Prêtre juif, chargé des affaires juives à la cour de Perse, vraisemblablement sous le règne d'Artaxerxès II (~ 404-~ 359), Esdras est avec Néhémie le principal « maître d'œuvre » de la reconstruction de Jérusalem et de la création du nouvel Israël. La chronologie de leurs missions respectives est assez discutée.
Esdras, à qui le roi « accordait tout ce qu'il demandait », est envoyé à Jérusalem. À la fin de sa mission, il rédige un compte rendu pour les autorités perses qui lui avaient donné mandat officiel en Judée, et pour les Juifs de Babylone qui lui avaient confié des sommes importantes pour aider au redressement matériel et spirituel de Jérusalem.
En Babylonie, les cercles sacerdotaux achèvent la mise en forme du Code sacerdotal et rassemblent les différentes traditions du Pentateuque. En Judée, Juifs et Samaritains s'opposent pour des motifs politico-religieux. Esdras y est envoyé pour régler la querelle judéo-samaritaine : Esdras impose une loi en rassemblant les apports anciens du Pentateuque, le Code sacerdotal et quelques lois additionnelles, assurant ainsi l'unité de la législation entre « l'étranger et l'indigène » sous l'égide du sacerdoce de Jérusalem. Il renforce la réforme de Néhémie sur les mariages avec les étrangères : les Juifs doivent répudier toutes les femmes étrangères. Après un conseil avec les membres de la communauté de Jérusalem, Esdras fait une lecture solennelle de la « loi de Moïse » dans la Ville sainte (Néhémie, vii, 72-viii, 18). La venue d'Esdras à Jérusalem est, pour la communauté, le commencement d'un ordre nouveau, et le jour où la loi est proclamée marque la naissance du judaïsme.
À partir de ce moment, le scribe (celui qui est habile dans l'art d'écrire) devient celui qui lit, traduit et explique la loi au peuple d'Israël. Le Pentateuque, remanié, devient loi d'État pour les Juifs et les Samaritains, et proclame l'unité de temple, de sacerdoce et de liturgie. La mission d'Esdras n'est pourtant qu'un demi-succès, malgré l'appui des prêtres : un demi-siècle après son arrivée, les Samaritains obtiennent d'Alexandre le Grand l'autorisation de bâtir leur temple sur le Garizim et Esdras restera pour eux le « maudit Esdras » qui obligea les Samaritains à prier au temple de Jérusalem. Le Siracide ignore Esdras ainsi que Maccabées (ii, 13) qui ne cite que Néhémie ; mais l'apocryphe du ~ ie siècle, le IVe Livre d'Esdras, lui attribue la réédition de tous les livres sacrés qui avaient péri durant l'Exil.
Sous l'inspiration divine, il aurait dicté ces livres de mémoire pendant quarante jours. Le judaïsme du Moyen Âge l'a considéré comme le fondateur de la Grande Synagogue.
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