ARISTOTÉLISME

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

L'esthétique

Aristote s'est intéressé à deux arts qui avaient de l'importance dans la cité de son temps : la rhétorique (cf. La Rhétorique), et la poétique.

La rhétorique est à la politique ce que la dialectique est à la science, un auxiliaire indispensable. Il s'agit, dans la rhétorique, d'administrer des preuves devant un auditoire, qui est sujet aux passions humaines, et qui est toujours spécifique. C'est l'art de persuader.

La Poétique se borne à traiter de l'épopée, de la tragédie et de la comédie, mais c'est dans le deuxième livre, aujourd'hui perdu, qu'Aristote abordait la troisième. Toutes trois, selon lui, visent à « l'imitation » (mimèsis), qu'il faut entendre non comme une copie servile, mais, au contraire, comme la représentation d'un possible, plus pur que la réalité historique ou présente. La tragédie, en particulier, représente un malheur, qui suscite « terreur et pitié » chez le spectateur. Ces passions étaient réputées, chez les Grecs d'alors, comme dommageables à la tension courageuse que réclamait la vie de la cité. Il fallait donc s'en libérer par la catharsis ou purgation, qui chasse le semblable par le semblable.

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 4 pages

Écrit par :

  • : maître de recherche au C.N.R.S., responsable de l'E.R. fondements des sciences

Classification

Autres références

«  ARISTOTÉLISME  » est également traité dans :

ACTE, philosophie

  • Écrit par 
  • Paul GILBERT
  •  • 1 282 mots

Acte signifie « réalité vive, terminée ». Cette signification, féconde dans le domaine juridique, fait appel à une structure métaphysique venue de l'aristotélisme. Mais avant d'examiner cette source et la tradition qui en est née, il convient de distinguer, sans les séparer, l'acte et l'action. Bien qu'on ne mette pas spontanément de grandes différences entre ces deux termes, nous proposons cell […] Lire la suite

ALEXANDRE D'APHRODISE (fin IIe-déb. IIIe s.)

  • Écrit par 
  • Pierre HADOT
  •  • 403 mots

Philosophe péripatéticien grec, Alexandre d'Aphrodise, qui vécut sous le règne de Septime Sévère (193-211), commenta une très grande partie de l'œuvre d'Aristote. Plusieurs de ses commentaires sont perdus, notamment ceux qui concernent les Catégories , le Traité de l'interprétation , le deuxième livre des Premiers Analytiques , les Seconds Analytiques , la Physique , les traités Du ciel , De la g […] Lire la suite

ALEXANDRIE ÉCOLE PHILOSOPHIQUE D'

  • Écrit par 
  • Jean PÉPIN
  •  • 2 184 mots

Dans le chapitre « L'éclectisme du Ier siècle avant J.-C. »  : […] Peu avant l'ère chrétienne, les principaux courants de la pensée grecque se trouvent représentés à Alexandrie. Mais ils ne se maintiennent pas à l'état pur ; chacune des écoles s'est ouverte sur les autres et leur a emprunté des éléments qu'elle essaie d'incorporer à sa doctrine originelle. Cet éclectisme constituera un caractère important, commun à presque toutes les époques de la philosophie al […] Lire la suite

ANDRONICOS DE RHODES (Ier s.)

  • Écrit par 
  • Pierre HADOT
  •  • 187 mots

Philosophe aristotélicien, Andronicos de Rhodes a écrit un commentaire, maintenant perdu, sur les Catégories d'Aristote, dont on retrouve la trace dans le commentaire de Simplicius sur le même ouvrage ( Commentaria in Aristotelem Graeca , t. VIII, Berlin, 1907) et un traité Sur la division (méthode logique d'origine platonicienne), qui a servi de source au traité de Boèce De Divisione ( Patrolog […] Lire la suite

ARISTOTE

  • Écrit par 
  • Pierre AUBENQUE
  •  • 23 834 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « La postérité d'Aristote »  : […] L'école d'Aristote, le Lycée, ne connaîtra pas, après la mort d'Aristote, la fermentation intellectuelle qu'avait connue encore l'Académie après la mort de Platon. Sans doute parce que la pensée d'Aristote avait ouvert à la philosophie des territoires nouveaux, mais en était restée à la phase de l'exploration, les disciples (à l'exception peut-être du premier d'entre eux, Théophraste, mort en 285 […] Lire la suite

ARISTOTÉLISME MÉDIÉVAL

  • Écrit par 
  • Alain de LIBERA
  •  • 4 995 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Traductions, apocryphes et commentaires »  : […] Aristote a offert aux Latins un concept de la science et de la pratique scientifique entièrement nouveau . On n'aurait, cependant, garde d'oublier que la connaissance intégrale de son œuvre a été un phénomène tardif ; que la définition de son Corpus a fait place à nombre d'apocryphes ; que les données authentiques sont arrivées déjà enveloppées de commentaires généralement étrangers à l'esprit de […] Lire la suite

ARISTOXÈNE DE TARENTE (IVe s. av. J.-C.)

  • Écrit par 
  • Barbara CASSIN
  •  • 288 mots

Aristoxène le Musicien, né à Tarente entre ~ 356 et ~ 352, élève d'Aristote et ami de Dicéarque, a participé aux grands travaux historiques et scientifiques du Lycée sous le scolarquat de Théophraste, en écrivant — sur la musique, son histoire, son enseignement, ses instruments, ses principes — des ouvrages qui eurent une influence considérable. Parmi les quatre cent cinquante-trois livres que Sui […] Lire la suite

AUTORITÉ

  • Écrit par 
  • Éric LETONTURIER
  •  • 2 810 mots
  •  • 10 médias

Dans le chapitre « Les premières conceptions de l'autorité »  : […] À l'origine, la philosophie politique de Platon (— 428-347) a apporté une contribution décisive en posant en des termes essentialistes une conception du pouvoir en rupture avec le contractualisme dominant des sophistes, de Protagoras (~490-420) à Lycophron, élève de Gorgias (~480-374). Pour ces derniers, l'autorité était largement entendue comme le produit artificiel d'un accord passé entre les […] Lire la suite

DÉSIR, philosophie

  • Écrit par 
  • Jean GREISCH
  •  • 1 361 mots

Dans le chapitre « Le désir, entre manque et plénitude »  : […] Pour Platon, l' épithumètikon , c'est-à-dire la capacité de désirer, est une des trois parties constitutives de l'âme humaine (telle que décrite dans le quatrième livre de La République , 385-370 av. J.-C.). Le désir est pour lui une dimension constitutive de l'acte philosophique. Les six discours en l'honneur d'Éros qui se succèdent dans le Banquet (env. 375 av. J.-C.) culminent dans le discour […] Lire la suite

INTELLECT & INTELLIGIBLES

  • Écrit par 
  • Édouard-Henri WÉBER
  •  • 1 724 mots

Du latin intellectus (le terme grec correspondant est nous ), l'intellect est le principe de la pensée sous sa forme la plus haute ; à l'époque moderne lui correspondent des termes aux nuances particulières : intelligence, raison, esprit ; au xvii e siècle : entendement. Pour Aristote, les aristotélisants arabes et latins, l'intellect, capable d'intuition, est supérieur à la raison (grec, diano […] Lire la suite

Pour citer l’article

Hervé BARREAU, « ARISTOTÉLISME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 septembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/aristotelisme/