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BÉNÉDICTINS

Sous le nom générique de Bénédictins (O.S.B., Ordo Sancti Benedicti, ordre de saint Benoît), on désigne les moines cénobites chrétiens, membres des nombreuses familles religieuses qui, au cours des siècles, ont pris pour loi fondamentale la règle de saint Benoît, composée au vie siècle.

En 2005, on dénombrait dans le monde environ 8 000 moines bénédictins répartis dans 435 monastères ou prieurés formant 21 congrégations, 16 000 moniales et sœurs dans 840 abbayes ou maisons formant 61 congrégations. À l'époque de son plus grand développement, vers la fin du xiie siècle, l'ordre bénédictin posséda tellement de maisons qu'aucun catalogue complet n'a pu en être dressé : on estime qu'il y eut en France environ 2 000  abbayes et 20 000 prieurés, et qu'en Europe le nombre des monastères, petits et grands, dépassa 100 000.

Trait caractéristique, l'autonomie des monastères a permis aux Bénédictins de s'adapter aux situations les plus diverses. Leur influence a été considérable et s'est étendue aux domaines religieux, culturel, artistique, politique et social.

La règle de saint Benoît

La Règle de saint Benoît se présente sous la forme d'un petit livre divisé en 73 chapitres, précédés d'un prologue. Certains de ces chapitres n'ont que quelques lignes, les plus longs ne dépassent pas quelques pages. Le style n'est pas celui d'un code législatif moderne, conseils spirituels et directives pratiques y sont entremêlés. Le plan n'est pas rigoureux, bien qu'on puisse reconnaître un certain ordre : le prologue et les sept premiers chapitres donnent les grands principes de la vie et de la spiritualité monastiques ; les chapitres 8 à 20 traitent de la prière, surtout de la grande prière liturgique ; les chapitres 21 à 57 décrivent concrètement la vie journalière dans le monastère et prévoient les peines qui sanctionnent les manquements ; les chapitres 58 à 61 expliquent la manière de recevoir les novices et d'éprouver leur vocation avant qu'ils ne prononcent leurs vœux ; les chapitres 62 à 72 insistent sur la discipline nécessaire à la bonne marche de la communauté ; enfin le chapitre 73 et dernier invite les moines à approfondir l'Écriture et les écrits des Saints Pères en leur promettant que, s'ils suivent « cette toute petite règle, écrite pour des débutants », ils parviendront aux plus hautes cimes de la doctrine et des vertus. La règle répond au but de son auteur qui voulait instituer « une école de service du Seigneur ». Elle partage la vie du moine entre la prière, le travail manuel et la lectio divina (étude attentive et méditation des textes de la Bible et des commentaires patristiques). À la prière liturgique la règle accorde la première place, ce qui devint une caractéristique de l'ordre bénédictin. Le travail manuel, d'abord jardinage et artisanat, devint copie de manuscrits et travail intellectuel, celui-ci s'étant avéré indispensable pour la lectio divina ; mais le travail proprement manuel ne disparut jamais complètement et il est périodiquement remis en honneur.

La règle organise la communauté. Après un noviciat d'un an, le moine prend un engagement, entouré de toutes les formalités que le droit romain prévoit pour la conclusion des contrats. La profession est une consécration au service de Dieu en même temps qu'un contrat bilatéral, passé entre la communauté et un profès qui se lie définitivement à son monastère par le vœu de stabilité.

Composé de personnes lui appartenant irrévocablement, le monastère est une famille, gouvernée par un abbé, père de ses moines comme son nom l'indique (syriaque abba, qui signifie père). L'abbé est élu à vie par les moines. Il est assisté habituellement dans l'exercice du gouvernement par un conseil de quelques moines ;[...]

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Écrit par

  • : moine bénédictin, directeur d'études à l'École pratique des hautes études (IVe section)

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • ABBAYE

    • Écrit par Pierre-Roger GAUSSIN
    • 4 563 mots
    • 3 médias
    Pour faire connaissance avec une abbaye de la grande époque monastique, qui est incontestablement le Moyen Âge, un bon exemple est celui de l'abbaye bénédictine de la Chaise-Dieu (Casa Dei, « La maison de Dieu ») en Auvergne. Elle avait été établie, de 1043 à 1050, sur le plateau du Livradois, par...
  • ABBAYES DE CLUNY - (repères chronologiques)

    • Écrit par Christophe MOREAU
    • 324 mots

    909-910 L'abbaye de Cluny est fondée par le duc d'Aquitaine Guillaume III le Pieux sur l'un de ses domaines en Bourgogne. Elle fut placée sous la protection directe du pape.

    910-927 Abbatiat de Bernon, le fondateur de l'ordre. Il lance alors le chantier de l'abbaye....

  • ABBON DE FLEURY saint (945-1004)

    • Écrit par Jean-Pierre BORDIER
    • 323 mots

    Né dans l'Orléanais, Abbon, encore enfant, est offert par ses parents au monastère bénédictin de Fleury (aujourd'hui Saint-Benoît-sur-Loire) où il vient enseigner après avoir étudié à Paris et à Reims. Appelé à diriger l'école abbatiale de Ramsay (Yorkshire), il revient à Fleury pour en être bientôt...

  • BAKER AUGUSTINE DAVID (1575-1641)

    • Écrit par Jean-Robert ARMOGATHE
    • 281 mots

    Après des études à Oxford et à Londres, Augustine Baker devint greffier de justice ; converti au catholicisme en 1603 (il prit le prénom de David pour sa confirmation), il reçut l'habit bénédictin à Padoue (1605) et fit profession (1607) dans la petite congrégation bénédictine qui était en train de...

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Voir aussi