2. Les grandes explorations
En 1938, Théodore Monod est affecté à Dakar pour créer et diriger un institut de recherche. Sous son impulsion, l'Institut français d'Afrique noire (I.F.A.N.) va devenir le plus grand centre scientifique de l'Afrique-Occidentale française : on y étudie toutes les disciplines des sciences naturelles et des sciences humaines ; on y rassemble des collections de plantes, d'animaux, de matériel ethnologique et archéologique. Calqué sur le modèle du Muséum, l'I.F.A.N. édite ses propres publications. Lorsque, en 1965, Théodore Monod quitte Dakar, il laisse aux chercheurs africains un formidable outil de travail. Ces années ont également donné à l'explorateur l'occasion de maints voyages sahariens ; de 1953 à 1964, il va parcourir quelque 5 200 kilomètres à pied et à dos de chameau à travers le Sahara occidental. Son expérience de la méharée lui permet de mener à bien des expéditions très risquées. Traversant de vastes territoires extrêmement désertiques (jusqu'à 900 kilomètres sans point d'eau), dans des conditions particulièrement sévères longues étapes, départ à l'aube, boisson limitée à neuf petits verres de thé par vingt-quatre heures, repas cuit une fois par jour –, il offre à l'exploration du Sahara ses derniers fleurons. Son terrain de prédilection, qu'il aimait appeler son « diocèse », fut l'Adrar de Mauritanie, qu'il fera connaître sous le nom de Majâbat al-Koubrâ.
Il ne cessera, jusqu'à la fin de sa vie, d'explorer cet immense désert, et d'en inventorier les richesses. L'étendue de ses récoltes est considérable. La numérotation des échantillons ramassés (plantes, roches, insectes, crustacés, fossiles, etc.), commencée en 1934, atteint les 30 000 entrées en 1998. À cela s'ajoutent des études géologiques majeures, ainsi que la découverte de plusieurs dizaines d'espèces nouvelles, animales et végétales.
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