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DIDDLEY BO (1928-2008)

Né le 30 décembre 1928 à McComb, dans le Mississippi, le chanteur, auteur-compositeur et guitariste Bo Diddley (de son véritable nom Ellas McDaniel) est l'un des interprètes les plus influents des débuts du rock.

Élevé à Chicago par sa famille d'adoption, dont il prend le nom, McDaniel, il enregistre pour la légendaire maison de disques de blues Chess sous le nom de Bo Diddley (nom probablement dérivé du diddley bow, guitare primitive à une corde utilisée dans le Delta du Mississippi). Diddley a peu de disques à succès à son actif, mais il s'agit néanmoins de l'un des artistes de rock les plus importants, car il possède un rythme bien à lui : chink-a-chink-chink, ca-chink-chink. Ce rythme syncopé (également appelé « hambone » ou « shave-and-a-haircut-two-bits ») était apparu dans quelques charts de grands orchestres de rhythm and blues des années 1940, mais Diddley le rénove et l'étoffe. Il en fait, avec ses racines africaines évidentes, l'une des musiques de danse irrésistibles du rock and roll. D'autres se l'approprieront, des rockeurs des années 1950 (Johnny Otis dans Willie and the Hand Jive, 1958), des groupes de rock « garage » des années 1960 (les Strangeloves avec I Want Candy, 1965) ou des superstars naissantes (la version des Rolling Stones de Buddy HollyNot Fade Away, 1964, influencée par Diddley). Malgré tout, Diddley ne figurera que cinq fois au hit-parade du pop et qu'une seule fois au Top 20 (même si le 45-tours de ses débuts, Bo Diddley, 1955, avec « I'm a Man » sur l'autre face, a été en tête du classement rhythm and blues).

Après avoir joué pendant plusieurs années sur la légendaire Maxwell Street de Chicago, Diddley signe avec la filiale de Chess, Checker, en 1955. Les paroles de ses chansons sont dominées par des conversations de rue afro-américaines, des images inspirées du blues et un humour paillard (Who Do You Love, 1957). Il utilise des effets de trémolo et de feed-back pour créer un son de guitare que seul Jimi Hendrix développera. Ses spectacles scéniques – avec sa demi-sœur la Duchess (chant et guitare) et Jerome Green (basse et maracas) – sont d'un certain mauvais goût. Diddley, certainement influencé par la façon de s'habiller des groupes de la British Invasion comme les Rolling Stones, porte généralement un énorme Stetson noir et des chemises criardes. Sa guitare de forme étrange renforce son allure surprenante.

Dans les années 1960, il enregistre, avec autant d'aplomb, dans tous les genres, de la musique « surf » au blues. Il donne en 1962 le sublime You Can't Judge a Book by the Cover et la British Invasion le remet en vedette assez longtemps pour produire un succès mineur en 1967, Ooh Baby. Il ne mâche pas ses mots pour déplorer la façon dont les musiciens noirs sont payés ; il ne fera plus que quelques tournées sporadiques après les années 1970.

Bo Diddley meurt le 2 juin 2008 à Archer (Floride).

— John MORTHLAND

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Pour citer cet article

John MORTHLAND. DIDDLEY BO (1928-2008) [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 10/02/2009

Autres références

  • PRODUCTEUR DE MUSIQUE

    • Écrit par
    • 7 263 mots
    • 3 médias
    ... et quantité d’autres artistes, d’Etta James à Terry Callier. Les plus grandes innovations des frères Chess restent toutefois la production de Bo Diddley, dont la rythmique inégalée pose les bases à la fois du rock and roll et du hip-hop, et la sortie des grands classiques de Chuck Berry....