CONSTANTINE, anc. CIRTA

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Troisième ville d'Algérie avec 475 000 habitants en 2005, première grande ville intérieure et métropole de l'Est algérien, Constantine a été à travers l'histoire la capitale la plus constante du Maghreb central (Al-Moghreb al-awsat). À la tête du royaume numide des Massyles, dès avant Massinissa (Cirta), principale cité romaine de Numidie, évêché rebaptisé par Constantin, elle est décrite par El-Bekri et El-Idrissi comme la seule ville de la région dont la puissance économique ait survécu aux vicissitudes des xie et xiie siècles. Selon ces auteurs, la conservation de son assise foncière très étendue fut à l'origine de la permanence de sa spécificité urbaine et de sa prospérité. Elle persista, après la domination hafçide, durant la présence turque, comme chef-lieu du beylik de l'Est (notamment sous Salah-Bey) transformé, après 1830, par Ahmed-Bey, Kouloughli (descendant de Turc et d'Algérienne), en capitale d'un État d'Algérie orientale indépendant jusqu'à sa chute, après deux sièges, en 1837.

Algérie : carte administrative

Carte : Algérie : carte administrative

Carte administrative de l'Algérie. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Ville de 30 000 à 40 000 habitants jusqu'alors, elle garda, même à demi détruite par la guerre et ramenée à 20 000 habitants, une vie urbaine dont ont témoigné en 1840 Warnier et I. Urbain, auteurs d'une notice officielle qui permet d'évaluer à environ 3 500 les personnes se consacrant au sein de corporations aux métiers d'artisanat du cuir, des textiles, des métaux, au grand négoce ou au commerce urbain et aux activités culturelles et cultuelles (habous, mosquées, medersas).

Durant toute cette période, elle a dû cette permanence au site exceptionnel de son rocher, barre calcaire truffée de cavités karstiques, incisée par le Rhummel antécédent qui l'isole, à l'est et au nord, des djebels Ouahch et Sidi Mcid par un profond canyon, dominant de 300 mètres, à l'ouest, le bassin d'El-Hamma. À la fois oppidum et lieu d'ensilage commandant la seule vallée ouverte des Hautes Plaines à la mer à travers le Tell entre le Bou-Sellam (Sétif) et la Seybouse (Guelma), elle avait pourtant déjà projeté, hors les murs, sur le fragile pédoncule séparant, au sud-ouest, du haut Rhummel et des Hautes Plaines le versant sud du bassin d'El-Hamma, le faubourg d'artisanat et de dépendances beylicales du Coudiat Ati. Lieu multiple de contact entre montagne arrosée polyculturale du Tell au nord et Hautes Plaines céréalières et pastorales au sud, entre ces cultures sèches et son bassin abrité et irrigable grâce aux résurgences du Rhummel au nord-ouest, elle occupe une situation urbaine classique au Maghreb au carrefour de la route caravanière méridienne du Sahara (Biskra) à la Méditerranée et de la rocade Alger-Tunis par Sétif et Djemila.

L'extension du site aux deux rives du ravin, franchi depuis l'Antiquité par un pont (el-kantara), a été imposée par les structures économiques de la colonisation : les voies ferrées de Philippeville (Skikda), d'Alger puis de Guelma ont, à partir de 1869, en rive droite et sur la route d'El-Khroub, implanté la gare, ses entrepôts et ses silos, puis le dépôt de Sidi Mabrouk et, au xxe siècle, les premiers quartiers industriels. L'addition, déjà difficile, des ponts Sidi Rached et Sidi Mcid n'a pas suffi à établir des relations fluides entre les nouvelles extensions urbaines (faubourgs Bellevue et Lamy/Émir Abd-el-Kader) et le centre déplacé sur « la Brêche » qui concentrait encore, avec la médina amputée de la Qaçba, densifiée et dégradée, administration, négoce, commerce et artisanat. Cette structuration a laissé en marge les quartiers d'habitat précaire produits par l'exode rural avant et pendant la guerre d'indépendance, implantés dans les interstices non constructibles et dangereux face au ravin ou à la pente érodée du bassin d'El-Hamma.

Le potentiel industriel, élaboré de l'indépendance à 1980, avait contribué à desserrer les activités urbaines notamment vers ses zones industrielles : vers le sud, le complexe textile, et les complexes moteurs-tracteurs et machines-outils à Oued Hamimine ; au sud-ouest, le complexe de matériel de travaux publics à Ain Smara, et d'unités au nord-ouest dont la cimenterie d'El-Hamma. La réduction des productions d'environ 50 p. 100 à la fin des années 1980 a entraîné le sous-emploi du personnel des entreprises publiques et un accroissement massif du chômage. L'accroissement du secteur tertiaire et son envahissement par l'informel contribuent plus à déstructurer l'économie de la v [...]

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Durant les deux derniers siècles avant notre ère, les Numides créèrent, en Afrique du Nord, un État puissant à la civilisation originale. C'est là un fait exceptionnel dans l'histoire de l'Afrique antique ; ce cas mis à part, en effet, les Berbères, habitants autochtones du pays, virent se succéder des dominations et des civilisations étrangères : celles des Phéniciens à Carthage, celles de Rome […] Lire la suite

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Bouziane SEMMOUD, « CONSTANTINE, anc. CIRTA », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/constantine-cirta/