4. Le nouvel empire punique
• Les Barcides et la seconde guerre
Toute la politique d'Amilcar consiste dès lors à préparer la revanche en réunissant les moyens militaires et économiques qui avaient fait défaut pendant la première guerre, et en se donnant une indépendance politique qui lui permet d'échapper au contrôle du gouvernement légal de Carthage, d'ailleurs aux mains de ses amis. Pour cela, il crée en Espagne un véritable royaume indépendant, riche des ressources minières de la Péninsule, et une armée composée pour l'essentiel des redoutables guerriers ibériques et toute dévouée à sa personne et à sa famille (237-229). Après sa mort, la tâche est poursuivie d'abord par son gendre, Asdrubal, plus prudent à l'égard de Rome, puis par son fils, Hannibal, qui, au contraire, adopte dès son avènement, en 221, une attitude intransigeante.
La question des rapports diplomatiques entre Rome, qui a longtemps méconnu le péril, et l'État barcide est obscure ; mais il n'est pas douteux que la destruction de Sagonte, ville ibérique protégée par Rome, constitue un casus belli qu'Hannibal a délibérément accepté. Il a en effet formé un plan extrêmement logique pour briser la force romaine. Il s'agit de dissoudre la confédération italique en utilisant les divergences d'intérêts qui commencent à opposer Rome à ses alliés campaniens ou grecs italiotes ; Rome sera ainsi privée de sa puissance maritime et Carthage pourra reprendre le contrôle de la Méditerranée. La condition première est la neutralisation de l'armée romaine. Hannibal compte y parvenir en utilisant la force d'expansion des Celtes que la pression des Belges pousse à ce moment vers le sud et l'ouest. C'est pourquoi il attaque l'Italie par terre, à travers la Gaule méridionale et les Alpes. Malgré les fatigues de cette longue marche d'approche et bien que les Gaulois cisalpins n'aient pas bougé, Hannibal parvient avec l'aide des Celtes de la plaine padane à écraser les légions à la Trébie (218), à Trasimène (217) et surtout à Cannes (216). Capoue se détache alors de Rome, puis c'est le tour de Tarente et de Syracuse. Malheure […]
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