa Hongryŏn chŏn (Histoire de Changhwa et Hongryŏn), le K'ongjui P'attjui chŏn (Histoire de K'ongjui et P'attjui), le Yang P'ungun chŏn (Histoire de Yang P'ungun). Le thème du bien récompensé et du mal puni, né à la fin de l'époque de Koryŏ, dominera le roman jusqu'à l'époque moderne.

Ayant ainsi adopté thèmes et modalités d'expression, les Coréens vont publier trois cents romans environ jusqu'à la fin du xviiie siècle. Mais il est significatif que leurs auteurs soient restés, en général, anonymes ; sans doute voulaient-ils ainsi être plus libres de critiquer la société, et éviter d'être traités de perfides régionalistes par les gens de formation lettrée chinoise, confucéens pour la plupart. Au cours des xviie et xviiie siècles, des savants comme Yi Sugwang (1563-1628), Yu Hyŏngwŏn (1622-1673), Yi Ik (1681-1763), Chŏng Yagyong (alias Tasan, 1762-1863), défenseurs des principes du silhak (études du réel), tentèrent de réduire l'influence des conceptions confucéennes, cause principale, à leurs yeux, de la stagnation de la société coréenne, et réclamèrent des réformes économiques et sociales.

Dans le célèbre Ch'unhyang chŏn (Histoire de Ch'unhyang), de la fin du xviie siècle, l'auteur, dont le nom reste inconnu, caricature fort bien la vie corrompue des gens de la haute société et dénonce la discrimination sociale. Dans le Hŭngbu chŏn (Histoire de Hŭngbu), publié au xviiie siècle, l'histoire de Hŭngbu, accablé par l'avarice de son frère aîné Nolbu, manifeste clairement et de façon plaisante le désir de l'écrivain de réformer le système social. Pak Chiwŏn (alias Yŏnam, 1737-1805), savant de tendance silhak, écrivit, en chinois, plusieurs nouvelles de satire sociale : dans son Hojil (Grognement d'un tigre), il démasque la conduite hypocrite d'un confucéen ; et, dans le Yangban chŏn (Histoire d'un noble), il met en parallèle la façon de vivre d'un noble ridicule et improductif et la vie éclairée d'un lettré qui met sa fortune au service d'une société qu'il veut juste. Le Sim Ch'ŏng chŏn (Histoire de Sim Ch'ŏng, xviiie s., anonyme) ne compte que sur la bonté humaine pour sauver le genre humain ; il raconte la vie de Sim Ch'ŏng, fille d'un aveugle, qui, après s'être vendue à des pêcheurs et avoir été sacrifiée aux esprits de la mer par amour pour son père, devient finalement impératrice. Sans doute influencées par le succès de ces romans, les femmes commencèrent à publier, dès la fin du xviie siècle, des ouvrages qui ont généralement trait à un événement historique, tels le Inhyŏn wanghu chŏn (Histoire de la reine Inhyŏn) ou le Hanjung rok (Récit de rancune).

Ces activités littéraires furent interrompues au début du xixe siècle. Les grandes puissances, menant une politique expansionniste, ne cessaient d'intervenir dans la vie politique et sociale coréenne qui, le marasme aidant, connut une grande confusion. Les hommes de lettres coréens purent reprendre leur plume dans la première décennie du xxe siècle, mais cette fois sous une influence littéraire occidentale transmise par le Japon, grand vainqueur des guerres contre la Chine (1894-1895) et la Russie (1904-1905), et futur colonisateur de la Corée.

C'est aussi une époque charnière pour la littérature. Jusqu'alors, le chinois classique s'était imposé comme langue écrite par excellence. Mais les partisans de la modernité commencent à mettre en question son quasi-monopole, même si ces « modernistes » utilisent encore, dans bien des cas, cette langue pour défendre leurs idées. Yi Hangno (1792-1868) et ceux qui s'en réclament symbolisent le conservatisme. Cet auteur résume son combat dans la célèbre devise « Rejeter l'erreur, défendre le vrai », l'erreur désignant toutes les idées occidentales qui se répandent, mais surtout le catholicisme que plusieurs vagues de répression n'arrivent pas à éliminer. Face à ce courant conservateur, le courant dit « de l'ouverture » est représenté par Pak Kyusu (1807-1877). Dans ses poèmes historiques, il rejette l'excès d'attachement à la Chine, véritable obstacle, à ses yeux, à la découverte de ce qui se passe dans le reste du monde. Il aura quelques disciples dont certains, malgré leur esprit d'ouverture, ne manquent pas de critiquer l'Occident.

Les partisans de la littérature en chinois y voyaient une valeur moralisante dont le pays avait besoin. Ils la considéraient également comme un moyen, pour les écrivains, d'aboutir à l'harmonie du cœur et de l'esprit. Leurs adversaires estimaient par contre que l'étude de cette langue devait être réservée à des spécialistes : écrire en chinois classique représentait un véritable handicap pour la nation. Cela l'empêchait d'accéder à une instruction de base et constituait un obstacle à tout réveil national. Un auteur comme Sin Chaeho (1880-1936) va jusqu'à affirmer que ne peut être considéré comme littérature coréenne que ce qui est écrit en coréen. Ce faisant, il en arrive à dénier toute valeur à l'œuvre écrite des lettrés des siècles précédents en chinois classique.

Se pose alors la question de l'écriture : faut-il écrire en écriture mixte (caractère chinois et alphabet coréen) ou seulement avec l'alphabet coréen ? Les deux systèmes, prônés par les journaux, avaient leurs partisans, et il fallut de longues années pour que le second l'emporte. On voit alors apparaître une nouvelle littérature, qui conserve comme la précédente son aspect didactique et éducatif, où dominent les récits historiques, tant concernant l'histoire de la Corée que celle des pays étrangers, et des biographies : il faut magnifier les héros coréens ou étrangers (Pierre le Grand, Napoléon, et bien d'autres) pour redonner de l'ambition aux Coréens. Les progrès de l'imprimerie permettent de diffuser facilement ces textes mais aussi de reprendre des œuvres anciennes, traduites en coréen moderne : abondamment diffusées, elles ne sont plus réservées à des privilégiés.

Quelques années avant l'annexion, en 1910, de la Corée par le Japon, une nouvelle tendance, appelée sin sosŏl (nouveau roman), naquit à l'instigation des hommes de lettres formés au Japon. Si les écrivains s'en réclamant sont parvenus à abolir le style narratif biographique de l'époque des Yi, ils n'ont cessé de manifester le désir commun à leurs prédécesseurs d'encourager le bien et de punir le mal, comme le montrent les romans Kui ŭi sŏng (La Voix du démon, 1908) et Ŭn segye (Le Monde argenté, 1908) de Yi Injik (1862-1916), Sŏljung mae (Prunier dans la neige, 1908) de Ku Yŏnghak, Chayu chong (La Cloche de la liberté, 1910) de Yi Haejo (1869-1927). Du côté de la poésie, c'est à Ch'oe Namsŏn (1890-1957) que l'on doit le premier poème moderne, « De la mer à l'adolescent », publié en 1908 sous l'appellation de « poésie nouvelle » (sin si) et offrant une grande liberté sur le plan de la forme. Fortement discuté, souvent critiqué, ce poème n'en marque pas moins un tournant dans la littérature coréenne.

Littérature coréenne sous l'occupation japonaise (1910-1945)

Insatisfait de cette tendance du sin sosŏl dont le dernier représentant fut Yi Kwangsu (1892- ?), qui publia en 1917 un roman intitulé Mujŏng (Sans cœur), un groupe de romanciers essaya d'analyser et de décrire aussi fidèlement que possible la vie sociale, ce qui l'obligea à adopter les techniques du réalisme, auquel la revue Changjo (Création), fondée en février 1919 par Chŏn Yongt'aek (1898-1968), apporta une grande contribution.

Le Mouvement pour l'indépendance, déclenché un mois après (1er mars 1919), offrit une nouvelle occasion d'essor littéraire : les hommes de lettres coréens purent profiter de la « tolérance » accordée par le gouvernement général nippon à Séoul pour minimiser l'ampleur de ce mouvement. Ils se réclamèrent de trois tendances principales : décadentisme, romantisme et naturalisme.

Le thème alors favori fut celui de la mort, aussi bien pour les poètes et les romanciers de la première tendance, plus ou moins influencés par le symbolisme français, et dont les plus importants furent O Sangsun (1894-1963), Min T'aewŏn (1894-1935), Hwang Sŏgu (1895-1960), que pour ceux de la deuxième tendance représentée par Pak Chonghwa (1901-1981), An Sŏkju (1901-1950), Pak Yŏnghŭi (1901- ?). Ces derniers eurent, cependant, la particularité d'exalter souvent leur rêve, en en faisant une sorte de remède pour oublier leur « champ de ronces rempli de douleurs » dont parle Pak Yŏnghŭi dans Kkum-ŭi nara (Pays de rêve, 1920). Se rattachant au romantisme, on saluera Na Tohyang (1902-1927), qui publia des nouvelles telles que Mulle panga (Moulin à eau, 1925) ou Pŏngŏri Samryŏng (Le Muet Samryŏng, 1927).

Le naturalisme se manifesta d'abord chez Yom Sangsŏp (1897-1963), auteur du roman Pyobonsil-ŭi ch'ŏnggaeguri (Une grenouille dans la chambre aux spécimens, 1921), qui servit de modèle aux écrivains qui tentèrent d'esquisser un tableau de la société coréenne de l'époque dans un style simple, mais souvent quelque peu triste et parfois violent. On le remarque notamment dans des romans comme Unsu choŭnnal (Une journée faste, 1924) de Hyŏn Chin'gŏn (1900-1943), Kamja (Patate, 1925) de Kim Tongin (1900-1951) et Hwasubun (Pot de trésors, 1925) de Chŏn Yŏngt'aek (1894-1968).

En 1925, les communisants formèrent la Korea Artista Proleta Federatio (K.A.P.F.). Jusqu'à sa dissolution en 1935, ses membres ne cessèrent d'encourager leurs lecteurs à se révolter contre la misère des paysans et des ouvriers. Cela est sensible dans des romans tels que T'alch'ulgi (Le Temps de la fuite, 1925) de Ch'oe Haksong (1901-1933), Naktonggang (Le Fleuve Naktong, 1927) de Cho Myŏnghi, Kwadogi (L'Ère de transition, 1930) de Han Sŏlya et Sŏhwa (La Dératisation par le feu, 1930) de Yi Kiyŏng.

Au même moment, quelques écrivains, mus par des sentiments nationalistes, s'opposèrent à la K.A.P.F. en publiant des œuvres sur des personnages historiques, par exemple Maŭi t'aeja (Le Prince en habit de chanvre, 1925) et Yi Sunsin (1930) de Yi Kwangsu (1892- ?), Kŭmsam-ŭi p'i (Du sang dans des habits de soie, 1935) de Pak Chonghwa (1901-1981). Notons aussi que ces deux derniers essayèrent, avec Ch'oe Namsŏn, de faire revivre la poésie du style dit de sijo, ressenti comme exprimant le mieux l'esprit littéraire de leur pays.

C'est aussi vers les années 1930 que débutèrent les « esthètes », le romancier Yi T'aejun et le poète Chŏng Chiyong ; les romanciers Yi Hyosŏk (1907-1942), connu pour son Memil kkot p'il muryŏp (Quand fleurit le sarrazin, 1936), Kim Yujŏng (1908-1937), Chŏng Pisok (1911- ?) et Hwang Sunwŏn (1915- ?), l'ironiste Chae Mansik (1902-1950), influencé par les œuvres de Swift, ou encore Yi Sang (1910-1937), Yi Muyŏng (1908-1960) et Pak Yŏngjun (1911- ?), qui manifestèrent un goût prononcé pour un retour à la nature. Le plus grand poète du début du xxe siècle est Kim Sowŏl (1902-1934) dont les poèmes, en particulier Chindallae kkot (Les Azalées, 1925), sont étudiés dans toutes les écoles. Parmi les femmes écrivains, on peut citer Kang Kyŏngae (1907-1943), Im Ogin (1915- ?), Ch'oe Chŏnghi (1912- ?), et les poétesses Mo Yunsuk (1910-1990) et No Ch'ŏnmyŏng (1912-1957).

Mais, déjà à la fin des années 1930, l'autorité japonaise reprit son contrôle sévère sur les écrivains dont plusieurs, jugés idéologiquement « dangereux », furent arrêtés. La littérature coréenne devait être condamnée au silence jusqu'en 1945, année de la libération du pays, après trente-cinq ans de domination japonaise.

—  Ogg LI, Martine PROST, Marc ORANGE

La littérature de la Corée du Sud après 1945

Après la libération : une littérature de « division »

Le Japon ayant perdu la Seconde Guerre mondiale, la Corée recouvrait sa liberté. Mais le rétablissement d'une littérature nationale perceptible dans Ingan tongŭi (Proposition humaine, 1950) de Kim Tongni (1911- ?) fut à peine amorcé que la guerre de Corée (1950-1953) éclata, plongeant à nouveau la péninsule dans un drame dont les conséquences allaient marquer profondément la vie littéraire jusqu'aux années 1970, au point que l'on parle de « littérature de division ».

Le thème qui domine cette période est la guerre. La génération des écrivains représentés par Chang Yonghak (né en 1921) et Son Ch'angsŏp (né en 1922) exprime son désespoir face à un événement, appréhendé, en premier lieu, comme la marque d'un destin injuste : Chesam inganhyŏng (Un troisième type d'homme, 1954) d'An Sugil (né en 1911), Obungan (En l'espace de cinq minutes, 1957) de Kim Sŏnghan (né en 1919), Obalt'an (Balle perdue, 1959) de Yi Pŏmsŏn (né en 1920). Plus critiques sont Pak Yŏngjun (né en 1911), qui dénonça le goût expansionniste du Nord dans son roman Ppalch'isan (Guérilla, 1954) ; O Sangwŏn (1930-1985), qui interpréta la guerre comme une perte pure et simple dans Muksal tanghan saram-dŭl (Les Hommes tués par le silence, 1956) ; Pak Yŏnhŭi (né en 1918), qui accusera dans son Chung'in (Témoin, 1955), d'un ton violent, le régime autoritaire de Syngman Rhee. Certains romanciers choisirent la voie de la lutte, donnant à leurs œuvres un accent de modernité : Sŏnu Hwi (né en 1922), par exemple, qui dans Pulkkot (Étincelles, 1957) mit l'accent sur la nécessité de faire face à son destin, une volonté que l'on retrouve dans Kwangjang (La Place publique, 1960) de Ch'oe Inhun (1936-2018), roman idéologique publié l'année de l'insurrection des étudiants (avril 1960). Cette tendance à quitter le roman de la « soumission » pour une littérature dite de « renouveau » se reflète dans Amya haeng (Marche dans les ténèbres, 1955) de Kim Sŏnghan, Moban (Complot, 1957) de O Sangwŏn, T'altchul (Fuite, 1955) de Chŏng Yŏnhŭi (née en 1936), tous influencés par la littérature occidentale de « révolte ».

Ce n'est toutefois qu'une dizaine d'années plus tard (au début de 1970) que se dessine une réelle diversité dans la manière d'appréhender la guerre et la division. Outre la vision traditionnelle que l'on retrouve dans Angae pada (La Mer dans la brume, 1978) de Han Sŭngwŏn (né en 1939), Kwanch'on sup'il (Les Essais de Kwanch'on, 1972) de Yi Mungu (né en 1941), Changma (Une longue période de pluie, 1973) de Yun Hŭnggil (né en 1942), ou encore Kyŏul naduri (Sortie en hiver, 1975) de Pak Wansŏ (née en 1931), une des grandes romancières du groupe des années 1960-1970, une approche nouvelle engendre une « prise de conscience du soi » représentée par Ŏdum-ŭi hon (L'Esprit des ténèbres, 1967) de Kim Wŏn'il (né en 1942), ou Somun-ŭi pyŏk (Le Mur des rumeurs, 1972) de Yi Ch'ŏngjun (né en 1939). Une troisième approche, socio-historique, va inciter certains écrivains tels que Hong Sŏngwŏn (né en 1937), dans son long roman Nam-kwa puk (Le Nord et le Sud, 1977), à décrire les changements sociaux provoqués par la fracture Nord-Sud. Notons que la grande majorité des « romans longs » coréens sont des romans historiques : parmi eux, T'oji (La Terre, 1969-1982) de Pak Kyŏngni (1926- 2008), « roman-fleuve » relatant les vicissitudes d'une famille paysanne avant, pendant et après la colonisation japonaise, et Chang Kilsan (Chang Kilsan, 1984) de Hwang Sŏg'yŏng (né en 1943), récit de la vie tragique d'un rebelle légendaire au xviiie siècle, marquent les grands accomplissements de la littérature moderne. Toutefois, les courants qui ont prévalu dans les cercles littéraires coréens jusqu'aux années 1970 sont ceux de « la nouvelle critique » et de la théorie de l'archétype de Northrop Frye.

À l'instar des romanciers, les poètes, comme Ku Sang (1919-2004) et Cho Chihun (1920-1968), manifestèrent, sous une forme moderniste, la blessure provoquée par la guerre civile. Sawŏl manbal (Floraison d'avril) de Pak Tujin (1916-1998) et Sailgu (Le 19 Avril, 1961) de Kim Suyŏng (1921-1968), l'un des plus grands poètes de la période moderne, glorifient « la révolution des étudiants de 1960 ».

La littérature Minjung ou littérature « des masses »

À la suite de l'intrusion des sciences sociales sur la scène littéraire, la question de l'implication de la littérature dans les réalités socio-économiques passe au premier plan. On voit s'affronter partisans d'une littérature engagée et défenseurs d'une littérature pure. Ce débat, certes, n'est pas nouveau : Kim Dongin (1900-1951), s'opposant sur ce point à Yi Kwangsu (1892- ?) qui croyait au rôle didactique de la littérature, s'était battu pour faire de son art un acte gratuit. Mais voici que l'engagement politique s'impose à beaucoup comme l'impératif de l'écrivain moderne.

Le musellement de l'opposition sous le régime de Pak Chŏnghŭi qui arrêta bien des écrivains – le poète Kim Chiha (né en 1941) étant le plus célèbre des dissidents de l'époque (son poème Ojŏk [Les Cinq Voleurs, 1970], qui désignait des personnalités au pouvoir, lui valut de longues années de prison) – et l'industrialisation rapide de la Corée portent leur part de responsabilité dans cette nouvelle orientation. La théorie de la littérature nationale est alors reformulée ; on la veut plus fidèle aux formes du réalisme littéraire et, ce faisant, on s'oriente vers une « littérature des masses » (Minjung munhak). Beaucoup s'attachent à décrire la misère de la masse ouvrière que l'essor économique a laissée pour compte : Yi Ch'ŏngjun écrit Maejabi (Le Fauconnier, 1968), une nouvelle dont le héros se trouve être victime des mutations de la société. Dans Iut saram (Le Voisin, 1972) de Hwang Sŏg'yŏng sont relatées les souffrances d'un paria exploité tandis que Toeji kkum (Rêver de cochon, 1973) décrit la soirée de chiffonniers se régalant d'un chien qui vient d'être euthanasié dans une clinique vétérinaire. Avec le roman Kwangye (Rapports, 1980), c'est l'histoire d'une femme soumise qui est dépeinte par Yu Chaeyong (né en 1936) dont le modernisme est de déplorer la soumission de son héroïne plutôt que de simplement compatir à sa douleur.

Outre les dirigeants politiques, les protagonistes de « la littérature des masses » rejettent aussi la classe des intellectuels, en les accusant d'être aveugles à la misère du peuple. « La possibilité même de s'attrister du désespoir de leurs voisins est-elle paralysée ou disparue chez les gens qui lisent Hamlet, qui écoutent Mozart ? », demande Cho Sehŭi (né en 1942) dans son roman (Nanjangi-ga ssoaollin chagŭn kong (La Petite Balle lancée en l'air par un nain, 1978).

Comment définir la notion de classe sociale ? Qui est le sujet de la création littéraire ? La littérature peut-elle aider à l'unification de la Corée ? Les débats se multiplient autour de ces questions. Le nombre des revues littéraires augmente, rendant compte d'un besoin d'expression longtemps réprimé (la liberté de presse ne date que de 1987). La femme ne craint plus de crier son désir de sortir d'un quotidien trop limité. Les œuvres de jeunes romancières comme O Jŏnghŭi (née en 1947), auteur de Param-ŭi nŏk (L'Âme du vent, 1986) et Kim Chiyŏn (née en 1939), auteur de Ssit'ol (Le Germe de vie, 1983-1985), sont là pour l'attester. Ouvriers et étudiants prennent leur plume pour exprimer leur révolte et leurs aspirations. Les écrivains professionnels prêtent leur voix à la défense de la démocratie : Yeŏnja (Le Prophète, 1977) de Yi Ch'ŏngjun.

La littérature est démystifiée : tout le monde peut écrire, et tout thème est bon, d'où le foisonnement de la production littéraire actuelle dont la qualité varie sensiblement d'un écrivain à un autre. En outre, le désir d'abandonner les larmes qui baignaient la littérature coréenne pour regarder en face les comportements et les fantasmes humains a grandement contribué à l'évolution de la conscience littéraire. Les sanglants événements de Kwangju (mai 1980), dont la responsabilité ne peut plus être rejetée sur le Japon ou le Nord, et les grandes manifestations ouvrières de l'été de 1987 ont fait fleurir des écrits neufs. Parmi les « romans prolétariens » (nodong sosŏl), on notera Kitpal (Le Drapeau, 1988) de Hong Hŭidam (né en 19 ?) et Saebyŏk ch'ulchŏng (Départ à l'aube pour le front, 1989) de Pang Hyŏnsŏk. Parallèlement, on voit naître un autre genre, le « roman de campus », dont les débuts sont marqués par Toyosae-e kwanhan myŏnsang (Méditation sur une bécassine, 1979) de Kim Wŏn'il, Sae (L'Oiseau, 1979) de Yi Dong'ha (né en 1942), Chongi-ro mandŭn chip (Une maison de papier, 1989) de Kim Hyangsuk (née en 1951), récits d'étudiants découvrant la réalité révoltante d'une société en mal de liberté.

Du côté de la poésie, un grand nombre d'écrivains défendent là aussi le mouvement de littérature des masses : Kim Suyŏng (1921-1968), certes, mais aussi Kim Myŏngsu (né en 1945), Yang Sŏng'u (né en 1943), Yi Dongsun (né en 1950). Le théâtre connaît également un renouveau. Le grand dramaturge O Yŏngjin (1916-1974) est à la source du mouvement du « théâtre populaire », un théâtre du comique ou de l'absurde caractérisé par une perception moderne des thèmes traditionnels. Il sera suivi par Yi Kŭnsam (né en 1929) et Yun Taesŏng (né en 1939).

Toutefois, dès le début des années 1990, le grand élan qu'avait été cette littérature des masses a commencé à perdre de sa vigueur. Certains écrivains, tel Yi Changdong (né en 1954), ont commencé à porter un regard plus critique sur ces années qui avaient vu le passage d'un régime autoritaire vers la démocratie. Ses Nokchŏn-enŭn ttongi mant'a (littéralement La merde est abondante à Nokchŏn, 1992) et Hanŭl tung (Un éclat dans le ciel, 1992) sont un bon exemple de cet esprit critique. On notera aussi que des écrivains comme Kim Wŏnil, Yi Munyŏl, ou Kim Wonŭ, dont la production était abondante, sont restés muets pendant plus de dix ans.

Les années 1990 voient apparaître de nouvelles romancières telles Shin Kyŏngsuk, Kim Insuk, Kong Chiyŏng (nées en 1963), Kim Myŏnggyŏng (née en 1960), Ŭn Hŭigyŏng (née en 1959) ou la poétesse Choi Yŏngmi (née en 1961). Les œuvres de ces femmes considérées comme des féministes furent souvent dénigrées tant par les critiques littéraires que par certains écrivains : Yi Munyŏl dans Sont'aek (Le Choix, 1997) se livre à une critique caustique de ces écrits féminins et réfute sévèrement l'idée de libération des femmes qui apparaît dans ces œuvres. Certains critiques les considèrent comme des tongsol sosŏl (littéralement romans populaires mais, dans leur esprit, il s'agit plutôt de romans de série B). Ce mépris n'empêcha pas le succès de Muso-ŭi ppulch'ŏrŏm honjasŏ kara (Va seule, comme la corne du rhinocéros, 1993) de Kong Chiyŏng, porté à l'écran deux ans plus tard, qui décrit la déception de trois femmes qui perdent toutes leurs illusions après leur mariage. De même, Sae-ŭi sŏnmul (Le Cadeau de l'oiseau, 1995) et Kŭ kŏsŭn kkum iŏss ŏlkka (Cette chose, c'était un rêve ?, 1999) de Ŭn Hŭigyŏng ont heurté les tenants d'une morale confucianiste traditionnelle.

Les romanciers ont, quant à eux, gardé un regard critique sur la société coréenne. Les Kŭmŭn kkot (Fleur noire, 2003) de Kim Yŏngha (né en 1968), Norae-ŭi nalgae (L'Aile du chant, 2003), Nae sidae-ŭi chosang (Portrait de mon époque, 2003) de Yi Yun'gi (né en 1947) en sont de bons exemples. De même le Kal-ŭi norae (Le Chant du sabre, 2001) de Kim Hun (né en 1948) : en dressant le portrait de l'amiral Yi Sunsin qui vécut au xvie siècle et qui chassa les Japonais qui avaient envahi le pays, l'auteur porte un regard sévère sur la Corée.

Les poètes ont également pris du recul par rapport aux années 1980. Des auteurs comme Chŏng Hyŏnhong (né en 1939), Ko Ŭn (né en 1933), Yi Sŏngbok (né en 1952), Kim Kwanggyu (né en 1941), To Chonghwan (né en 1954) conservent une large audience.

Rappelons aussi que le réseau Internet de la Corée du Sud est un des plus développés du monde. Romanciers et poètes s'interrogent sur le rôle de ce média dans l'activité littéraire, alors que nombre de personnes ne revendiquant pas le statut d'écrivains y publient des textes qui trouvent une large audience, non seulement auprès des adolescents mais aussi auprès d'une partie importante de la population.

Enfin, les Coréens restent très attachés à leurs écrivains qui ont émigré à l'étranger : les œuvres de Kim Suok-buom (né en 1925), Yi Hoesŏng (né en 1935), Sŏ Kyunsik (né en 1951) pour le Japon, ou Lee Helie (Still Life with Rice, 1996), Lee Chang-rae (A Gesture Life [Les Sombres Feux du passé], 1999 ; Aloft [Le Ciel de Long Island, 2004]) pour les États-Unis, pour ne citer que ceux-là, sont systématiquement traduites en coréen.

L'avenir de la littérature coréenne

La question qui se pose en priorité à un écrivain coréen d'aujourd'hui est celle-ci : comment produire des œuvres qui fassent vivre les tendances de sa propre culture, et qui aient une portée universelle ? En fait, la littérature coréenne moderne prend son essor, car sa modernité jusqu'ici lui échappait dans la mesure où elle n'était que le résultat d'un phénomène d'importation de l'Occident. Il a fallu de jeunes écrivains comme Im Ch'ŏl'u (né en 1954) dont les œuvres – Abŏji-ŭi ttang (La Terre de mon père, 1984) – défient tous les tabous sociaux (torture, espionnage, communisme, etc.) pour qu'une littérature libre naisse vraiment. Toutefois, il semblerait que la question de l'esthétique demeure, et que de nouveaux outils littéraires soient encore à créer. En effet, face à l'osmose entre fond et forme que l'on découvre dans un Sonagi (L'Averse, 1952) de Hwang Sunwŏn (1915-2000), ou un Kŭmsijo (L'Oiseau aux ailes d'or, 1982) de Yi Munyŏl (né en 1948), comment dénier que la littérature « des masses » a mis l'accent sur les thèmes plus que sur les modes d'expression ? Lorsqu'on lit les histoires de la littérature coréenne ou lorsqu'on suit les discussions entre écrivains et critiques littéraires, on a parfois l'impression que la littérature coréenne cherche encore à se définir.

—  Martine PROST, Marc ORANGE

La littérature de la Corée du Nord

« Des hommes qui créent une société progressiste en détruisant une société conservatrice, qui éliminent l'influence fasciste et qui luttent pour réaliser une société démocratique. » C'est en ces termes que Kim Ilsŏng [Kim Il-sŏng], président du comité central du Parti du travail de Corée et Premier ministre, définissait, au mois de mai 1946, les hommes de lettres et les artistes. Cette définition résume bien la place de l'écrivain dans la Corée du Nord : instrument au service de la politique, il doit se conformer à ses directives et apporter sa contribution à l'effort constant pour mener à bien l'édification socialiste.

La fin de l'occupation japonaise

Il est évident qu'une littérature conforme à de tels critères n'a pu apparaître que dans un certain contexte politique. Après le 15 août 1945, l'occupation japonaise cessant, deux régimes politiques distincts s'établirent en Corée de part et d'autre du 38e parallèle. Les Soviétiques, qui avaient pour mission de libérer le Nord, mettaient rapidement en place une nouvelle administration. Au mois de février 1946, les autorités militaires soviétiques, aidées par le Parti communiste du Nord, purent réunir un comité populaire provisoire auquel furent confiées l'élaboration et la réalisation des réformes, la plus importante étant sans conteste la réforme agraire. Parallèlement, écrivains et artistes furent rassemblés dans une Union des écrivains et des artistes (mars 1946). Quatre lignes de conduite, conformes aux directives du Parti communiste, y furent définies : instruire le peuple en vue de lui faire comprendre le bien-fondé de la politique du gouvernement ; lui montrer, en comparaison, les vilenies du gouvernement du Sud ; éliminer les anciens collaborateurs du Japon ; vanter l'amitié de l'U.R.S.S. Pour mener à bien cette tâche, en particulier l'instruction du peuple, écrivains et artistes furent invités à entrer en contact avec les ouvriers et les paysans sur leurs lieux de travail afin de mieux connaître leurs conditions d'existence. Cela se révéla difficile au départ ; nombre d'écrivains se déclarèrent apolitiques, comme le prouvent &Ubreve nghyang (Essence de parfum), recueil réunissant les poèmes de divers auteurs et publié à Wŏnsan à la fin de l'année 1946, et le Munjang tokbon (Manuel de composition littéraire, 1946), ouvrage collectif lui aussi, jugés tous deux réactionnaires.

Kaebyŏk (Création), nouvelle publiée en 1946 par l'écrivain Yi Kiyŏng et racontant la joie éprouvée par les paysans quand on leur annonça qu'on allait procéder à la réforme agraire, est la première œuvre de valeur conforme aux nouvelles directives. Dans un ouvrage plus important, Ttang (Terre), publié en deux volumes en 1947-1948, Yi Kiyŏng reprend le même thème et, tout en soulignant l'amélioration de la situation des paysans après la réforme, il leur rappelle leurs devoirs : lutte pour accroître les surfaces cultivées et les récoltes, paiement des taxes foncières au gouvernement, participation à l'activité et aux réunions politiques. Les œuvres littéraires qui paraissent à cette époque développent chacune avec plus ou moins de bonheur quelques grands thèmes d'inspiration politique : augmentation à tout prix de la production (Maŭl saram-tŭl [Les Villageois] de Han Sŏlya, 1946), renforcement et développement de l'amitié avec l'U.R.S.S. (Anna, de Yi Ch'umjin, 1946 ; Widaehan konghun [Grand Mérite], œuvre commune publiée par l'Union des écrivains et des artistes, 1949), lutte contre les réactionnaires du Sud (Kŭ chŏnnalbam, [La Veille] de Yi Tonggyu, 1949 ; Chei chŏn'gu, [Champ de bataille no 2] de Pak T'aemin, 1949). Ce dernier thème rejoint celui de la lutte contre l'impérialisme japonais qu'accompagnent souvent les louanges décernées aux chefs de la résistance (Pulsa cho, [Oiseaux immortels] de Hyŏn Kyŏngjun, 1949). Des thèmes identiques se retrouvent dans les poésies (Paektusan [Le Mont Paektu] 1947, de Cho Kich'ŏn [1913-1951]) et le théâtre (T'aeyang-ŭl kitarinŭn saram-tŭl [Les Hommes qui attendent le soleil ; c'est-à-dire Kim Ilsŏngl], 1948, de Pak Yŏnbo), de cette époque.

La guerre de Corée (1950-1953)

La guerre opposant les deux Corées mit momentanément fin aux activités des hommes de lettres. Ces derniers, mobilisés, ne purent exercer leurs talents que lorsqu'ils furent chargés d'effectuer des reportages. Ils y embellissent quelque peu la réalité, mettent en valeur des héros et encouragent le peuple à mener une lutte sans merci contre l'« agresseur étranger ». Pendant cette période de guerre, seules quelques nouvelles sont publiées qui reprennent les directives politiques du moment. Par exemple, Na-ŭi yet chin'gu (Un vieil ami à moi, 1951), de Yun Sich'ŏl, rappelle l'amitié traditionnelle avec la Chine après l'intervention des troupes chinoises à la fin de l'année 1950. Au mois de mars 1951, le Parti du travail (nom donné, en 1948, au Parti communiste) réorganise l'Union des écrivains et des artistes, afin d'y intégrer ceux qui, de gré ou de force, sont passés au Nord. Trois mois plus tard, Kim Ilsŏng déclare, lors d'un entretien avec des écrivains et des artistes « glorieux soldats des fronts littéraires et artistiques », que la tâche primordiale est de propager un patriotisme fondé sur des conceptions socialistes et sur l'internationalisme prolétarien, tout en procédant « à une critique et une autocritique vivantes dans leurs activités créatrices ». Malgré ces recommandations et ces conseils, on a plutôt des œuvres de circonstance dont le rôle semble être avant tout de redonner du courage aux combattants. La poésie épique (Ŏrŏri Pŏl [Le Champ Ŏrŏri], 1952, de Min Pyŏnggyun) vante le courage des femmes, tandis que Paek Inchun fustige dans ses poèmes lyriques les forfaits des agresseurs américains (Ŏlgul-ŭl pulkhira Amerik'ayŏ [Rougis, Amérique !], 1951). Il reprend ce thème dans une nouvelle (Aijenhawŏ-ŭi paljakjŭng, [L'Hystérie d'Eisenhower], 1953), thème que l'on retrouve chez d'autres (Chŏngŭi-nŭn ikyŏtta [La justice a triomphé], 1953, de Hwang Kŏn ; Ssaunŭn maŭlsaram-tŭl [Les Villageois qui combattent], 1953, de Ch'ŏn Sebong [1915-1986]).

L'après-guerre

La situation confuse engendrée par la guerre, en particulier les nombreuses purges politiques, incitèrent les écrivains à rester dans une prudente expectative et à se garder de toute originalité. Tout au plus adoptèrent-ils, au mois de septembre 1953, la résolution suivante : « Tous nos efforts et notre talent seront consacrés à la reconstruction et au développement de l'économie du peuple d'après guerre et à l'industrialisation de notre pays. » Cependant, on assista, dans les années qui suivirent, à une série d'éliminations. En 1956, notamment, malgré tous leurs efforts de justification, de nombreux écrivains venus du Sud furent éliminés sous prétexte de « sectarisme », de « révisionnisme », d'« arrivisme », ou encore de « sentiments bourgeois ». Parmi les victimes figurait l'écrivain « bourgeois et réactionnaire » Yi Taejun, qui fut démis de son poste de vice-président de l'Union des écrivains et des artistes avant d'être nommé correcteur dans une petite imprimerie de province. Jusqu'alors, il était considéré, dans la Corée tout entière, comme un des meilleurs écrivains de son époque. Les écrivains Pak Ch'angok, Kim Namch'ŏn et Im Hwa subirent un sort moins enviable. Seules paraissent à ce moment des œuvres glorifiant les héros de l'armée (Cholm-ŭn yongsa-tŭl [Jeunes soldats courageux], 1954, de Kim Yŏngsŏk) ou la résistance des paysans qui organisèrent des maquis pendant la guerre contre l'« agresseur du Sud ». Tuman kang (Fleuve Tumen, 1954), de Yi Kiyŏng, et Sŏlbong san (Mont Sŏlbong, 1955-1959), de Han Sŏlya, sont des fresques de la vie du peuple coréen, au début du xxe siècle ou durant les années 1920-1940. Là encore, une place importante est réservée à la résistance contre l'agresseur japonais. Ces récits historiques – on traite également des invasions japonaises du xvie siècle (Sŏsan taesa [Le Moine Sŏsan], 1956, de Ch'oi Myŏngik) – permettaient aux écrivains de présenter des œuvres facilement conformes aux grands principes généraux.

Ce n'est qu'après le rétablissement complet de l'orthodoxie idéologique que les écrivains coréens travaillèrent pleinement à la reconstruction économique. Leur tâche consistait à blâmer les sentiments égoïstes des paysans qui, dans de nombreuses régions, s'opposaient à la collectivisation des terres et restaient très attachés à la petite propriété qu'ils avaient pu conserver. Poètes, auteurs de théâtre et romanciers exploitent la même veine dans presque toutes leurs œuvres. Citons, par exemple, Ch'ŏn Sebong qui, dans les deux tomes de Sŏkkaeul sae pom (Nouveau Printemps à Sŏkkaeul, 1955-1959), magnifie la propriété commune, et Yi Kŭnyŏng qui, dans Chŏt suhwak (Première Récolte), montre comment les paysans en viennent à apprécier les bienfaits du collectivisme.

Le IVe congrès du Parti du travail de Corée, tenu au mois de septembre 1961 et consacré au plan septennal et au développement du mouvement Ch'ŏllima, apporta assez peu de directives nouvelles aux écrivains et aux artistes. Kim Ilsŏng y déclara que « littérature et arts sont entrés dans une période d'épanouissement général », mais il rappela également que « les œuvres chargées de valeur ne peuvent être créées qu'en faisant appel au réalisme socialiste qui est à l'époque actuelle l'unique méthode juste pour leur création ». Le mouvement Ch'ŏllima (littéralement « cheval capable de parcourir mille li (environ 500 km) sans s'arrêter ») avait été lancé en 1957 pour reconstruire l'économie. Ce plan, septennal à l'origine mais accompli en cinq ans, fut accompagné d'un mouvement littéraire qui se devait de vanter les progrès accomplis. Les objectifs atteints, la lutte pour la construction du socialisme devint prioritaire. Mais, dans le même temps, il ne fallait pas oublier que ces succès économiques conduisaient à des changements rapides de la société, fragilisée face à ces bouleversements. Le Ch'ŏllima (1964) de Pak Hobun est représentatif de la prise de conscience de ce problème.

Les romans et nouvelles tels que Paegilhong (Paegilhong, ou La Fleur qui fleurit pendant 100 jours, 1961), de Kwŏn Chŏngung, Kiltongmu-tŭl (Les Compagnons de route), 1960, de Kim Pyŏnghun, Aech'ak (Affection), 1963, de Ch'oe Ch'anghak, Ch'ŏngch'un-ŭi kohyang (Le Pays de la jeunesse), 1966, de Hyŏn Hwigyun sont de bonnes illustrations de ce mouvement. Les héros en sont des gens ordinaires qui, répondant aux sollicitations des appels du chef de l'État, se donnent corps et âme pour la construction du socialisme. On décèle également un certain romantisme dans ce passage du statut d'homme ordinaire à celui de créateur quasi miraculeux.

Un autre thème important est celui de la lutte du peuple de la Corée du Sud pour se libérer de l'asservissement où le tiennent ses gouvernants soutenus par les impérialistes américains. Le meilleur exemple en est sans doute les dialogues du film Sŏngchang-ŭi kil-esŏ (Sur le chemin du progrès), qui a pour sujet la lutte des étudiants pour chasser Syngman Rhee en 1961 et pour instaurer la démocratie pendant les deux années qui suivirent. Rappelons qu'en Corée du Nord les scénarios de films sont considérés, au même titre que les romans ou les livrets d'opéras, comme partie intégrante de la littérature. Notons aussi que les récits de combats contre les Japonais, écrits bien souvent par ceux qui les ont menés, publiés à la même époque, sont grandement appréciés d'un lectorat qui, victime de la colonisation japonaise, peut s'identifier facilement à tous ces héros.

Quel que soit le sujet traité (lutte héroïque contre l'ennemi ou construction du socialisme), tous ces romans font ressortir les changements positifs qui s'opèrent dans la conscience des personnages. Malgré des circonstances difficiles, ils sont fondamentalement optimistes et affichent une grande confiance dans la hiérarchie et dans l'idéologie professée. C'est sans doute la raison pour laquelle on ne voit aucun conflit d'intérêts ou de personnes se développer entre les personnages de ces romans.

Au début de l'année 1970, Kim Ilsŏng reprenait des thèmes déjà développés dans un précédent discours (« Pour la création d'une littérature et d'un art révolutionnaire ») – où il insistait sur le rôle de la littérature pour l'éducation révolutionnaire des nouvelles générations sans laquelle « nos jeunes gens pourraient bien perdre l'esprit révolutionnaire et devenir des vauriens désireux de vivre dans l'oisiveté ». Pour bien expliquer la lutte qui doit être menée sont publiés de nombreux romans ayant pour thème les glorieuses années de jeunesse de Kim Ilsŏng, type parfait de héros à donner en exemple. Quatorze de ces romans, publiés de 1972 à 1981, écrits par une dizaine d'auteurs différents (Kim Chŏn, Ch'ŏn Sebong, Sŏk Yungi, Kwŏn Chŏngung, Yi Chongnyŏl, Hyŏn Sŭnggŏl, Ch'oe Haksu, Chin Chaehwan, Kim Pyŏnghun, Ch'oe Ch'anghak) réunis sous le nom de groupe de création littéraire « Le 15 Avril » (ce groupe fut fondé le 15 avril 1967, pour le 55e anniversaire de Kim Ilsŏng), du comité central de l'Union des écrivains, forment une vaste fresque, connue sous le nom de Pulmyŏl-ŭi yŏksa (L'Immortelle Épopée), qui raconte quelques épisodes de la vie de Kim Ilsŏng pendant qu'il luttait contre les Japonais dans les années 1930. Cette œuvre créée, dit-on, sous la direction de Kim Chŏngil, fils de Kim Ilsŏng, visait à décrire comment, à travers ces combats, Kim Ilsŏng devient un héros de plus en plus grand, soutenu par ses parents (valorisation de ces derniers). La révolution apparaît aussi comme la juste solution conforme aux intérêts du pays et Kim Ilsŏng comme le chef d'État idéal qui doit conduire à la réunification du pays. De même, la vie admirable des parents de Kim Ilsŏng est donnée en exemple : Chosŏn-ŭi ŏmŏni (La Mère de la Corée, 1970), de Nam Hyoche, pour sa mère ; Yŏksa-ŭi saebyŏk kil (Le Chemin d'une aube historique, 1972, 1re partie) de Yi Kiyŏng, pour son père. La poésie participe à cet éloge. De grandes épopées retracent la vie de ces parents admirables. Le sapin bleu restera éternellement (1969) décrit le père de Kim Ilsŏng comme un pionnier du combat antijaponais, tandis que sa mère apparaît comme qui a su faire de son fils un véritable combattant de la révolution, dans Kang Bangsŭk ŏmŏni (Mère Kang Bangsŭk, 1969) de Hŏ Uyŏn.

Les hommes de lettres, cinéastes et artistes sont également priés de développer dans leurs œuvres la pensée chuchéenne, le chuch'e, construction de l'esprit de Kim Ilsŏng, pouvant se définir comme une doctrine révolutionnaire dont le but est de réaliser l'émancipation des masses laborieuses tout en prônant la souveraineté dans la politique, l'indépendance dans l'économie et l'autodéfense dans la défense. Kim Chŏngil, le fils du grand leader, publie en 1973 La Théorie cinématographique, où de longs développements sont consacrés à la littérature et aux arts « qui se fixent un objectif idéologique évident et élevé et montrent la vie de façon précise et approfondie, car ils étudient les problèmes posés par celle-ci en s'inspirant de la ligne politique du Parti ». Cette nouvelle approche doit conduire à « l'édification socialiste dans l'exaltation maximum de l'enthousiasme révolutionnaire et l'activité créatrice des masses populaires ». Le héros chuchéen apparaît parfaitement dans Ch'ungsŏng-ŭi han'gil-esŏ (Sur le chemin du dévouement), long roman en cinq parties écrit par Ch'ŏn Sebong, Pak Yuhak et Yi Chongyŏl, publié entre 1975 et 1985, dans lequel plusieurs années de la vie courageuse et héroïque du camarade Kim Chŏngsuk sont racontées avec force détails.

Il est également recommandé de mettre en scène des héros longtemps méconnus qui, armés d'une grande fidélité au Parti et à la révolution, ont mené une lutte héroïque en surmontant courageusement toutes les difficultés afin d'appliquer la ligne et la politique du Parti. N'ayant pas cherché à se faire remarquer, ce sont les véritables héros qui donnent à tous un exemple magnifique et incitent fortement le peuple à accomplir des exploits qui semblent impossibles. Irŭm ŏmnŭn yŏng'ung-tŭl (Héros inconnus) de Yi Chinu en donne une très bonne illustration.

Parallèlement à cette littérature officielle apparaissent des récits et des poèmes dans lesquels se manifeste un retour à la vie quotidienne. Celle-ci, avec tous ses aléas, semble redevenir une source d'inspiration. Sont ainsi abordées des questions comme les conflits entre générations et les problèmes de communication entre elles : Ch'ŏngch'un songgi (L'Hymne de la jeunesse) de Nam Taehyŏn, les conflits entre époux, Pŭot (L'Ami) de Paek Namryong, ce qui permet de parler aussi de la place de la femme dans la société, les rapports belle-mère – belle-fille, la place du divorce. Les écrivains s'intéressent à la vie de la société, aux rapports entre ceux qui deviennent des scientifiques et des techniciens et ceux qui n'ont pas cette chance. Ils se préoccupent aussi de l'écart qui se creuse entre citadins et campagnards, avec Hyangt'o (Terre natale) de Kim Sambok, et même des débordements de la bureaucratie.

La timide ouverture de la Corée du Nord au début des années quatre-vingt-dix semble avoir du mal à s'imposer. On doit noter cependant que la Corée fut, en 2005, invitée à la foire de Francfort et que la Corée du Nord y envoya une délégation. Ce fut l'occasion de découvrir que si les exploits des travailleurs, les heures glorieuses du peuple coréen contre les envahisseurs étrangers, la glorification des trois révolutions (technique, idéologique et culturelle), la reprise des « chefs-d'œuvre immortels » créés par Kim Ilsŏng avant guerre, l'unité de la nation coréenne, riche d'une longue histoire, restent les thèmes que les écrivains , « ingénieurs de l'âme humaine », se doivent de traiter il existe une place pour une littérature autre que révolutionnaire et politique.

—  Marc ORANGE

Bibliographie

※ Littérature

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Écrit par :

  • : ancien ingénieur de recherche au C.N.R.S., ancien directeur de l'Institut d'études coréennes du Collège de France, ancien chargé de cours à l'université de Paris-VII
  • : maître de conférences à l'U.F.R. de langues et de civilisations d'Asie orientale à l'université de Paris-VII
  • : docteur d'État ès lettres, professeur à l'université de Paris-VII

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INCHON

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Située près de l'embouchure de la Han, à 35 kilomètres de Séoul, Inchon (l'ancienne Chemulpo) est, depuis 1981, une des villes métropolitaines de la Corée du Sud, c'est-à-dire ayant le statut de province et relevant directement du ministère de l'Intérieur. Comptant 2 531 000 habitants en 2005, c’est la troisième ville et le troisième port de Corée du Sud. Elle sert de port pour la capitale, à laqu […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/inchon/#i_21925

ITŌ HIROBUMI (1841-1909)

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  • Paul AKAMATSU
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Fils d'un valet attaché aux armées seigneuriales de Chōshū, Itō Hirobumi ne fut reconnu comme officier qu'en 1863. Il fut disciple de Yoshide Shōin, qui fut l'éducateur de la plupart des réformateurs issus de Chōshū, des premières années de Meiji. Parti clandestinement faire des études à Londres avec quatre compagnons, il revint précipitamment au Japon pour tenter d'empêcher, mais sans succès, l'i […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ito-hirobumi/#i_21925

JAPON (Le territoire et les hommes) - Histoire

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KIM IL-SUNG ou KIM IL-SŎNG (1912-1994)

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Né deux ans après l'annexion de la Corée par le Japon, le 15 avril 1912, à Mankyuengdai, dans la banlieue de Pyongyang, sous le nom de Kim Sung-ju (« le pilier du pays »), Kim Il-sung était l'aîné de quatre enfants. Sa vie légendaire, enseignée dès l'école primaire en Corée du Nord, nous apprend qu'il est issu d'une famille de métayers aux traditions révolutionnaires bien trempées. On ne sait pas […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/kim-il-sung-kim-il-song/#i_21925

KWANGJU ou GWANGJU

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Kwangju (1 416 000 hab. en 2005) est une des six villes métropolitaines de Corée du Sud, c’est-à-dire ayant le statut de province. Elle est la capitale de la province du Cholla-Sud, qui s’étend à la pointe sud-ouest de la péninsule. Située au cœur d’une des principales plaines du pays, Kwangju fut d’abord un grand marché agricole. Dans les années 1990, la ville a accueilli des activités de décentr […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/kwangju-gwangju/#i_21925

MONGOLIE, histoire

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MOON MOUVEMENT DE

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Dans le chapitre « Le fondateur »  : […] Les disciples de Moon entretiennent le mystère autour de leur fondateur. Le peu que l'on sait de lui apparaît donc sujet à révision. Sun Myung Moon est né en Corée en 1920, dans une famille de chrétiens presbytériens. À l'âge de seize ans, il reçoit la première d'une série de visions dans lesquelles Jésus lui indique sa mission messianique et lui révèle peu à peu les grandes lignes de ce qui devie […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/mouvement-de-moon/#i_21925

NATIONS UNIES (O.N.U.)

  • Écrit par 
  • Jacques FOMERAND, 
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Dans le chapitre « Sanctions et opérations militaires »  : […] En souscrivant à la Charte, tous les membres s'engagent à mettre à la disposition du Conseil de sécurité des troupes et des infrastructures permettant d'appliquer des sanctions militaires contre les pays agresseurs ou les pays menaçant la paix. Pendant la guerre froide cependant, aucun accord ne permit de mettre en œuvre cette disposition. L'après-guerre froide permit de relancer la possibilité d […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/nations-unies/#i_21925

PARK CHUNG-HEE (1917-1979)

  • Écrit par 
  • Yvan BARBÉ, 
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Né à Sosan-gun (province de Kyong-sang), Park Chung-hee (Pak Djong-hi) est attiré, très jeune, par la carrière des armes ; il entre à l'Académie militaire japonaise du Manzhouguo, puis à l'Académie impériale du Japon. Instructeur militaire de 1937 à 1940, il s'engage par la suite dans l'armée japonaise et sert, en tant que lieutenant, dans l'armée du Guangdong en Mandchourie. En 1945, il s'engage […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/park/#i_21925

PRÉHISTORIQUE ART

  • Écrit par 
  • Laurence DENÈS, 
  • Jean-Loïc LE QUELLEC, 
  • Michel ORLIAC, 
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  • Michèle PIRAZZOLI-t'SERSTEVENS, 
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PUSAN

  • Écrit par 
  • Pierre TROLLIET
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Capitale de la province du Kyŏngsang Sud, Pusan (Busan) constitue l’extrémité méridionale de l’axe principal sud-coréen qui part de Séoul au nord et qui concentre la plus grande partie de la population et des activités économiques sud-coréennes. Deuxième ville (en fait ville spéciale, c'est-à-dire ayant le statut de province) et port principal de la Corée du Sud avec 3 655 000 habitants en 2005, P […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pusan/#i_21925

PYONGYANG

  • Écrit par 
  • Valérie GELÉZEAU
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Capitale de la République populaire démocratique de Corée (Corée du Nord), Pyongyang s'étend sur une vaste aire administrative d'environ 2 000 kilomètres carrés dont la population est estimée à moins de trois millions d'habitants en 2008 pour l'ensemble des douze districts qui la composent. Située dans une région de plaines fertiles de la basse vallée du fleuve Taedong, Pyongyang débute sa longue […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pyongyang/#i_21925

RHEE SYNGMAN ou LI SEUNG-MAN (1875-1965)

  • Écrit par 
  • Yvan BARBÉ, 
  • Ogg LI
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Président du gouvernement coréen provisoire en exil de 1919 à 1946 et premier président de la République de Corée (Corée du Sud), né dans la province de Hwanghae, descendant de la famille royale des Li, Syngman Rhee reçoit une éducation classique chinoise, puis séjourne dans une mission méthodiste anglaise. En 1896, il adhère à l'Organisation pour l'indépendance de la Corée ; en 1897, il est arrêt […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/rhee-li/#i_21925

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  • Valérie GELÉZEAU
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  • Universalis
  •  • 468 mots

Située dans le sud-est de la Corée du Sud, Taegu (écrit aussi parfois Daegu), est la quatrième ville de ce pays et l'ancienne capitale de la province de Kyǒngsang du Nord. Elle a un statut spécial, équivalent à celui d'une province étant devenue une ville métropolitaine. Située au confluent du Naktong et du Kumho, à 90 kilomètres au nord nord-ouest de Pusan, la ville se trouve dans une vallée bor […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/taegu/#i_21925

TAEJON

  • Écrit par 
  • Pierre TROLLIET
  •  • 124 mots
  •  • 1 média

Avec 1 442 856 habitants en 2005, Taejon est la ville principale du centre-ouest de la Corée du Sud, chef-lieu de la province de Chungcheong-Sud. C'est un important carrefour ferroviaire où convergent, vers Séoul, les voies du Sud-Ouest (depuis Mogpo) et du Sud-Est (depuis Pusan) de la Corée du Sud. C'est aussi un centre commercial (situé au sein d'une riche région agricole : céréales, tabac) et […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/taejon/#i_21925

TAEKWONDO

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 268 mots

Art martial coréen. Taekwondo signifie littéralement « la voie des poings et des pieds ». Il se fonde sur l'association d'une forme de sport d'autodéfense coréen, le tae kwon , et du karaté. Mais, à la différence du karaté, les coups sont réellement portés. Divers arts martiaux se sont développés en Corée à partir du début du xx e […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/taekwondo/#i_21925

TENJI-TENNŌ (626-671) empereur du Japon (661-671)

  • Écrit par 
  • Francine HÉRAIL
  •  • 437 mots

Le prince Nakanoōe (futur empereur Tenji, ou Tenchi), fils de l'empereur Jomei (règne 629-641) et d'une princesse impériale qui a régné à la suite de son époux sous le nom de Kōgyoku-tennō (règne 642-645), est, avec Nakatomi no Kamatari, l'ancêtre de la maison Fujiwara, l'auteur du coup d'État qui aboutit à l'élimination des Soga, accusés à mots couverts d'avoir envisagé une usurpation. Cependant, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/tenji/#i_21925

TONG-HAK

  • Écrit par 
  • Ogg LI
  •  • 460 mots

Fondé en Corée au milieu du xix e  siècle par Tchö Dje-u (1824-1864), le mouvement appelé Tong-hak (doctrine orientale) entendait susciter un renouveau religieux et social en réaction contre les idées occidentales que l'on désignait alors sous le nom de sǒ-hak (doctrine occidentale). Il reposait, selon le fondateur lui-même, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/tong-hak/#i_21925

Voir aussi

CHINOIS langue    LITTÉRATURE CHINOISE    CH'OE    HISTOIRE DE CH'UNHYANG    CINÉMA CORÉEN    HAN    SYSTÈME IDU    IMPRIMERIE EN CORÉE histoire    KIM    KIM    ROYAUME DE KORYŎ    PAK    PAK KYUSU    SILLA ou SHILLA    SIM CH'ŎNG HISTOIRE DE    SIN SOSŎL littérature coréenne    YI    YI HANGNO    YI    YI

Pour citer l’article

Marc ORANGE, Martine PROST, Ogg LI, « CORÉE - Littérature », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 juillet 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/coree-litterature/