LAGARDE CHRISTINE (1956- )

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Présidente du Fonds monétaire international (FMI) de 2011 à 2019 et de la Banque centrale européenne (BCE) depuis le 1er novembre 2019, Christine Lagarde est une avocate d’affaires et femme politique entrée relativement tard dans le monde des hauts responsables de l’économie mondiale.

Christine Lagarde

Photographie : Christine Lagarde

Le 4 septembre 2019, Christine Lagarde est auditionnée par la Commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen. Après avoir occupé le poste de directrice générale du Fonds monétaire international de 2011 à 2019, elle s'apprête à prendre ses fonctions de... 

Crédits : Thierry Monasse/ Getty Images

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Née le 1er janvier 1956 à Paris, Christine Lallouette passe ses premières années au Havre où ses parents sont enseignants. Le baccalauréat en poche, elle part pour Aix-en-Provence où elle suit les cours de l’Institut d’études politiques en vue de préparer le concours d’entrée à l’École nationale d’administration. Ne le réussissant pas, elle se tourne vers le droit… et vers les États-Unis, où elle effectue plusieurs stages, notamment dans l’équipe d’un représentant républicain de l’État du Maine. En 1981 s’achèvent ces années de formation. Elle s’inscrit au barreau de Paris et rejoint le bureau parisien de Baker McKenzie, un important cabinet d’avocats américain. Elle y fait une carrière brillante qui lui permet d’intégrer en 1995 son comité exécutif puis d’accéder en 1999 à sa présidence.

Désormais installée à Chicago, elle rencontre le Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin lors d’une des visites de ce dernier aux États-Unis. Impressionné par son parcours, il la nomme au Conseil stratégique de l’attractivité de la France, puis la recommande en mai 2005 à son successeur, Dominique de Villepin, qui constitue alors un nouveau gouvernement. La légende veut que Dominique de Villepin lui ait téléphoné pour lui proposer le poste de ministre délégué au Commerce extérieur en lui indiquant qu’il lui laissait le temps de réfléchir, mais qu’il voulait une réponse nette et définitive avant la fin de son appel. La réponse fut « oui », et c’est ainsi que Christine Lagarde serait entrée pour la première fois au gouvernement.

Alors inconnue du grand public, elle se fait immédiatement remarquer. Ses débuts sont en effet fracassants. Deux jours après sa nomination, interrogée sur la compétitivité de l’économie française, elle n’hésite pas affirmer qu’il est urgent de réformer le Code du travail français, qui est, selon elle, « compliqué, lourd » et qui « constitue un frein à l’embauche ». Ces déclarations provoquent un tollé, obligeant Dominique de Villepin à la démentir. Publiquement sermonnée par le Premier ministre, Christine Lagarde retient la leçon. Elle comprend vite les règles du jeu du monde politique, avance dès lors plus discrètement et rebondit de poste en poste selon une trajectoire que peu de gens auraient pu anticiper en juin 2005.

Après l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République en 2007, elle est nommée ministre de l’Agriculture et de la Pêche. Christine Lagarde n’occupe ce poste qu’un mois, car le jeu de chaises musicales qui suit les élections législatives de juin 2007 la propulse à Bercy en tant que ministre de l’Économie, des Finances et de l’Emploi. Elle est sous les feux de la rampe pendant la crise financière de 2008-2009, au point que les ministres, interrogés par un hebdomadaire de référence, la désignent en décembre 2009 comme le meilleur ministre de l’année ; derrière le titre un peu trivial de l’article – « Christine Lagarde est-elle potiche ou fortiche ? » – il y a la reconnaissance d’un réel talent : Christine Lagarde sait faire preuve d’habileté sans duplicité.

Ce profil en fait une postulante possible au poste de directeur général du Fonds monétaire international (FMI) quand Dominique Strauss-Kahn, le directeur en titre, est obligé de démissionner le 19 mai 2011 en raison de son inculpation dans l’affaire du Sofitel de New York. Sa candidature n’est toutefois pas sans susciter certaines contestations. En effet, le poste revient traditionnellement à un économiste de formation et Christine Lagarde admet sans difficulté que son passage à Bercy n’a pas fait d’elle une économiste au sens académique du terme. En outre, certains font valoir que la dette publique de la France est passée de 65 à 88 p. 100 du PIB lors de son mandat de ministre, même si la récession de 2009 explique largement cette évolution. L’objection majeure porte sur le rôle [...]

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Pour citer l’article

Jean-Marc DANIEL, « LAGARDE CHRISTINE (1956- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 octobre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/christine-lagarde/