4. L'humaniste
La connaissance et l'amour de la nature ont fait de Théodore Monod un écologiste de la première heure. Militant antinucléaire, antimilitariste, défenseur des droits de l'homme et des animaux, il a combattu sur tous les fronts : pour le respect de toute forme de vie, en particulier contre la souffrance animale, pour la non-violence et pour la paix. Là se rejoignent en lui le croyant, fidèle aux enseignements du Christ, et « l'homme de gauche », luttant pour un progrès social et pour un monde plus juste. Signataire pendant la Guerre d'Algérie du Manifeste des 121, témoin actif de Mai-68, militant au Larzac au côté de Lanza del Vasto, engagé avec l'abbé Pierre auprès des sans-papiers, jeûnant chaque année en souvenir des drames d'Hiroshima et de Nagasaki, il n'a cessé de dénoncer l'injustice, de prêcher le partage et la tolérance.
L'appartenance à la famille des Monod, véritable « dynastie » du protestantisme, et les enseignements de son père, ardent partisan d'un « christianisme social », ont exercé une profonde influence sur la destinée du savant. Marié en 1930 à Olga Pickova, jeune femme juive d'origine tchèque dont il a eu trois enfants, Théodore Monod aura réussi, jusque dans son mariage, à insuffler la profonde originalité de sa personnalité. Que ce soit au service de la science ou de ses propres convictions, il a toujours agi avec l'exigence d'une personnalité forgée par la rigueur et la noblesse de cœur. Sa grande longévité lui a permis de transmettre aux générations suivantes l'ensemble des valeurs qui étaient les siennes. C'est tout autant l'image d'un homme engagé que celle du dernier des naturalistes voyageurs qui lui survit.
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