3. Toxines staphylococciques
Les toxines élaborées par les staphylocoques peuvent être réparties en deux groupes.
Le premier rassemble les toxines responsables d'une pathologie dont les symptômes sont définis et reproductibles après administration de la toxine :
– Les entérotoxines émétisantes dont l'ingestion est responsable d'intoxications alimentaires (vomissements, diarrhée, douleurs intestinales, exceptionnellement suivis de collapsus) caractérisées par une incubation courte (de 1 à 6 heures après ingestion).
– Les toxines épidermolytiques (ou exfoliatines A et B) responsables d'affections cutanées bulleuses électivement néonatales (syndrome épidermolytique de Ritter von Rittershain et pemphigus épidermique) ou survenant en dehors de la période néonatale (syndrome de Lyell de la peau ébouillantée du jeune enfant, impétigo bulleux).
– La toxine responsable du syndrome du choc toxique. Ce syndrome est caractérisé par une hypotension artérielle (≤ 90 mm Hg), un rash érythémateux diffus pouvant être tardivement associé à une desquamation des paumes et des plantes, une fièvre élevée (≥ 39,8 0C) et par l'atteinte des muqueuses et de divers viscères. Il est associé à des infections staphylococciques pouvant être bénignes (lésions cutanées, infections postchirurgicales, infections vaginales, adénites, abcès profonds, bursite, ostéomyélite et rarement infections urinaires). Toutefois, ce syndrome est, a priori, caractérisé par l'absence de germes dans les hémocultures et le liquide céphalorachidien. Toutes les infections provoquées par les staphylocoques produisant cette toxine ne sont pas nécessairement accompagnées de ce syndrome dont les manifestations sont fréquemment observées chez des sujets incapables de produire les anticorps humoraux dirigés contre cette toxine. Les entérotoxines ont également été incriminées dans la pathologie du choc toxique. Comme la toxine du choc toxique, elles ont des propriétés immunocytotropes (superantigènes).
Le second groupe de toxines élaborées par les staphylocoques concerne celles qui, malgré leur contribution très probable à la pathogénicité bactérienne, ont un rôle incertain dans les infections staphylococciques. Elles comprennent les hémolysines α, β, δ et les γ toxines (γ hémolysine et leucocidines).
Toutes ces toxines ont été surtout détectées au niveau des souches de S. aureus ; elles peuvent toutefois être produites par des souches appartenant aux autres espèces de staphylocoques.
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