APPALACHES

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Les régions appalachiennes

Vue générale

La région des Appalaches est formée de la réunion de treize États, ou plutôt de parties d'États, un seul, la Virginie-Occidentale, se trouvant totalement intégré à l'ensemble. Les douze autres sont, du nord au sud, les États de New York, Pennsylvanie, Maryland, Ohio, Virginie, Kentucky, Caroline du Nord, Caroline du Sud, Tennessee, Georgie, Alabama et Mississippi. Regroupant ainsi 410 comtés, les Appalaches comptaient, en 2005, 23 millions d'habitants (soit à peu près 8 p. 100 de la population des États-Unis), avec une densité et des conditions de vie très différentes, les neuf dixièmes de la population vivant dans le nord (10,1 millions) ou dans le sud (10,7 millions).

Coton, textile, tabac, mines, métallurgie, sidérurgie : cette simple énumération suffit à souligner le caractère traditionnel de l'activité économique locale. De fait, après un développement soutenu au xixe et au début du xxe siècle, la région ne s'est pas relevée de la grande dépression des années 1930 et de la crise des années 1970, à tel point que, dès 1965, le gouvernement fédéral, en association avec les autorités des États fédérés concernés, créa l'Appalachian Regional Commission (A.R.C.), dont l'objet était, et reste, de favoriser le développement économique et d'améliorer les conditions de vie avec, par exemple, l'aménagement et le réaménagement du réseau routier, essentiel pour la survie de cette région montagneuse (5 000 kilomètres réhabilités en trente ans).

Dans une région sinistrée, l'A.R.C. a mené un constant combat contre la pauvreté, ramenant le taux régional de celle-ci de 31,1 p. 100 en 1960 à 13,6 p. 100 en 2000. Sur les 410 comtés, 233 étaient considérés en 1965 en « état de détresse » (revenu par habitant inférieur à 67 p. 100 de la moyenne nationale). Ils n'étaient plus en 2006 que 77. Un secteur de l'économie reste dominant et mérite une attention particulière : le charbon. Historiquement lié à l'histoire des Appalaches, la production de charbon a été, en 2005, de 400 millions de tonnes, représentant 35 p. 100 de la production nationale. Riches de réserves considérables (52 milliards de tonnes), les Appalaches sont confrontées aujourd'hui à une dispersion des sites d'exploitation (même si la plupart d'entre eux sont situés dans le centre) qui ne favorise pas les gains de productivité et les économies d'échelle, à la différence des régions de l'Ouest américain. Exploité pour 35 p. 100 en surface, et 65 p. 100 en mines souterraines, le charbon appalachien demeure néanmoins un élément fondamental de l'économie régionale, dans la mesure où, en 2005, il a fourni les trois quarts de la production électrique locale.

Les Appalaches forment un espace géographique spécifique, avec une disposition zonale nord-est - sud-ouest des grands éléments du relief. À celle-ci se juxtapose une opposition entre le nord et le sud, au point de vue climatique, ce qui constitue un véritable compartimentage des régions.

Le piémont

À l'origine, couvert d'une dense forêt, mais défriché de bonne heure par les colons, le piémont était presque complètement occupé dès 1750. C'est la région agricole la plus arrosée des États-Unis : elle reçoit de 1,30 à 1,60 mètre de précipitations annuelles, surtout en été. Dans le nord, à Lancaster, la moyenne de janvier est de 0 0C et celle de juillet de 21 0C. Dans le sud, à Atlanta, les moyennes sont respectivement de 10 0C et de 28 0C. Les sols, dus à la décomposition des roches anciennes, sont plus lourds et plus fertiles que ceux de la plaine côtière mais, exploités depuis longtemps, ils ont été la proie d'une érosion et d'un délavage qui nécessitent maintenant qu'on les fertilise. Malgré la progression des villes et des activités industrielles, l'agriculture occupe encore une bonne partie de la population. En Pennsylvanie, au Maryland et en Virginie, beaucoup de fermiers sont d'origine allemande. La production de lait destinée aux villes côtières gigantesques est importante.

À l'ouest, la Virginie est renommée pour ses vergers de pommiers et son importante production de tabac à cigare. Pratiquée sur des exploitations de petite taille, cette culture prend aussi une place prépondérante dans l'ensemble du piémont central, mais le tabac y est de moins bonne qualité : la région fournit 60 p. 100 de la récolte nationale. L'industrie du tabac est moins florissante que par le passé : 71 des 77 comtés en « état de détresse » (tel que défini par l'A.R.C.), sont économiquement dépendants de la production de tabac. Enfin, vers le sud, à partir du centre de la Caroline du Nord, le coton, qui fut presque une monoculture, a cédé peu à peu la place au maïs et surtout aux plantes fourragères.

La production de charbon a globalement chuté en 2005 dans le piémont. La région dispose des ressources minières diversifiées (cuivre, zinc, chromite, talc, titane, etc.). La Georgie se classe au premier rang des États-Unis pour le kaolin ; la Pennsylvanie fournit le seul gisement d'anthracite. L'essor industriel passé a été possible grâce au développement de l'hydroélectricité, dont le rôle est fondamental malgré l'alluvionnement des barrages, conséquence d'une érosion intense du sol. Aujourd'hui, principalement dans un axe reliant l'agglomération de Greenville-Spartanburgh (Caroline du Sud) aux villes de Johnston, et même Pittsburgh (Pennsylvanie), se sont développées des usines produisant des machines industrielles et des équipements électroniques.

Aussi, sans parler des grands foyers de la côte nord-est qui ne se rattache pas directement au domaine appalachien, toute une zone s'est développée parallèlement à la bordure montagneuse depuis la Virginie jusque dans la région de Birmingham, au sud des Appalaches. Cela a provoqué un accroissement du nombre des travailleurs dans les villes et une régression de la population rurale permettant une augmentation de la taille moyenne des exploitations. C'est le travail du coton qui a marqué la première étape, suivie par la pénétration d'industries diversifiées, notamment chimiques et militaires. À l'origine, l'industrie du coton s'était développée près des sources de matières premières, qui sont maintenant transportées vers les États du Sud (Texas) et la Californie. Si le piémont appalachien n'est plus le premier centre d'industrie cotonnière des États-Unis, le coton n'en reste pas moins essentiel pour l'économie locale, et plus particulièrement pour le centre le plus important des activités liées au textile, la conurbation High Point-Winston-Salem-Greensboro (1,5 million d'habitants en 2003), située en Caroline du Nord. Pour autant, co [...]

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Pour citer l’article

Jacqueline BEAUJEU-GARNIER, Catherine LEFORT, « APPALACHES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/appalaches/