WHO THE

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Groupe de rock britannique pionnier de l'opéra rock, The Who figure parmi les plus influents des années 1960 et 1970.

En 1962, Pete Townshend (Peter Dennis Blandford Townshend, né à Chiswick, Londres, le 19 mai 1945, guitare et voix) et John Entwistle (John Alee Entwistle, né à Chiswick, le 9 octobre 1944, mort à Las Vegas, le 27 juin 2002, guitare basse) rejoignent Roger Daltrey (Roger Harry Daltrey, né à Hammersmith, Londres, le 1er mars 1944, voix), au sein de son groupe, The Detours. Après l'arrivée du batteur Doug Sandom, ils deviennent tour à tour les Who puis les High Numbers. Keith Moon (Keith John Moon, né à Wembley, Londres, le 23 août 1947, mort à Londres, le 7 août 1978) remplace Sandom au début de l'année 1964 et le groupe sort peu après I'm the Face, un titre sciemment « mod » (pour modernist) qui reste inaperçu. Le groupe reprend le nom de Who à la fin de cette même année. Le quatuor de l'ouest londonien cultive une image « pop art » qui reflète l'obsession de la mode du mouvement « mod ». Son style de musique est alors proche du rhythm and blues prisé par les jeunes de ce mouvement. Plus tard, Townshend reconnaîtra que les vêtements portant le motif du drapeau britannique, les costumes élégants, les bottes pointues et les coupes de cheveux courtes étaient un pur artifice, mais ces accessoires ont bien joué leur rôle puisqu'ils ont assuré au groupe le soutien inconditionnel d'un noyau dur de fans. La mode n'est cependant qu'un point de départ pour les Who : à la fin des années 1960, le mouvement « mod » est dépassé et le groupe n'a plus besoin depuis longtemps de se donner une identité en adoptant l'uniforme de quelque mouvement que ce soit.

Si les Who trouvent d'abord leur source d'inspiration dans le rhythm and blues américain, ils ont ensuite, au fil des années 1960, l'audace de définir un style de rock résolument britannique. Loin du sentimentalisme naïf des Beatles et de l'arrogance des Rolling Stones, les chansons des Who sont sans prétention et parlent de manière très directe des maux de la jeunesse. Alors que le rock tisse un lien entre les jeunes du monde entier, les Who font figure d'intrus solitaires et amers.

Les premiers titres du groupe parlent d'aliénation, d'incertitudes et de frustration. Les paroles, très dures, sont assenées comme des coups de poing. Avec sa guitare, Townshend (également compositeur) produit des accords puissants et sauvages, ainsi que des effets Larsen discordants. Moon (à la batterie) et Entwistle (à la basse) s'agitent frénétiquement tandis que s'impose la force virile de Daltrey (chanteur). Les quatre titres que sortent les Who entre janvier 1965 et mars 1966 – I Can't Explain, Anyway, Anyhow, Anywhere, My Generation et Substitute – sont interprétés avec une rage sans précédent qui s'exprime à travers une sorte d'agression sonore trop longtemps comprimée, un parti pris artistique que ne dément pas, voire accentue, la manie de Townshend de briser sa guitare sur scène au plus fort des concerts. Tandis que les autres groupes évoluent vers un idéalisme « peace and love », les Who chantent le désir non partagé (Pictures of Lily), les pressions exercées par l'entourage (Happy Jack), les insectes qui donnent la chair de poule (Boris the Spider, d'Entwistle) et le flou de l'identité sexuelle (I'm a Boy). En faisant voler en éclats leurs instruments l'un après l'autre, les Who affirment prôner la rage et la violence comme instruments d'une catharsis par le rock.

Jusqu'à la sortie, en 1967, de l'album The Who Sell Out, album-concept au ton sarcastique sous la forme d'une émission de radio pirate, les Who se font plutôt connaître par leurs 45-tours. Ces derniers rencontrent d'ailleurs davantage de succès en Grande-Bretagne (avec huit titres classés parmi les dix meilleures ventes de disques du moment entre 1965 et 1967) qu'aux États-Unis (I Can See for Miles, sorti en 1967, est la seule chanson du groupe classée parmi les dix premières du hit-parade Billboard). C'est l'opéra rock Tommy, en 1969 – et un concert mémorable à Woodstock cet été-là – qui fait accéder les Who au rang de stars mondiales du rock. On reconnaît alors en Townshend l'un des compositeurs les plus intelligents et les plus talentueux du monde du rock.

Les Who co [...]

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Écrit par :

  • : directeur de la rédaction de la radio M.J.I. Broadcasting, New York, éditeur

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ENTWISTLE JOHN (1944-2002)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 156 mots

Bassiste rock anglais. À la sortie de son enfance londonienne, John Entwhistle s'initie au piano et au cor anglais. Après diverses participations à de jeunes orchestres, il est cofondateur, au début des années 1960, de la formation des Who, avec Pete Townshend, Roger Daltrey et Keith Moon. Ce groupe s'adonne à un rhythm'n'blues frénétique, où Entwhistle casse beaucoup de cordes à sa contrebasse. […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Ira A ROBBINS, « WHO THE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/the-who/