ASCENSION DE JÉSUS

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Ultime apparition de Jésus relatée par les Actes des Apôtres (i, 9-11), l'Ascension désigne le moment où le Christ est « enlevé » au ciel le quarantième jour après sa résurrection. Les Actes rapportent que ce même jour, en présence des apôtres réunis sur le mont des Oliviers, Jésus s'éleva vers le ciel et disparut entouré d'une « nuée », expression biblique fréquente qui symbolise la présence de Dieu.

L'épisode de l'Ascension est également rapporté dans d'autres livres du Nouveau Testament, mais avec une emphase et une précision différentes. L'évangéliste Marc est le plus laconique sur l'événement (Marc xvi, 19), tandis que Matthieu place la dernière apparition de Jésus en Galilée (Matth. xxviii, 16). Dans l'Évangile de Jean, la glorification décrite par le récit de l'Ascension semble se produire immédiatement après la résurrection (Jean xx, 1-17). L'Évangéliste Luc, rédacteur présumé des Actes, utilise une imagerie similaire à celle des Actes des Apôtres, mais ne fait pas mention d'une période de quarante jours (Luc, xxiv, 50).

La signification chrétienne de l'Ascension saisit tout à la fois la croyance en la glorification, l'exaltation et la résurrection de Jésus après sa mort, ainsi que le thème du retour vers son Père. Ainsi, l'Évangile de Jean n'indique pas seulement un simple passage de la Terre au Ciel, mais il reprend les paroles de Jésus et ses apparitions après résurrection pour manifester le lien direct établi entre le Fils et le Père, et une nouvelle relation entre Jésus et ses disciples.

L'Ascension du Christ est également mentionnée dans le Symbole des Apôtres, profession de foi en usage dans les premiers temps de l'ère chrétienne. À l'égal de Noël, Pâques et la Pentecôte, la fête de l'Ascension compte parmi les fêtes célébrées dans toutes les Églises chrétiennes. Elle est célébrée quarante jours après Pâques dans les Églises d'Orient et d'Occident depuis le ive siècle. Avant cette époque, elle était commémorée à l'occasion de la Pentecôte, qui célèbre la venue du Saint-Esprit.

Dans la liturgie occidentale, la messe de l'Ascension est marquée par l'extinction, après la lecture de l'Évangile, du cierge pascal allumé le jour de Pâques. Ce geste symbolise le retrait du Christ de la Terre ; il exprime une séparation et pourrait dénoter une certaine tristesse. Pourtant, toute la liturgie du temps de dix jours qui sépare l'Ascension de la Pentecôte est marquée par la joie du triomphe final du Christ ressuscité. Le thème du Christ-Roi se trouve ainsi au cœur de la fête de l'Ascension. Sur le plan de l'interprétation théologique, l'Ascension est le dernier acte de rédemption du Christ, une montée vers le Père annonçant pour tous ses fidèles une participation à la divinité.

Dans le monde chrétien d'Europe, la fascination populaire pour les représentations visuelles et théâtrales a fait de l'Ascension un motif de prédilection dans nombre de manifestations rituelles, notamment dans les mystères médiévaux. Les processions de la période de Pâque imitaient aussi le chemin que Jésus avait effectué avec ses apôtres jusqu'au mont des Oliviers. Parfois, un crucifix ou une statue du Christ ressuscité étaient élevés par une ouverture ménagée dans le toit de l'église.

L'Ascension est un thème central de l'iconographie chrétienne, qui remonte au ve siècle. Une première représentation de l'Ascension, qui perdurera jusqu'au xie siècle dans le monde occidental, figure une silhouette du Christ de profil qui gravit le mont des Oliviers et saisit la main de Dieu, surgie d'un nuage pour l'élever au Ciel. Les apôtres, rassemblés au pied de la colline, observent la scène.

Au vie siècle, une nouvelle représentation de l'Ascension apparaît en Syrie, qui sera par la suite adoptée dans l'art byzantin. Mettant l'accent sur la divinité ou royauté du Christ, elle présente celui-ci « en majesté » : de face, debout et immobile, entouré d'une mandorle (auréole en forme d'amande), supporté par des anges qui le maintiennent dans les airs. Le Christ tient un livre dans la main gauche et bénit de la main droite. Détail insolite, deux figures récurrentes assistent à la scène : la Vierge Marie, pourtant absente des récits bibliques de l'Ascension, et saint Paul, dont la chronologie confirme l'absence. Ce type de représentation, inspiré du traitement iconographique de l'apothéose de l'empereur dans la tradition romaine, a été souvent largement utilisé dans la décoration monumentale des églises byzantines. Le monde occidental adopte également cette représentation frontale du Christ inséré dans une mandorle à partir du xie siècle, avec toutefois une accentuation de son humanité : celui-ci étendra ses mains de part et d'autre de ses flancs, montrant ses plaies. Cette version de l'Ascension est particulièrement fréquente dans la décoration des églises romanes françaises.

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Pour citer l’article

« ASCENSION DE JÉSUS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/ascension-de-jesus/