Il y a du conte de fées dans la vie d'Ella Fitzgerald : l'éclosion spontanée de l'extraordinaire talent d'une jeune fille aux origines plus que modestes, la renommée planétaire de la plus pure interprète de la chanson américaine, l'unanime respect des plus grands du jazz, une fraîcheur et une vitalité que seules les heures les plus sombres de sa vieillesse, après soixante ans de carrière, ont réussi à entamer... Véritable incarnation du bonheur en musique, Ella Fitzgerald a su rassembler dans un même et immense public et les puristes sourcilleux et les foules enthousiastes. Cela tient du miracle !
1. « A-Tisket, a-Tasket »
Ella Jane Fitzgerald naît le 25 avril 1918 à Newport News, en Virginie. De son enfance, très peu de chose nous est parvenu. Son père aurait déserté le foyer familial vers 1921. C'est alors que sa mère s'établit à Yonkers (État de New York), où la jeune Ella va s'adonner à ses deux passions : la danse et le chant, qu'elle pratique notamment à la Bethany African Methodist Episcopal Church de cette ville. En 1932, sa mère meurt et l'adolescente part vivre chez une de ses tantes à Harlem. Elle quitte rapidement l'école et, à l'automne de 1934, vit d'expédients dans les rues de Harlem.
La célébrité lui sera offerte, sans préliminaires, le soir du 21 novembre 1934, quand elle remporte le premier prix d'un concours de chant amateur au célèbre Apollo Theatre de Harlem. À la fin de janvier 1935, elle remporte de nouveau un concours à l'Opera House de Harlem. Chick Webb l'engage en avril dans son orchestre, qui se produit au Savoy Ballroom, et l'impose. De 1935 à 1939, elle sera, au concert comme au studio, la chanteuse vedette de l'orchestre. Un jour, perdue dans le texte de Mr. Paganini (également connu sous le titre You'll Have to Swing It), Ella Fitzgerald se lance dans une improvisation échevelée faite de syllabes et d'onomatopées, rivalisant en abattage avec les plus brillants instrumentistes. Elle vient d'inventer le scat. Son premier enregistrement avec l'orchestre de Chick Webb da […]
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