BOETTICHER BUDD (1916-2001)

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Né le 29 juillet 1916 à Chicago, dans l'Illinois, Oscar Boetticher Jr. poursuit ses études à l'université de l'Ohio avant d'entreprendre une carrière de joueur de football américain. Au milieu des années 1930, alors qu'il est en convalescence au Mexique, il se découvre une telle passion pour la tauromachie qu'il l'étudie avec le torero Lorenzo Garcia, avant de devenir à son tour torero professionnel. Sa connaissance du milieu taurin lui vaut d'être engagé comme conseiller technique sur Blood and Sand (Arènes sanglantes) de Rouben Mamoulian (1941). Il travaille ensuite comme coursier au Hal Roach Studios, puis au titre d'assistant réalisateur, voire de coréalisateur, sur une demi-douzaine de productions à la Columbia.

En 1944, Oscar Boetticher passe à la réalisation, en assurant la direction d'une dizaine de films de série B, pour la Columbia, puis pour Eagle-Lion, Monogram et Republic. Le dernier, The Bullfighter and the Lady (La Dame et le toréador, 1951), signé cette fois Budd Boetticher, lui permet de passer chez Universal. En trois ans, il dirige onze films de série B d'action, tout aussi impersonnels que les précédents, mais dont quelques-uns témoignent malgré tout d'un sens certain du rythme et d'un goût pour l'ellipse. Après un autre film sur la tauromachie, The Magnificent Matador (Le Brave et la belle, 1955), il réalise un thriller nerveux et violent, The Killer is Loose (Le tueur s'est évadé, 1956), qui attire l'attention sur lui. John Wayne lui confie alors la mise en scène de Seven Men from Now (Sept Hommes à abattre, ibid.), dont il est le producteur, et qu'interprète Randolph Scott.

En trois ans, les deux hommes vont tourner ensemble sept westerns, produits pour la plupart par Harry Joe Brown, l'associé de Randolph Scott, et dans lesquels l'acteur tient le rôle d'un cavalier solitaire, au visage marmoréen, animé par un désir de vengeance ou par la volonté de mener à bien une mission. Si deux d'entre eux souffrent d'un mauvais scénario ou de dialogues trop abondants tandis qu'un troisième, Buchanan Rides Alone (L'Aventurier du Texas, 1958), se caractérise par son ton vaudevillesque, les quatre autres – Seven Men from Now, The Tall T (L'Homme de l'Arizona, 1957), Ride Lonesome (La Chevauchée de la vengeance, 1959) et Comanche Station (1960) –, tous écrits par Burt Kennedy, sont des œuvres au final amer, à la mise en scène dépouillée, qui, sans effets grandiloquents, atteignent au tragique.

Budd Boetticher réalise ensuite un film de gangsters, The Rise and Fall of Legs Diamond (La Chute d'un caïd, 1960), remarquable par sa recréation de l'atmosphère des années 1920. Mais alors que sa carrière est à un tournant, le metteur en scène refuse des propositions de film, et quitte femme et biens matériels pour s'atteler, pendant cinq ans, à un documentaire de long métrage sur le torero Carlos Arruza au Mexique, où il connaît mille vicissitudes. De retour aux États-Unis en 1967, il achève Arruza, puis écrit et réalise A Time for Dying (Qui tire le premier ?, 1969), un western d'un réalisme exceptionnel et d'une totale noirceur. La mort accidentelle de son producteur, l'acteur Audie Murphy, annule leurs autres projets. Boetticher signe encore le scénario de Two Mules for Sister Sarah (Sierra Torride) de Donald Siegel (1970) et, bien plus tard, un long-métrage documentaire, My Kingdom for (1985).

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  • : critique et historien de cinéma, professeur d'histoire du cinéma

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Pour citer l’article

Alain GAREL, « BOETTICHER BUDD - (1916-2001) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/budd-boetticher/