BULBES, botanique

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En morphologie végétale, l'exemple d'un bulbe typique est fourni par l'oignon qui, coupé en long, montre une tige très courte ou plateau, avec son bourgeon terminal, des feuilles dont il ne reste que les bases ou tuniques du bulbe et des racines adventives. Les tuniques sont emboîtées les unes dans les autres : les plus externes sont blanches, charnues et garnies de réserves. C'est du moins ce qui s'observe à la fin de la première année de cette plante bisannuelle : l'oignon, planté en terre au printemps de la deuxième année, donne par son bourgeon une pousse florifère où les réserves migrent ; après montée en graines, la plante meurt. Certaines variétés redonnent une plante feuillée au printemps et sont trisannuelles et même vivaces. Chez l'ail, espèce du genre allium comme l'oignon, le bulbe (la « tête ») renferme de nombreux bourgeons axillaires produits par multiplication spontanée, les bulbilles (les « gousses ») dont chacun peut redonner un plant qui en produit d'autres et meurt l'été suivant. La structure d'un bulbe de tulipe est très similaire à celle de l'oignon, mais la plante est dans ce cas vivace et se renouvelle chaque année aux dépens du bourgeon axillaire né de la dernière tunique formée par la plante fleurie de l'année précédente. Les jacinthes et les lis, de la même famille (liliacées) qu'oignons et tulipes, sont également vivaces, mais leurs bulbes, au lieu de tuniques fermées sur elles-mêmes, ont des écailles qui s'insèrent par leurs bases sur un plateau formé par l'ensemble des bases des tiges annuelles successives. La plante fleurit en épuisant les réserves des écailles : les bulbes mis à fleurir sur carafes d'eau meurent après floraison ; placés en terre, ils se perpétuent. Il est à noter que le « bulbe » du safran, ou crocus, est en réalité un rhizome court et vertical.

Enraison de leurs applications horticoles, des recherches modernes ont élucidé la biologie des plantes bulbeuses, surtout de leur floraison. Sur l'une des nombreuses variétés de tulipes étudiées en phytotrons (école de Blaauw en Hollande), l'oignon, c'est-à-dire le bulbe à proprement parler, qui avait été mis en terre se trouve détruit après la floraison et le nouveau bulbe qu'on en retire peut donner feuilles et inflorescence, mais dans des conditions de température bien réglées. En serres, la formation des ébauches de fleurs exige d'abord une température chaude bien définie pendant trois semaines ; ensuite, l'allongement de l'axe floral demande treize semaines de froid et la première feuille commence alors à sortir du bulbe ; enfin, des températures progressivement remontées permettent, en six semaines environ, la poussée et l'épanouissement des fleurs. Le résultat pratique obtenu artificiellement présente un intérêt économique évident : des bulbes prêts à fleurir peuvent être vendus, en toutes saisons, environ quatre mois après avoir été récoltés, alors que dans la nature la même succession de température se réalise de l'été au printemps suivant, ce qui porte le délai de floraison à un an (thermopériodisme à rythme annuel). Le rôle de la lumière sur le développement des plantes bulbeuses a également été étudié. On sait que les bulbes de jacinthe et de narcisse peuvent donner des inflorescences même dans l'obscurité totale. Si l'on poursuit la croissance en absence de lumière (jacinthes ou tulipes), le bulbe développe, au lieu d'une tige, une ou deux feuilles pouvant atteindre deux mètres, cas singulier d'étiolement.

Du point de vue pratique, on distingue les plantes bulbeuses à floraison printanière, plantées en automne (jacinthes de Hollande, lis, narcisses, tulipes), et celles qui fleurissent en été ou en automne et que l'on plante au jardin au cours du printemps (lis tigré, jacinthes du Cap, montbretia).

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Pour citer l’article

Jacques DAUTA, « BULBES, botanique », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 07 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/bulbes-botanique/