TAUBIRA CHRISTIANE (1952- )

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L’entrée au gouvernement

Au cours de la primaire socialiste pour l’élection présidentielle de 2012, Christiane Taubira s’engage dans un premier temps en faveur d’Arnaud Montebourg qui représente la gauche du parti – comme lui, elle avait voté non au référendum sur le Traité constitutionnel européen en 2005 –, avant de soutenir François Hollande au second tour, puis de figurer dans son équipe de campagne. Dès sa nomination au ministère de la Justice en mai 2012, elle est attaquée très durement par l’opposition. Mais c’est au cours des débats sur son projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe, à partir du mois de novembre, que Christiane Taubira devient la cible d’injures racistes et sexistes venues des franges les plus radicalisées de l’opinion, mobilisées contre la réforme, et de la presse d’extrême droite.

Elle est proche des députés « frondeurs » et des ministres qui contestent – jusqu’à leur éviction du gouvernement à l’été 2014 –, la ligne défendue par le président de la République et le Premier ministre. En 2013, elle ne parvient d’ailleurs pas à empêcher le ministre de l’Intérieur d’alors, Manuel Valls, de vider de sa substance la réforme pénale qu’elle défend, et que celui-ci trouve trop laxiste. Si les milieux spécialisés jugent son bilan en tant que garde des Sceaux plutôt maigre, la stature acquise par Christiane Taubira et son rôle de « marqueur de gauche » au sein de l’équipe gouvernementale lui confèrent un poids politique considérable.

Cependant, après les attentats terroristes de novembre 2015 à Paris, elle s’oppose au projet de constitutionnalisation de la déchéance de nationalité pour les binationaux reconnus coupables d’actes de terrorisme. Elle finit par démissionner du gouvernement Valls le 27 janvier 2016.

Alors que, pour l’élection présidentielle de 2017, elle s’était engagée au côté du candidat socialiste Benoît Hamon, en 2022, elle participe à la primaire populaire qui vise à la désignation d’un candidat unique de la gauche pour le scrutin présidentiel d’avril. Arrivée en tête de cette consultation le 30 janvier 2022, elle ne parvient pas à réunir les cinq cents signatures de parrainage nécessaires et se retire de la course à la présidence.

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Blaise MAGNIN, « TAUBIRA CHRISTIANE (1952- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/christiane-taubira/