La silice, composant majeur des roches cristallines, est un des plus abondants produits de leurs décomposition à la surface du globe. Si elle constitue l'essentiel des roches d'origine détritique (cf. conglomérats, grès), elle forme aussi diverses roches d'origine chimique ou biochimique.
Comme les roches siliceuses détritiques, les roches siliceuses biochimiques et chimiques sont des roches dures (dureté 7 : elles rayent le verre et l'acier), inattaquées par les acides (sauf l'acide fluorhydrique), à cassure courbe et esquilleuse, à bords tranchants (cassure conchoïdale). Elles sont principalement formées d'opale (silice hydratée), de fibres de calcédoine et d'agglomérats cryptocristallins de grains de quartz. Elles résultent soit de l'accumulation de tests siliceux de protozoaires (radiolarites), de protophytes (diatomites) ou de spongiaires (spongolites), soit de la précipitation de silice dissoute (silex, chailles, meulières). Ces roches sont réparties dans toute la série stratigraphique. Façonnées, elles ont été les outils des hommes de la préhistoire, et leur choc fait jaillir le feu depuis plus d'un demi-million d'années. Aujourd'hui, leur principal usage est d'entrer, sous forme de cailloux, dans la fabrication du béton, matériau dont l'homme fait, après l'eau, la plus grande consommation.
1. Roches sédimentaires siliceuses d'origine biochimique
• Les radiolarites
Les radiolarites sont des roches dans lesquelles la silice a été apportée par des tests de radiolaires. On retrouve la trace de ces protozoaires du groupe des Actinopodes en lame mince, parfois admirablement conservée, noyée dans un ciment de calcédoine ou de quartz microcristallin. Certaines radiolarites, comme celles, tertiaires, de la Barbade, apparaissent comme l'équivalent des boues à radiolaires actuelles qu'on rencontre par des fonds de 2 000 à 6 000 m dans les océans Indien et Pacifique, d'abord mêlées à des boues calcaires, puis de plus en plus pures (vers 4 000 m) par suite de la dissolution progressive de tous les éléments carbonatés.
D […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 5 pages…



