CARLSTADT ANDREAS RUDOLF BODENSTEIN dit ANDREAS (1480 env.-1541)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Née des querelles d'interprétation que la traduction des textes sacrés avait suscitées, la doctrine de Carlstadt traduit surtout la volonté d'indépendance qui se manifeste au début du xvie siècle, en Allemagne, contre le formalisme et l'intransigeance du parti luthérien. Bien qu'il restât attaché au respect de l'ordre, ne prenant parti ni pour les iconoclastes ni pour Thomas Münzer, qu'il fréquenta cependant, il s'approcha souvent des positions anabaptistes et défendit, comme Hans Denck, l'absolue priorité de la foi sur la lettre.

Andreas Carlstadt, après de brillantes études de théologie et de philosophie aux universités d'Erfurt (1499) et de Cologne (1500), devient professeur de théologie à l'université de Wittemberg ; il obtient, en 1516, son diplôme de docteur en droit à Sienne. De retour à Wittemberg, il prend parti pour Luther, attaque Rome et commente la Bible, dont il devient un exégète écouté. Pourtant, vers 1520, sa forte personnalité et un certain scepticisme né de la fréquentation assidue des Écritures l'opposent à l'autoritarisme de Luther, qui supporte mal que le sentiment religieux, identifié à la générosité des élans du cœur, l'emporte sur l'interprétation dogmatique des textes sacrés.

En 1522, Carlstadt se prononce contre l'usage des images et rencontre Thomas Münzer, dont le messianisme révolutionnaire le séduit et l'effraie tout à la fois. Chassé de Wittemberg, il se réfugie à Orlamünde, où il prend position contre la nécessité du baptême et de la communion. Luther, mal reçu à Orlamünde, intrigue auprès des puissants et oblige Carlstadt à se retirer en Allemagne du Sud, puis en Suisse, où celui-ci trouve parmi les partisans de Zwingli un appui contre le maître de Wittemberg. En 1524, il publie à Bâle une brochure sur la communion. Il y soutient que les paroles du Christ : « Ceci est mon corps et ceci [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages





Écrit par :

Classification


Autres références

«  CARLSTADT ANDREAS RUDOLF BODENSTEIN dit ANDREAS (1480 env.-1541)  » est également traité dans :

LUTHER MARTIN (1483-1546)

  • Écrit par 
  • Martin BRECHT, 
  • Pierre BÜHLER
  •  • 11 930 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « La mise en œuvre du programme de la Réforme »  : […] À son retour de Worms, Luther fut mis en sûreté par l'Électeur Frédéric pour dix mois à la Wartburg, près d'Eisenach. Dans cette retraite, il écrivit divers ouvrages de polémique, notamment sa réponse à la condamnation qu'à son tour la Sorbonne avait prononcée contre lui et une réfutation de l'obligation de se confesser, la confession étant cependant maintenue, mais laissée à la liberté du croyan […] Lire la suite

Pour citer l’article

Raoul VANEIGEM, « CARLSTADT ANDREAS RUDOLF BODENSTEIN dit ANDREAS (1480 env.-1541) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 février 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/carlstadt-andreas-rudolf-bodenstein-dit-andreas/