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FRANCE L'année politique 2014

En France, l’année 2014 est riche en événements politiques : changement de Premier ministre, plusieurs remaniements gouvernementaux, trois élections contribuent à recomposer le paysage politique, tandis que les principaux partis changent de dirigeants. Les tensions s’attisent dans le pays, sur fond de morosité économique et d’évolution inquiétante de la scène internationale. L’année met également en avant de profondes fractures dans la société française sur la question des valeurs et des conceptions du monde, fractures qui vont bien au-delà des clivages traditionnels et ne les épousent pas nécessairement.

Une politique économique hésitante

En 2 014, les indicateurs de l’économie française sont aussi inquiétants qu’en 2013. La croissance annuelle est estimée à 0,4 p. 100 tout au plus en fin d’année (0,3 p. 100 en 2013). Le chômage touche 3,48 millions de personnes, soit une augmentation de 5,8 p. 100 en un an. Les personnes âgées de cinquante ans et plus sont particulièrement concernées (augmentation de 11,1 p. 100, après 11,5 p. 100 de 2013), ainsi que les hommes de manière générale (croissance de 6,8 p. 100). L’augmentation du chômage des moins de vingt-cinq ans est contenue (1,1 p. 100), en raison de dispositifs d’aide à l’emploi (notamment les emplois d’avenir), toutefois fort onéreux en matière budgétaire. Quant au nombre des chômeurs de longue durée (sans emploi depuis plus d’un an), il augmente de plus de 9 p. 100 (14,6 p. 100 en 2013). 44 000 entreprises ont fermé en 2013, sans doute 61 500 en 2014. Les investissements, après un net repli en 2012 et en 2013 (malgré un léger rebond au dernier trimestre de 2013), ont sans doute stagné en 2014 et devraient diminuer encore en 2015. En six ans, la production industrielle a baissé de près de 16 p. 100 ; en dix ans, l’ensemble de la production a chuté de 10 p. 100 (alors qu’elle augmentait de 12 p. 100 en Allemagne pendant la même période). Selon les chiffres de la fin de l’année, la consommation des ménages reste atone en 2014 (après une croissance très mesurée en 2013 : 1 p. 100). Les exportations sont inférieures aux prévisions et toujours très dépendantes de grands contrats. Malgré de grands groupes internationaux puissants, des start-up qui figurent parmi les plus dynamiques d’Europe et une bonne attractivité du pays pour les entreprises étrangères, la part de la France dans le commerce mondial est en baisse, notamment parce que ses P.M.E. exportent trop peu. D’une manière générale, certains des maux structurels de la France en matière industrielle ne semblent pas encore avoir été résolus : faible renouvellement des équipements, robotisation insuffisante (33 000 robots industriels en 2013, contre 56 000 en Italie et 165 800 en Allemagne, selon Le Monde du 28 janvier 2014), utilisation imparfaite des équipements… À quoi s’ajoutent des problèmes de structure économique : trop peu d’entreprises de taille intermédiaire – fers de lance de l’exportation en Allemagne et en Italie –, trop faible rentabilité (excédent brut d’exploitation rapporté à la valeur ajoutée). Le montant de l’investissement des entreprises dans la recherche est inférieur à celui de la plupart des concurrents de la France. Certaines études montrent que le secteur des services commence à donner des signes d’essoufflement et qu’il compense de moins en moins la destruction des emplois dans l’industrie et la construction. Quant au commerce lui-même, son solde de création d’emplois devient lui aussi négatif.

En 2014, la situation des finances publiques reste préoccupante, malgré le plan lancé par le chef de l’État pour diminuer les dépenses tout en stoppant l’augmentation des prélèvements obligatoires. La dette publique continue d’augmenter, même si c’est à un rythme moindre qu’en 2013. On l’estime à 95,3 p. 100 du P.I.B. à la fin de 2014[...]

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Écrit par

  • : président du Centre d'étude et de réflexion pour l'action politique, enseignant à Sciences Po, Paris

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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