ALGÉRIE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

quelques données-clés.
Nom officielRépublique algérienne démocratique et populaire (DZ)
Chef de l'État et du gouvernementAbdelmadjid Tebboune (depuis le 19 décembre 2019). Premier ministre : Aïmen Benabderrahmane (depuis le 30 juin 2021)
CapitaleAlger
Langues officiellesarabe, tamazight
Unité monétairedinar algérien (DZD)
Population45 258 000 (estim. 2021)
Superficie (km2)2 381 741

L'Algérie indépendante

Après l'indépendance de 1962, les dirigeants algériens qui se succèdent vont tenter d'asseoir la légitimité de l'État, de bâtir une économie et de répondre aux aspirations d'une population de plus en plus nombreuse. De la présidence d'Ahmed Ben Bella en 1962 à l'arrivée au pouvoir d'Abdelaziz Bouteflika en 1999, ils éprouveront beaucoup de difficultés à atteindre cet objectif. L'Algérie reste confrontée non seulement à des problèmes économiques, sociaux et politiques, mais aussi et surtout à des questions touchant à son identité : place de l'islam, rôle de l'arabité, statut de la berbérité. Le non-règlement du problème identitaire conduira ce pays à une terrible guerre civile, commencée en 1992 et dont le bilan est estimé en 1999 à près de 100 000 morts.

La transition de l'après-indépendance (1962-1965)

Un pays au bord de la guerre civile

Le 3 juillet 1962, à la suite d'un référendum portant sur l'autodétermination du pays, l'Algérie accède officiellement à l'indépendance. Les Européens quittent en masse le nouvel État, déchiré dès sa naissance par des luttes féroces pour le pouvoir. Ahmed Ben Bella, un des fondateurs du FLN, emprisonné de 1956 à 1962 par les autorités françaises, et ses partisans créent à Tlemcen un « bureau politique ». Il se pose en rival direct du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), structure née en 1958, pendant la guerre, et dirigée par Benyoucef Benkhedda. D'autres divisions voient le jour : aux maquisards de « l'intérieur » s'opposent les combattants de l'armée de « l'extérieur » (l'armée des frontières), stationnée en Tunisie et au Maroc. Pendant que s'organise la chasse aux harkis, supplétifs des forces françaises durant la guerre d'indépendance, les clans se déchirent au sein du FLN, sans pouvoir contrôler des groupes armés parfois très autonomes. En cet été de 1962, l'unité de l'Algérie est en jeu. L'économie du pays est en ruine : le départ massif des pieds-noirs (Européens d'Algérie) a complètement désorganisé une économie de type colonial ébranlée par huit années de guerre (1954-1962). Près de la moitié de la population vit dans une misère totale.

Mais la guerre civile ne se prolonge pas : Ahmed Ben Bella, soutenu par Houari Boumediene et l'Armée de libération nationale, la fameuse « armée des frontières », s'impose à ses adversaires politiques. Il est investi à la tête du gouvernement le 29 septembre 1962 et élu à la présidence de la République le 15 septembre 1963. Tout reste à faire pour le premier président de l'Algérie indépendante.

L'expérience autogestionnaire (1963-1965)

Le 20 mars 1963, Ahmed Ben Bella présente à la radiotélévision le décret portant organisation et gestion des entreprises industrielles ainsi que des exploitations agricoles jugées vacantes du fait du départ des Européens. Le 1er octobre de la même année, il annonce la nationalisation des dernières propriétés appartenant à des colons français.

L'objectif du nouveau pouvoir est de « rattraper le retard accumulé pendant cent trente ans de domination coloniale ». Dans un environnement où le Tiers Monde émerge sur la scène internationale, et où Nasser, en Égypte, s'est imposé comme le père du nationalisme arabe, l'Algérie opte sans hésiter pour une voie socialiste de développement.

L'« autogestion » devient le maître mot qui doit mobiliser et permettre de transformer l'Algérie. Le nouveau gouvernement promulgue des « lois de nationalisation des biens vacants », les fermes des colons français sont saisies, collectivisées et dirigées par des « comités de gestion ». L'absence totale de préparation de la population à ce type d'expériences rend difficile la mise en œuvre de l'autogestion. Des projets de socialisation gigantesques, dans le domaine industriel en particulier, sont ébauchés, sans base sociale réelle. En 1963, l'Algérie est forcée de contracter auprès de la France un prêt de 1 300 millions de francs (complété par 500 millions de francs empruntés auprès de l'URSS et 250 millions de francs auprès de la Chine populaire).

Malgré ses talents politiques, Ahmed Ben Bella ne peut éviter l'éclatement du noyau historique du FLN : en septembre 1962, Mohammed Boudiaf, l'un des dirigeants historiques de l'indépendantisme algérien, quitte le FLN pour fonder le Parti de la révolution socialiste (PRS), qui conteste la légitimité du nouveau pouvoir. Ferhat Abbas, premier président du GPRA en 1958 et de l'Assemblée constituante en septembre 1962, [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 62 pages

Médias de l’article

Algérie : carte physique

Algérie : carte physique
Crédits : Encyclopædia Universalis France

carte

Algérie : drapeau

Algérie : drapeau
Crédits : Encyclopædia Universalis France

drapeau

Algérie : relief et climat

Algérie : relief et climat
Crédits : Encyclopædia Universalis France

carte

Gisement de pétrole, Hassi Messaoud, Algérie

Gisement de pétrole, Hassi Messaoud, Algérie
Crédits : J. Burlot/ Corbis

photographie

Afficher les 22 médias de l'article


Écrit par :

Classification

Autres références

«  ALGÉRIE  » est également traité dans :

ALGÉRIE, chronologie contemporaine

  • Écrit par 
  • Universalis

Tous les événements politiques (élections, conflits, accords, …) et les faits économiques et sociaux qui ont marqué l’histoire contemporaine du pays jusqu’à aujourd’hui. […] Lire la suite

ABBAS FERHAT, ou ‘ABBĀS FARḤĀT (1899-1985)

  • Écrit par 
  • Claude LEFORT
  •  • 452 mots
  •  • 1 média

Fils d'un fonctionnaire de l'administration coloniale, Ferhat Abbas reçoit une éducation française puis devient pharmacien à Sétif. Élu au conseil municipal de cette ville, il l'est ensuite au conseil général de Constantine. Il est alors partisan de l'assimilation de « l'élément indigène dans la société française ». Mais l'opposition des représentants des Européens d'Algérie à toute remise en cau […] Lire la suite

ABD EL-KADER (1808-1883)

  • Écrit par 
  • Charles-Robert AGERON
  •  • 1 381 mots
  •  • 1 média

Abd el-Kader (en arabe : ‘Abd al-Ḳādir b. Muḥyī l-Dīn al-Ḥasanī), né en 1808 à la Guetna de l'oued al-Ḥammām, à l'ouest de Mascara (ou Mouaskar, Algérie), appartenait à une famille d'origine chérifienne qui dirigeait une zāwīya (sorte de couvent) de la confrérie des Ḳādiriyya. L'éducation religieuse qu'il reçut fit de lui un musulman mystique et un théologien. Mais les circonstances le transform […] Lire la suite

AFRICAINS CINÉMAS

  • Écrit par 
  • Jean-Louis COMOLLI
  •  • 1 132 mots

L'histoire des cinémas africains se sépare difficilement de celle de la décolonisation. Il y eut d'abord des films de Blancs tournés en Afrique. Puis, à partir des années soixante, les nouveaux États africains ont été confrontés au problème de savoir quel rôle, quelle orientation, quels moyens donner au cinéma. Problème technique mais avant tout problème politique : celui de la possibilité de pro […] Lire la suite

AFRIQUE (Histoire) - Les décolonisations

  • Écrit par 
  • Marc MICHEL
  •  • 12 323 mots
  •  • 25 médias

Dans le chapitre « L'Algérie »  : […] Ce qui fut dénommé d'abord les « événements » d'Algérie , car on ne voulait pas leur reconnaître le caractère d'une guerre, avait commencé, le 1 er novembre 1954, par une série d'attentats qui n'avaient effectivement pas l'envergure d'un véritable soulèvement populaire. Ils n'étaient pourtant ni négligeables ni imprévisibles. La révolte avait déjà grondé en 1945 à Sétif et à Constantine, et, si e […] Lire la suite

AFRIQUE ROMAINE

  • Écrit par 
  • Noureddine HARRAZI, 
  • Claude NICOLET
  •  • 9 559 mots
  •  • 8 médias

Dans le chapitre « L'archéologie de l'Afrique romaine : nouvelles orientations »  : […] Heureusement, les progrès méthodologiques et techniques ont mis à notre disposition des instruments qui permettent de conquérir des champs de connaissance nouveaux. Par la photographie aérienne nous pouvons suivre les phases d'exploitation et, littéralement, de prise en main du pays conquis. La prise en main fut affirmée par les opérations d'arpentage, réalisées par les agrimensores , auxquelles f […] Lire la suite

AGERON CHARLES-ROBERT (1923-2008)

  • Écrit par 
  • Benjamin STORA
  •  • 771 mots

Historien de l'Algérie contemporaine, Charles-Robert Ageron est né le 6 novembre 1923 à Lyon. Il était issu d'une famille de petits patrons d'atelier. Son père dirigeait une modeste entreprise de mécanique. Bachelier en 1941, il s'inscrit à la faculté des lettres de Lyon où l'un de ses professeurs est Henri-Irénée Marrou. Il admire en lui l'enseignant et le résistant. En khâgne, il reprend ses ét […] Lire la suite

AÏT AHMED HOCINE (1926-2015)

  • Écrit par 
  • Benjamin STORA
  •  • 1 006 mots

Chef « historique » du Front de libération nationale (F.L.N.), qui décide d’une insurrection contre la France en novembre 1954, Hocine Aït Ahmed incarnera, après l’indépendance de l’Algérie, la figure de l’opposant irréductible aux différents pouvoirs en place. Né le 20 août 1926 à Aïn el-Hammam (ex-Michelet) en Grande Kabylie, Hocine Aït Ahmed appartient à une grande famille de marabouts (saints […] Lire la suite

ALGER

  • Écrit par 
  • Benjamin STORA
  •  • 1 900 mots
  •  • 1 média

Alger, capitale de l'Algérie, compte en 2010 près de quatre millions d'habitants avec son agglomération. La ville, baptisée en arabe Al-Djaza'ir au x e  siècle, a connu les diverses présences et dominations qui se sont succédé en Afrique du Nord au fil des siècles. L'histoire permet de lire la ville, ou plutôt les villes, l'Alger arabe et l'Alger turque, l'Alger française et la capitale d'aujourd […] Lire la suite

ALLEG HENRI (1921-2013)

  • Écrit par 
  • Charles-Louis FOULON
  •  • 836 mots

Journaliste communiste et militant anticolonialiste, Henri Alleg donna, par son ouvrage La Question , une résonance mondiale aux pratiques de torture des armées françaises en Algérie. Sartre écrivit qu’il fit « triompher l’humanisme des victimes et des colonisés contre les violences déréglées de certains militaires », car son récit avait réuni, selon la formule d’Edgar Morin, « l’expérience du su […] Lire la suite

Voir aussi

Les derniers événements

21 février 2022 Maroc. Création d'une nouvelle région militaire frontalière de l'Algérie.

La Revue des Forces armées royales annonce la création d’une troisième région militaire le long de la frontière avec l’Algérie. Cette « zone est » s’ajoute aux régions militaires nord et sud existantes. Cette création fait suite à l’accroissement des tensions avec l’Algérie au sujet du Sahara occidental depuis la rupture du cessez-le-feu en novembre 2020. […] Lire la suite

8-17 février 2022 France. Commémoration des victimes de Charonne et adoption de la loi sur les « réparations » à destination des harkis.

Le 8, à l’occasion du soixantième anniversaire de l’événement, l’Élysée diffuse une déclaration dans laquelle le président Emmanuel Macron « rend hommage à la mémoire des victimes » de la « manifestation unitaire organisée pour la paix et l’indépendance en Algérie et contre les attentats de l’OAS », qui a eu lieu en février 1962 aux abords du métro Charonne, à Paris, qui avait été « violemment réprimée par la police ». […] Lire la suite

5 février 2022 France. Première séance du Forum de l'islam de France.

Il annonce l’intention du gouvernement de mettre fin en 2024 au système des imams « détachés » en France par la Turquie, l’Algérie et le Maroc. […] Lire la suite

26 janvier 2022 France. Reconnaissance par le président Emmanuel Macron des « drames » vécus par les rapatriés.

Le président Emmanuel Macron reçoit à l’Élysée les représentants d’associations de rapatriés auxquels il exprime « la reconnaissance des injustices » et des « drames » subis par les Européens d’Algérie en 1962, lors de l’indépendance de l’Algérie. La principale association, le Cercle algérianiste, boycotte l’événement, faute d’avoir obtenu du chef de l’État qu’il retire ses propos, tenus en février 2017 à Alger, sur le « crime contre l’humanité » que représentait à ses yeux la colonisation. […] Lire la suite

9 janvier 2022 Algérie. Condamnation du porte-parole du Mouvement démocratique et social.

Le tribunal de Bab el-Oued, à Alger, condamne le porte-parole du Mouvement démocratique et social (MDS) Fethi Ghares, arrêté en juin 2021, à deux ans de prison pour « atteinte à la personne du président de la République, outrage à corps constitué, diffusion […] de publications pouvant porter atteinte à l’intérêt national, diffusion d’informations pouvant porter atteinte à l’unité nationale et diffusion d’informations pouvant porter atteinte à l’ordre public ». […] Lire la suite

Pour citer l’article

Charles-Robert AGERON, Sid-Ahmed SOUIAH, Benjamin STORA, Pierre VERMEREN, « ALGÉRIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/algerie/