Le mot samaritain, qui évoque une personne charitable, à l'image du Bon Samaritain de l'Évangile (Luc, X, 3-35), possède un riche contenu historique. Vivant en Israël, sans être strictement juifs ni arabes, les Samaritains constituent actuellement, comme ils l'affirment, l'un des plus petits et plus anciens peuples de la Terre. Au début du xxie siècle, ils étaient environ 700, répartis entre le territoire soumis à l'Autorité autonome de Palestine, à Naplouse, près de leur foyer historique du mont Garizim – « la montagne des Bénédictions d'Israël », selon les propos de Moïse –, et les récents établissements dans l'État d'Israël, à Holon, à la périphérie de Tel-Aviv. Jadis, ils risquèrent de disparaître en raison de calamités, d'apostasies et d'une stricte endogamie. En 1917, on comptait 146 individus. Les assouplissements des contraintes ont amélioré leur situation démographique.
Les ouvrages les concernant se sont multipliés depuis que l'historien et astronome Guillaume Postel publia, en 1538, le premier alphabet samaritain et que l'érudit napolitain Pietro Della Valle entra, en 1616, en possession du premier Pentateuque samaritain connu en Europe, mais surtout, plus près de nous, après la diffusion pendant huit décennies du livre de référence The Samaritans de J. A. Montgomery et grâce, enfin, à l'activité d'une association internationale, la Société d'études samaritaines (S.E.S.), fondée à Paris en 1985 par un groupe de savants réunis autour de Dom Guy D. Sixdenier. La S.E.S. a publié les actes de ses travaux et a patronné la publication de deux ouvrages collectifs, A Companion to Samaritan Studies – un ensemble homogène d'articles – et The Samaritans, un dictionnaire encyclopédique, qui constituent maintenant l'abc de toutes les recherches.
1. Spécificité religieuse
À la différence des autres Juifs, les Samaritains ont conservé le rôle des prêtres et du grand prêtre en tant que médiateurs entre les hommes, la nation et Dieu ainsi que les traditions relatives au Temple. Le sacerdoce de leurs famill […]
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