ALLEMAGNE (Politique et économie depuis 1949)L'Allemagne unie

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quelques données-clés.
Nom officielRépublique fédérale d'Allemagne (DE)
Chef de l'ÉtatFrank-Walter Steinmeier (depuis le 19 mars 2017)
Chef du gouvernementOlaf Scholz (depuis le 8 décembre 2021)
CapitaleBerlin 3
Note : Certains ministères sont installés à Bonn. La Cour constitutionnelle siège à Karlsruhe
Langue officielleallemand

L'Allemagne d'Angela Merkel

Lors des élections législatives de septembre 2005, Angela Merkel fait campagne comme candidate des partis conservateurs (Union chrétienne démocrate, C.D.U. ; Union sociale-démocrate, C.S.U., uniquement présente en Bavière) en s'appuyant sur une plate-forme libérale. Présidente de la C.D.U. depuis 2000, Angela Merkel ne cache pas sa préférence pour une coalition conservatrice et libérale qui ne voit toutefois pas le jour. En effet, les résultats électoraux l'obligent à former de 2005 à 2009 une grande coalition noire-rouge (alliant la C.D.U.-C.S.U. et le Parti social-démocrate, S.P.D.). Paradoxalement, même si l'exercice du pouvoir est difficile puisqu'il est partagé entre deux formations aux programmes politiques opposés qui espéraient chacune remporter le scrutin, le premier gouvernement d'Angela Merkel impose plus de réformes que le suivant. Si la coalition conservatrice et libérale (alliant la C.D.U.-C.S.U et le Parti libéral, F.D.P.), appelée coalition jaune-noire, au pouvoir après les élections de septembre 2009, répond à ce que la candidate conservatrice avait souhaité en 2005, elle n'en est pas moins extrêmement fragile, déchirée par des dissensions internes entre un Parti libéral qui n'en finit pas de sombrer dans les sondages d'opinion et l'aile droite chrétienne-sociale.

De « l'homme malade de l'Europe » à la puissance économique allemande

La grande coalition, au pouvoir de 2005 à 2009, est d'une certaine manière l'héritière du gouvernement de Gerhard Schröder. Ainsi, le bras droit de l'ex-chancelier de 1999 à 2005, Franz-Walter Steinmeier qui dirigeait la chancellerie, est nommé vice-chancelier et prend en charge le ministère des Affaires étrangères du gouvernement Merkel.

La grande coalition parachève les réformes mises en œuvre par Gerhard Schröder, telles que les réformes du système de protection sociale, et en particulier d'indemnisation du chômage, le relèvement de l'âge de la retraite à 67 ans à l'échéance de 2029 et la baisse de l'impôt sur les sociétés. Ces réformes, qu'on ne saurait qualifier ni de gauche ni de droite, sont destinées à relancer la compétitivité de l'industrie allemande, tellement entamée dans les années 1990-2000 que l'Allemagne était qualifiée « d'homme malade de l'Europe ».

Or à la veille de la crise financière mondiale de 2008, qui touche d'abord les États-Unis puis l'Europe, les fondamentaux économiques allemands se sont renforcés. Certes, l'économie, qui dépend des exportations pour plus de 40 p. 100 du P.I.B., voit sa croissance reculer de 4,7 p. 100 pour s'établir à 1 p. 100 en 2008, mais elle se redresse ensuite remarquablement (3,5 p. 100 en 2010, 2 p. 100 en 2011), contrairement aux prévisions de l'O.C.D.E et des « sages » (économistes qui conseillent le gouvernement). L'économie allemande est à nouveau qualifiée de « moteur » : elle est principalement tirée par les exportations mais aussi, notamment à partir de 2011, par la demande intérieure.

Le succès des exportations allemandes a parfois été fallacieusement attribué à des coûts du travail réduits (salaires, charges sociales et frais de formation professionnelle) alors qu'ils sont les plus élevés dans les secteurs porteurs (machines-outils, notamment). L'innovation est en réalité la clé du succès allemand, avec le suivi et la qualité des services après-vente. D'autres facteurs contribuent également à assurer ces performances économiques, tels que la formation d'un personnel de qualité, sa fidélisation aux entreprises avec la réduction du temps de travail plutôt que le licenciement en période de crise, la concertation en entreprises... Certains analystes affirment alors que « le “modèle économique” allemand est au fond un “modèle de société” ».

Toutefois, l'Allemagne n'échappe pas à la crise financière mondiale de 2008 qui révèle l'endettement des États et les faiblesses du secteur bancaire. La dette publique allemande est supérieure à 80 p. 100 du P.I.B. ; certaines banques régionales sont très exposées à la dette souveraine de pays périphériques tels que la Grèce. Ainsi, la WestLB, par exemple, est scindée, en juin 2012, en deux banques, l'une est rattachée à un autre établissement bancaire régional et l'autre est transformée en bad bank (recevant les produits dérivés toxiques).

Crise sociale, réformes et recomposition de la scène politique

La société allemande sou [...]

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Pour citer l’article

Anne-Marie LE GLOANNEC, « ALLEMAGNE (Politique et économie depuis 1949) - L'Allemagne unie  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 28 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/allemagne-politique-et-economie-depuis-1949-l-allemagne-unie/