Pianiste afro-américain, Erroll Garner fut à la fois un innovateur qui ouvrit de nouveaux horizons aux pianistes de jazz et un musicien populaire admiré aux quatre coins du monde : pour beaucoup, il personnifiait presque le jazz. Il était l'homme de la solution aimable des contradictions : contradiction entre le travail acharné de l'instrument, qu'il poursuivit même jusque dans la maladie, et l'apparence de souveraine facilité qu'il prodiguait dès qu'il se trouvait sur scène ; entre la méconnaissance des canons traditionnels de la musique (entièrement autodidacte, il ne sut jamais lire les notes) et une science profonde de l'harmonie et du développement mélodique ; entre l'audace des accords, des superpositions rythmiques qu'il imaginait, et le tour coulé qu'il savait donner à ses improvisations.
Dès 1938, il travaille avec des orchestres locaux de sa ville natale, Pittsburgh. Mais sa carrière commence véritablement lorsqu'il se rend à New York en 1944 : il joue alors dans différents petits groupes, avec le bassiste Slam Stewart, le trompettiste Charlie Shavers, entre autres, et entreprend de se produire en soliste ou en trio, accompagné d'une basse et d'une batterie. La m […]
