On appelle guerres puniques le conflit qui opposa Carthage à Rome, de 264 à 146 avant J.-C., et qui se termina par la destruction de Carthage. L'emploi de cette expression implique qu'on adopte le point de vue romain, le seul qui soit connu, puisque tous les témoignages émanent d'historiens latins (le principal est Tite-Live) ou de Grecs amis de Rome, comme Polybe qui assista à la destruction de Carthage. Le conflit comprend trois phases actives. La première est une lutte pour la possession de la Sicile, qui s'achève au bénéfice de Rome. La deuxième est une tentative de revanche menée par une famille carthaginoise, les Barcides. Si Hannibal essaie de briser la « confédération italique » et y parvient presque, Rome reprend le dessus et règle l'affaire en Afrique même. Carthage n'est plus dès lors qu'un État vassal. Enfin, Rome décide un jour, pour des raisons malaisément compréhensibles, de la détruire. Il lui faut alors trois ans pour venir à bout de la résistance désespérée d'un peuple qui démontrera sa vitalité en maintenant sa civilisation pendant plusieurs siècles.
Cette crise représente un tournant dans l'évolution du monde méditerranéen antique. Polybe remarquait déjà qu'elle avait décidé du sort du bassin oriental, dominé depuis Alexandre par les États gréco-macédoniens, autant que de celui du bassin occidental ; il souligne aussi que les moyens employés par les adversaires ont été beaucoup plus importants que ceux qui ont été mis en œuvre dans toutes les guerres antérieures, y compris celles d'Alexandre. A. J. Toynbee compare les guerres puniques aux guerres mondiales du xxe siècle : elles ont entraîné une transformation radicale, politique et sociale, de tous les peuples qui s'y sont trouvés impliqués. Pour Rome, elles marquent le passage de la première phase de l'impérialisme, limitée à l'Italie, à la seconde, dont l'objectif est la domination du monde antique. Elles entraînent une transformation des relations entre Rome et les Italiens, qui aboutira à la mort de la cité romai […]
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