Land de la république fédérale d'Allemagne, la Sarre (en allemand Saarland) doit son nom à une petite rivière de 230 kilomètres, la Sarre (Saar) : celle-ci descend du Donon dans les Vosges, quitte la France du côté de Sarreguemines et rejoint la Moselle peu avant Trèves.
Mis à part les villes — États de Brême, de Hambourg et de Berlin —, la Sarre est, avec ses 2 567 kilomètres carrés, le plus petit Land d'Allemagne. Subdivisée en cinq arrondissements (Kreis) ruraux et une communauté urbaine, elle comptait 1 050 000 habitants (estimation de 2006), soit une densité élevée (409 hab./km2). Le charbon et l'acier ont été à l'origine de rivalités entre la France et l'Allemagne : une histoire politique troublée explique la constitution tardive (1er janv. 1957) de ce Land.
Déjà, la situation géographique de la Sarre suscita des conflits entre la France et l'Allemagne : les vallées de la Sarre et de la Blies commandent le passage entre le Palatinat et la Rhénanie d'une part, la Lorraine et la Champagne d'autre part. Louis XIV l'annexa et fit construire par Vauban la citadelle de Sarrelouis. La Révolution française constitua un département de la Sarre (1795) qui s'étendait jusqu'à Trèves. Sur l'ordre de Napoléon, le bassin houiller fut reconnu par des ingénieurs français, et l'activité des maîtres de forge prit de l'ampleur. La Prusse se fit remettre la Sarre au traité de Paris de 1815. La plus grande partie de la Sarre actuelle se trouvait alors intégrée à la Rheinprovinz : les charbonnages étaient exploités par le fisc prussien ; l'activité des sidérurgistes, les Röchling, les Stumm, les Wendel, ne menaça cependant jamais les intérêts de la Ruhr, considérablement avantagée par le Rhin et son réseau de canaux.
Le traité de Versailles accorda la propriété des charbonnages à l'État français en compensation de la destruction des mines du nord de la France : le territoire était soumis au régime douanier français ; le pays restait sous l'égide de la Société des nations pour une période de quinze ans, au terme de laquelle la population devait être consultée sur le maintien d […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 1 page…



