Savant et naturaliste français connu pour ses nombreux travaux effectués dans le Sahara, Théodore Monod est à l'origine un zoologiste spécialiste des crustacés et des poissons. Ses nombreuses missions en Afrique de l'Ouest et son intérêt particulier pour le désert l'ont conduit à étudier spécifiquement ce milieu, dont il est devenu l'un des meilleurs connaisseurs. Parallèlement à ses expéditions, il dirigeait à Paris le laboratoire d'ichtyologie du Muséum national d'histoire naturelle. Qu'il ait pu être à la fois botaniste, zoologiste, géologue, archéologue et géographe font de lui l'un des derniers naturalistes. Ouvert très tôt à des questions d'écologie et adepte de la non-violence, il fut également un ardent militant en faveur de la paix, de la fraternité et du respect envers toute forme de vie.
1. Un naturaliste voyageur
Né le 9 avril 1902 à Rouen, Théodore Monod est le troisième fils de Wilfred Monod, pasteur et théologien protestant. Il grandit dans un milieu culturel et spirituel exigeant qui forgera sa personnalité. Attiré très jeune par les sciences naturelles, il entre, dès 1922, comme assistant au Muséum national d'histoire naturelle et y soutient sa thèse, en 1926, portant sur les Gnathiidae, un groupe de crustacés isopodes vivant à l'état libre ou en parasites des poissons.
Ce sont deux missions de recherche qui lui font connaître le continent africain et, plus particulièrement, le désert du Sahara, auquel il consacrera sa vie. En 1922, il est envoyé sur la côte de Mauritanie par le laboratoire des Pêches et Productions coloniales pour enquêter sur les ressources halieutiques de ce pays. Au terme d'un séjour d'un an, une méharée de trois semaines lui fait découvrir le désert.
En 1927-1928, il participe, en tant que naturaliste, à la mission d'exploration Augiéras-Draper qui va parcourir durant quinze mois le Sahara occidental. Sa vocation de naturaliste trouve là un terrain d'élection : le zoologiste devient géologue, botaniste, archéologue, préhistorien, géographe... Un troisième séjour, effectué en 1929-1930, durant son service militaire, conduit Théodore Mo […]
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