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MAYAS

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Les Mayas occupent, au sein de l'imaginaire européen, une place prépondérante par rapport aux autres civilisations du Nouveau Monde. Sans minimiser leur importance intrinsèque, puisqu'ils contrôlaient presque la moitié du territoire mésoaméricain, plusieurs facteurs expliquent cet attrait. Leur maîtrise de l'écriture et du calendrier a attiré l'attention dès le xixe siècle : Champollion lui-même s'est penché sur la question. Mais l'intérêt pour le déchiffrement des textes mayas a longtemps occulté l'étude des autres systèmes glyphiques mésoaméricains. Au moment de la Conquête et de la découverte du Nouveau Monde, cette prestigieuse culture était depuis longtemps tombée dans l'oubli. Le mystère de leur disparition a toujours fasciné amateurs et chercheurs. Mais, paradoxalement, les Mayas sont encore bien présents de nos jours, et tous sont conscients de leur capacité de survie et de résistance. Cette continuité culturelle et linguistique, qui remonte à plus de trois millénaires, malgré d'inévitables apports extérieurs, implique une forte homogénéité, qui autorise le recours à l'interdisciplinarité, pour interpréter leur passé. La compréhension des vestiges archéologiques s'appuie sur l'ethnologie, l'histoire et l'épigraphie, accentuant l'intérêt que l'on porte à ce monde en même temps disparu et bien vivant.

Pourtant, en dépit de l'ampleur des connaissances, la recherche est loin d'être achevée. Des pans entiers restent à explorer ou à comprendre. On ne sait presque rien sur des régions entières, comme le nord-ouest du département du Petén, au Guatemala, ou sur la région des Chenes, au style si particulier. Chaque campagne de fouille apporte son lot de découvertes, qui modifient parfois profondément les préjugés et les interprétations. Les fouilles actuelles de l'île de Jaina ouvrent de nouvelles pistes sur le commerce à l'époque classique. Le projet français de Río Bec permet à peine d'entrevoir une forme originale d'organisation sociopolitique, différente du pouvoir dynastique qui régentait les grandes cités du Petén, Tikal ou Calakmul. Au nord de la péninsule du Yucatán, bien loin des Chenes, justement, une façade caractéristique de ce style détonne, découverte à Ek Balam en 1997. Et il est encore difficile d'évaluer les résultats des fouilles menées, de nos jours, à Cancuén, El Perú, Piedras Negras ou Yaxuná, pour ne nommer que quelques sites. À l'image désuète d'une civilisation maya paisible, stable et homogène se superpose peu à peu celle d'un monde foisonnant, divers, déchiré par les guerres, les conflits, dont l'histoire alterne crises et renaissancesL'Amérique centrale avant les Aztèques.

L'Amérique centrale avant les Aztèques Animation

L'Amérique centrale avant les Aztèques Entre 1200 avant J.-C. et 200 après J.-C., les Olmèques des basses terres des actuels États de Veracruz et de Tabasco développent la première grande civilisation de l'ancien Mexique. Leur influence se diffuse largement en Amérique centrale. Aux alentours de 500 avant J.-C., la civilisation olmèque s… 

Crédits: Encyclopædia Universalis France Consulter

1.  Un milieu varié

On divise traditionnellement le pays maya en trois grands ensembles géographiques : les hautes terres volcaniques méridionales du Guatemala, bordées au sud d'une étroite plaine sur la rive du Pacifique ; au centre, la vaste forêt tropicale du Petén, qui englobe, à l'ouest, le Chiapas et le Tabasco (Mexique) et, à l'est, le Belize et l'ouest du Honduras ; au nord, les États mexicains de Campeche, Quintana Roo et du Yucatán constituent l'aire maya septentrionale, vaste plateau calcaire poreux, dépourvu de cours d'eau, au climat plus sec, recouvert d'une végétation xérophile basse.

Cette subdivision correspond à une réalité, dont les implications sont également culturelles. Le grand Petén a abrité l'épanouissement des grandes cités de la civilisation maya classique avec leurs centres monumentaux, leurs temples-pyramides élevés et leurs stèles. Lapéninsule du Yucatán a vu se développer des variantes régionales, les styles Río Bec, Chenes et Puuc, et connu une floraison plus tardive. La civilisation maya y a survécu le plus longtemps, autour de Chichén-Itzá, puis de Mayapán. Les hautes terres, au relief plus tourmenté, mais plus riches en ressources, en particulier minérales, ont facilité une plus importante diversification des manifestations, reflet de la variété des groupes qui occupent la région.

Toutefois, ce schéma ne rend pas compte de la grande richesse interne, dont on commence à saisir les multiples implications. Des études locales plus fines permettent de subdiviser ces grands ensembles en de nombreuses régions, en fonction de la diversité des situations et des milieux. Comment ne pas tenir compte de l'existence des grands fleuves, Usumacinta ou Motagua, pour expliquer le développement de sites comme Yaxchilan, Piedras Negras, Cancuén, actuellement considéré comme un véritable centre commercial, ou vers l'est, Quiriguá et Copán ? La croissance de Mirador, Tikal ou Calakmul est-elle dissociable des grands marais, les bajos, qui avoisinent ces cités ? La colonisation tardive des collines arides du Puuc, et la floraison de cités comme Uxmal ou Kabah sont étroitement liées à la maîtrise des techniques d'emmagasinage de l'eau. Mais que penser des liens entre la densité de petites entités locales et les montagnes mayas du sud du Belize, ou du caractère dispersé de l'habitat dans les collines de Río Bec ? Au sein d'un monde apparemment homogène, la diversité écologique ouvre de nouvelles perspectives sur l'adaptation humaine et ses modalités. On en trouve d'ailleurs des indices sur le plan linguistique. À un ensemble septentrional majoritairement de langue yucatèque s'oppose un ensemble méridional où les multiples groupes linguistiques – Quiché, Cakchiquel, Mam, Pokomam – sont inscrits dans des territoires de dimensions plus restreintes. Et pour ce qui est du Petén, où dominent les Chols, la question reste posée de la présence d'autres groupes.

2.  Un peuplement ancien : une continuité de 3000 ans

Même si divers indices ou découvertes confirment l'occupation du territoire dès l'étape lithique, il est impossible d'affirmer l'identité de ces populations. Du matériel lithique à Los Tapiales (9600-8800) au Guatemala ou dans la grotte de Loltun au Yucatán, une pointe isolée de type Clovis à Ladyville (Belize), des artefacts qui prouvent une installation humaine, toujours dans le nord du Belize, sont des éléments trop dispersés pour en déduire une continuité. L'outillage lithique de Colha, daté du Préclassique ancien (2000-900 av. J.-C.), qui suggère que les occupants de ce site du Belize s'adaptaient de mieux en mieux à leur environnement, ne peut encore être relié aux origines de la civilisation maya.

Il faut attendre environ 1000 avant J.-C., à Cuello, encore au Belize, pour voir se mettre en place un petit hameau, qui se dote progressivement de bâtiments communautaires plus importants, puis commence à pratiquer des coutumes funéraires ou des sacrifices dont on retrouve par la suite l'existence jusqu'à l'apogée maya classique. La croissance de Cuello se poursuit jusqu'au Préclassique récent, et il ne fait guère de doute que les habitants de ce petit centre côtier sont déjà des Mayas. De 1000 avant J.-C. jusqu'à nos jours, le peuple maya connaît croissances et crises, mais constitue un phénomène exceptionnel de longévité culturelle depuis trois millénaires.

De 1000 à 300 avant J.-C., le pays maya connaît une croissance rapide dont on prend à peine la mesure. La présence de petits villages, de hameaux a certes été identifiée depuis longtemps à Tikal, Seibal ou Uaxactún. Mais, pour ce dernier site par exemple, une révision de l'importance de l'occupation s'impose à la lumière des travaux récents. À Komchén ou Yaxuná, au Yucatán, on enregistre la présence d'édifices monumentaux, qui peuvent atteindre 11 mètres de hauteur. Mais c'est surtout dans le nord du Petén, à Nakbé et dans d'autres sites voisins, que les travaux de Hansen confirment le dynamisme maya. Déjà occupé depuis 1000 avant J.-C., Nakbé voit apparaître, à partir de 800 avant J.-C., les premières plates-formes monumentales, qui traduisent l'existence d'une population nombreuse et organisée. Bientôt, l'élite locale érige une première stèle, puis d'autres. Des coquillages travaillés attestent la pratique d'échanges à longue distance. Le mouvement est lancé : Nakbé se dote, entre 600 et 400 avant J.-C., de pyramides, dont l'une de 18 mètres de hauteur. Un terrain de jeu de balle est construit, indice de pratiques rituelles complexes. D'autres sites, tels que Tindal et Pacbitun, suivent le mouvement, et édifient à leur tour des ensembles architecturaux.

Si ce développement, contemporain de l'apogée des cités olmèques, peut être attribué à des populations mayas, la question se pose de l'homogénéité du peuplement. En effet, il est envisagé que la partie occidentale du pays maya ait vu l'intrusion de populations venues du sud, liées aux groupes Mixe-Zoques qui occupent le sud du Chiapas. Les inscriptions découvertes sur le site de San Bartolo sont clairement de filiation mixe-zoque. Ces derniers auraient ainsi introduit en terre maya des apports propres, ainsi que certains héritages olmèques, comme la sculpture monumentale. Divers chercheurs notent même, avec de solides arguments, des similitudes entre l'architecture ou la céramique de sites de l'extrémité nord-ouest du Yucatán et les traditions Mixe-Zoques. Là aussi, beaucoup reste à faire, mais de solides bases sont jetées pour démontrer que la colonisation du pays maya est plus complexe qu'il n'y paraît. Et le phénomène englobe les régions méridionales, comme le prouve l'existence de stèles sur des sites des hautes terres dont El Portón (vallée de Salama).

3.  Une première apogée préclassique

Sans qu'on puisse encore mesurer l'importance relative des apports extérieurs et du dynamisme interne, il reste que leur conjonction aboutit au Préclassique récent (300 av. J.-C.-250 apr. J.-C.) à un premier apogée de la civilisation maya. Son aspect le plus frappant est l'omniprésence, sur tout le territoire, d'une céramique particulière appelée Sierra Red, qui se définit par sa couleur rouge cireuse au toucher. Du nord de la péninsule du Yucatán aux contreforts des hautes terres, on a découvert dans tous les sites explorés et fouillés des quantités variables, mais importantes, de cette poterieArt maya : poterie anthropomorphe, ce qui confirme simultanément une forte croissance démographique et une homogénéisation culturelle.Cylindre à trépied, art maya D'autres traits renforcent cette interprétation, comme la présence sur les pyramides, de part et d'autre des escaliers, de masques monumentaux en stuc, qui représentent des dirigeants ou des créatures surnaturelles associées à des principes cosmologiques. L'exemple le plus fameux est celui de la pyramide E-VII-sub de Uaxactún, mais d'autres masques proviennent de Tikal, Calakmul ou Cerros, au Belize, pour ne citer que les plus connus. Leur symbolisme est fonction de leur localisation, mais leur seule existence prouve la maîtrise des techniques de fabrication du stuc. D'autres découvertes attestent d'innovations multiples : une tombe polychrome à Tikal, pour ce qui touche à la peinture et aux pigments, des objets porteurs de glyphes, voire de dates, comme la plaque de Leyde, qui confirment la maîtrise de l'écriture et du calendrier. De façon plus surprenante, la présence à Calakmul d'une véritable voûte avec une clef est un cas unique à ce jour. La maîtrise de cette technique pose la question des choix technologiques. Si les architectes mayas connaissaient la voûte, pourquoi ont-ils privilégié la fausse voûte à encorbellement pour leurs constructions ? Une question de même nature porte sur la roue, dont le principe est connu, mais qui ne fera jamais l'objet d'une utilisation fonctionnelle.

Art maya : poterie anthropomorphe Photographie

Art maya : poterie anthropomorphe Art maya : poterie anthropomorphe provenant de l'actuel Guatemala, époque préclassique, Ier millénaire av. J.-C. Museum of Mankind, Londres. 

Crédits: The Bridgeman Art Library/ Getty Consulter

Cylindre à trépied, art maya Photographie

Cylindre à trépied, art maya Cylindre à trépied avec tête d'homme. Céramique. Hauteur: 22 cm. Provient de la tombe 10 d'El Petén, Tikal, Guatemala. Museo Sylvanus G. Morley, Tikal. 

Crédits: F. Guénet/ AKG Consulter

Quant à la complexité du calendrier et du système d'écriture mayas, elle ne saurait se résumer en quelques lignes. Il est plus pertinent de souligner que à côté des centaines de monuments porteurs d'inscriptions datées, on dispose, pour les déchiffrements, d'un nombre croissant d'objets qui incluent des textes en écriture cursive, la même qui fut utilisée sur les codex (les manuscrits pictographiques) qui ont permis peu à peu de lire les glyphes. Actuellement, les épigraphistes parviennent à déchiffrer près de 80 p. 100 des glyphes connus. Et en s'appuyant sur les diverses langues existantes, chol ou yucatèque, on parvient à transcrire les noms et les toponymes. La recherche s'enrichit également de l'identification d'autres systèmes, comme les textes mixe-zoques, voire olmèques, si la découverte récente d'une inscription attribuée à cette civilisation est confirmée. Mais il ne faut pas oublier que les inscriptions mayas, malgré leur caractère historique, sont aussi des instruments de propagande politique, profondément empreints de symbolisme mythologique.

Au sein de la croissance générale de la civilisation maya, certaines régions et quelques sites connaissent un développement particulièrement spectaculaire. Parmi eux, Mirador, au nord du Petén, est le plus important : le seul complexe d'El Tigre, l'un des nombreux ensembles de cette cité, atteint le volume impressionnant de 428 680 mètres cubes. D'autres sites, Nakbé et Edzná au Campeche, Komchén au nord du Yucatán, se dotent d'ensembles monumentaux comparables. À Nakbé apparaissent les premiers groupes triadiques, trois temples associés dont la disposition obéit à des conceptions religieuses et cosmogoniques. Des chaussées pavées relient groupes et sites voisins. Des sites mineurs, comme Cerros, avec ses deux terrains de jeu de balle, participent à cette activité, tandis qu'on enregistre des travaux d'intensification agricole. Des terrasses sont aménagées sur les pentes des collines, autour de Nakbé, de Mirador ou de Caracol, et, dans les zones inondables, les Mayas édifient les premiers champs surélevés à Pulltrouser Swamp, au Belize. Ces travaux de conquête de terres répondent aux besoins, mais traduisent peut-être aussi la fragilité d'une économie qui peine à faire face à la croissance démographique et à l'intense activité publique.

Toujours est-il que ce premier apogée s'achève par une crise dont on ne connaît pas réellement les causes, ni les implications. La fin du Préclassique récent se traduit par une rupture, marquée par la chute de grandes cités, Mirador, Komchén ou Nakbé, mais touche aussi des sites mineurs comme Cerros ou Cuello. Le cas le plus marquant est celui de Mirador, dont l'activité cesse brutalement, et dont la chute pourrait être le fait de Tikal qui amorce sa croissance. Mirador va désormais végéter dans un statut de centre mineur, peuplé de quelques habitants à peine. À côté de ces effondrements ou effacements, d'autres cités, Becán ou Edzná surmontent la crise en se dotant de protections ou de fortifications, murailles, fossés. Ces aménagements se justifient-ils par des conflits violents, comme l'a proposé Webster, ou résultent-ils d'autres causes ? Il est encore difficile de le dire, mais le monde maya connaît une profonde instabilité, dont les répercussions se font sentir jusqu'aux hautes terres. La vallée de Salama, les sites côtiers d'Izapa et de Takalik Abaj qui avaient auparavant participé à la mise en place des traditions mayas se différencient rapidement, et perdent de leur dynamisme. Kaminaljuyú, au cœur des hautes terres où l'on avait identifié une présence ch'olan étroitement liée aux basses terres, perd son importance pour bientôt basculer dans l'orbite de Teotihuacán. Cette redistribution des rôles jette les bases de l'affrontement, durant le Classique ancien, entre Tikal et Calakmul.

4.  Le Classique ancien : un conflit dramatique

Le Classique ancien (300-600 apr. J.-C.) est dominé par la rivalité qui oppose les deux grandes cités de Tikal et Calakmul, avec en arrière-plan l'ombre menaçante de Teotihuacán. Calakmul, comme Tikal, a entamé sa croissance dès le Préclassique récent, et les travaux mettent au jour des édifices, des frises, des sépultures prestigieuses qui témoignent de l'ancienneté de son occupation. Sans qu'on puisse déterminer le rôle de ces deux entités dans l'effondrement de Mirador et des cités du nord du Petén, Calakmul et Tikal ont bénéficié du vide créé par la disparition de concurrents potentiels. Mais leur situation diffère.

Tikal, dont la dynastie est déjà bien implantée, se trouve sur l'une des routes d'échanges qui traverse la forêt. Elle entretient déjà des liens avec des cités lointaines, en particulier la puissante capitale du Mexique central. Sa position stratégique comme sa prospérité sont peut-être à l'origine des convoitises de Teotihuacán. Vers la fin du ive siècle, Tikal puis les sites voisins Uaxactún et Río Azul tombent aux mains de conquérants étrangers. Loin de l'affaiblir, ils donneront à Tikal un pouvoir inégalé. Le cœur du Petén n'est pas la seule région qui passe sous le contrôle de Teotihuacán. Dans les hautes terres, Kaminaljuyú fournit de nombreux indices d'une forte présence de gens originaires de la métropole mexicaine. Édifices construits en talud-tablero, matériel céramique, sépultures et offrandes funéraires en sont autant de preuves. Il en va de même à CopánCopán, le terrain de jeu de balle, où le dirigeant Yax K'uk Mo' serait également originaire de Teotihuacán. Toutes ces cités sont localisées sur des routes d'échanges ou à proximité de ressources stratégiques : le jade de la vallée du río Motagua, les gisements d'obsidienne d'El Chayal ou d'Ixtepeque. Mais l'influence de Teotihuacán dépasse ces implantations locales et, sur plusieurs sites, des représentations du dieu de l'orage de Teotihuacán (à Yaxhá), des céramiques tripodes (au Belize) et des figurines creuses (à Becán) évoquent la puissance de la métropole mexicaine.

Copán, le terrain de jeu de balle Photographie

Copán, le terrain de jeu de balle Copán fut la plus méridionale des grandes cités maya. Fondée au Ve siècle, elle est abandonnée vers 800. À droite sur la photo, le terrain de jeu de balle, encadré de larges banquettes inclinées. 

Crédits: DreamPictures/ The Image Bank/ Getty Consulter

Calakmul doit-elle à sa localisation dans une région écartée, plus pauvre, d'avoir échappé à ce contrôle ? Sa situation lui permet une croissance régulière et continue qui la conduit à se poser en rivale, souvent victorieuse, de Tikal. Il n'est pas utile de détailler ici l'affrontement entre les deux puissances, mais il est hors de doute qu'il a impliqué la plupart des cités mayas du Petén et leurs dynasties naissantes. Au fil des conflits, Calakmul a su tisser des liens d'alliances, peut-être même de vassalité, avec les ennemis de Tikal, Caracol, Naranjo, voire avec les transfuges de Dos Pilas. Les monuments sculptés, les stèles retracent sur ces nombreux sites l'histoire de cette coalition puissante mais fragile, qui est parvenue à étouffer Tikal, puis à l'écraser, réduisant sa dynastie au silence pendant près de cent trente ans (562-692). Mais Calakmul n'a pas réussi à unifier les cités rivales et à transformer cette coalition hétéroclite en une structure homogène, un État. D'autres cités, comme Palenque, sont demeurées fidèles à Tikal, d'autres encore, Copán ou Quiriguá, aux confins méridionaux des basses terres, sont restées à l'écart.

Les véritables bénéficiaires de ces guerres permanentes sont les dynasties locales, qui ont profité des circonstances et de l'épuisement des belligérants pour acquérir puissance et prospérité. Lorsque Tikal réussit à retourner la situation en sa faveur et écrase à son tour son ennemie, les basses terres se sont divisées en une cinquantaine d'entités politiques, qui rivalisent d'énergie et d'activité, pour donner naissance à l'époque de la splendeur.

Au Classique ancien, de nouvelles expressions artistiques se sont développées. À Tikal et à Calakmul surtout, le culte dynastique s'impose, manifesté par l'érection de stèles et de monuments riches en inscriptions. La céramique s'est aussi enrichie de la polychromie. Et chaque cité a construit des temples, des palais, des acropoles souvent disposées autour de cours où se réunissait la population pour assister aux rites et révérer ses dirigeants. Tous les traits caractéristiques du monde maya sont désormais présents. Chaque dynastie peut laisser libre cours à son dynamisme propre.

5.  Le Classique récent et l'apogée

Les stèles, souvent érigées tous les vingt ans, sont les supports privilégiés pour inscrire les dates et les événements importants pour chaque dirigeant. Les Mayas utilisent aussi les disques de pierre (Caracol), les escaliers hiéroglyphiques (Copán, Yaxchilan), les panneaux (La Corona), voire le stuc (à Palenque), ou la peinture murale (à BonampakFresques de Bonampak : musiciensFresques de Bonampak : scène de danse). L'abondance et la diversité des textes, comme les progrès du déchiffrement permettent peu à peu de faire entrer les Mayas dans l'histoire. L'identification des glyphes-emblèmes, propres à chaque cité, dessine une carte politique du territoire, où s'affrontent au minimum une cinquantaine d'entités rivales. On ne peut ici en dresser la liste, mais il suffit d'évoquer Tikal et Calakmul, bien sûr, mais aussi Copán, Quiriguá, Palenque, Toniná, Yaxchilan, Piedras Negras, Caracol, Naranjo et tant d'autres pour constater que chacune ne contrôle qu'un territoire assez restreint, où souvent une journée de marche permet d'aller des frontières à la capitale. À l'intérieur de ces limites, la population est répartie en hameaux, en petits villages, parfois dans des bourgs contrôlés par une famille noble alliée ou vassale de la dynastie. Ces petits centres comptent alors un palaisPalenque : vue extérieure du palais, un temple, rarement un monument sculpté ou un terrain de jeu de balle.

Fresques de Bonampak : musiciens Photographie

Fresques de Bonampak : musiciens Trois musiciens frappent des carapaces de tortues avec des andouillers de cerf, un quatrième joue du tambour. Détail des peintures murales de Bonampak. Première pièce de l'Édifice aux peintures. Vers 800. Restitution. État du Chiapas, Mexique. Museo nacional de antropologia, Mexico. 

Crédits: Index/ The Bridgeman Art Library/ Getty Consulter

Fresques de Bonampak : scène de danse Photographie

Fresques de Bonampak : scène de danse Dignitaires maya dansant, détail des peintures murales de Bonampak. Première pièce de l'Édifice aux peintures. Vers 800. Restitution. État du Chiapas, Mexique. Museo nacional de antropologia, Mexico. 

Crédits: Index/ The Bridgeman Art Library/ Getty Consulter

Palenque : vue extérieure du palais Photographie

Palenque : vue extérieure du palais Le palais de Palenque et sa tour carrée. Grande ville maya de l'époque classique, abandonnée vers 800, Palenque est aussi célèbre pour ses sculptures et ses décorations de stuc. État du Chiapas, Mexique. 

Crédits: Clive Coward, The Bridgeman Art Library/ Getty Consulter

C'est dans la cité que réside le dirigeant, l'Ajaw, avec sa famille, ses guerriers, ses prêtres et ses serviteurs. La vie tourne autour de la dynastie régnante. Le roi exerce un pouvoir absolu, entouré de ses ancêtres, et revêtu des symboles solaires ou terrestres qui justifient sa puissance. Il est représenté sur les monuments sculptés, sur les crêtes faîtières qui couronnent les temples, à Tikal, sur les fresques à Bonampak. Il y apparaît revêtu des atours du pouvoir, accompagné de créatures qui évoquent ses prédécesseurs. Il fait ériger les pyramides qui abritent les tombeaux de ses ancêtres, à Palenque (temple des Inscriptions), Tikal (temples I, IVTikal) ou Calakmul. Même si son pouvoir est absolu, il n'est en réalité que le représentant de la dynastie, ce qui lui impose des obligations lourdes. Pour son peuple, il doit assumer la survie et la protection de la communauté, verser son sang dans l'autosacrifice, comme on le voit sur les panneaux de YaxchilánYaxchilan : autel sacrificiel. Si le pouvoir est héréditaire, sa stabilité dépend largement de la capacité du dirigeant à assurer la prospérité face aux exigences des divinités et aux convoitises des ennemis. Le pouvoir dynastique, la cité, le territoire sont étroitement interdépendants.

Tikal Photographie

Tikal Au premier plan, l'acropole centrale, le temple II. À l'arrière-plan, le temple III (à gauche) et le temple IV (à droite). Tikal compte les temples les plus élevés de l'aire maya : le temple IV atteint 70 mètres de hauteur. Peten central, Guatemala. 

Crédits: Olaf Soot, Tony Stone Images/ Getty Consulter

Yaxchilan : autel sacrificiel Photographie

Yaxchilan : autel sacrificiel Autel sacrificiel placé devant le temple maya du Labyrinthe à Yaxchilan, fin de la période classique, VIIe-IXe siècle. État du Chiapas, Mexique. 

Crédits: Index/ The Bridgeman Art Library/ Getty Consulter

Les dirigeants doivent affirmer leur prestige personnel, celui de leur dynastie et celui de leur cité. Sur le plan intérieur, cela se traduit par une politique permanente de construction et de grands travaux. Chaque cité se dote de temples-pyramides, d'acropoles, de palais aux multiples pièces, de terrains de jeu de balle, mais aussi de gigantesques chaussées pavées, où, comme à Tikal, se déroulent les processions. Les signes extérieurs de richesse se font plus ostentatoires : vêtements brodés, coiffures surmontées de panaches de plumes de quetzal, peaux travaillées de jaguar, bijoux de jade et de pierres fines. Pour assurer la qualité de cet apparat, les dirigeants s'entourent d'artisans qui fabriquent les boucles d'oreilles, les colliers, les anneaux, mais aussi les armes et autres symboles du pouvoir. Des potiers créent la vaisselle de luxe, souvent polychrome, décorée de scènes qui représentent les dirigeants. Parmi ces récipients somptueux, les vases-codex, cylindres polychromes ornés de figures mythologiques et d'inscriptions, occupent une place de choix. Il faut mentionner aussi les scribes, les sculpteurs, les artisans du bois, responsables des linteaux qui ornent, comme à Tikal, l'entrée des temples. Cette politique somptuaire pèse très lourdement sur la population et les ressources.Femme avec chapeau, art maya

Femme avec chapeau, art maya Photographie

Femme avec chapeau, art maya Récipient anthropomorphique représentant une femme avec un chapeau. Classique récent, VIIe-IXe siècle. Terre cuite. Provient de l'île de Jaina, État de Campeche. Musée national d'anthropologie, Mexico. 

Crédits: F. Guénet/ AKG Consulter

Son corollaire est, presque inévitablement, une politique agressive vers l'extérieur. Certes, de nombreux produits ne peuvent être obtenus qu'au travers d'échanges. Mais la conquête et le tribut sont d'autres moyens d'enrichir la communauté. La guerre est pour les dirigeants le moyen essentiel d'affirmer leur prestige. De plus, elle entre dans les responsabilités du roi, car elle fournit les prisonniers indispensables aux sacrifices, et un roi victorieux est favori des dieux. On est bien loin du vieux cliché qui voyait dans les Mayas un peuple paisible conduit par des prêtres astronomes : les dirigeants mayas sont de féroces guerriers qui mènent leur peuple à la bataille. Quant aux dirigeants vaincus, ils sont sacrifiés, à Palenque, Copán ou Toniná. Les fresques de BonampakFresques de Bonampak : scène de combat évoquent non seulement la bataille, mais aussi la torture et la mise à mort des vaincus. Les fouilles de Dos Pilas, Aguateca et Punta de Chimino ont permis de retracer l'histoire indissociable d'une dynastie et de son peuple, unis dans la victoire comme dans la défaite et le massacre. La guerre n'est plus rituelle, c'est une nécessité vitale et un danger mortel.

Fresques de Bonampak : scène de combat Photographie

Fresques de Bonampak : scène de combat Scène de combat. Un guerrier armé d'une lance porte une grande coiffe. Détail des peintures murales de Bonampak. Deuxième pièce de l'Édifice aux peintures. Vers 800. Restitution. État du Chiapas, Mexique. Museo nacional de antropologia, Mexico. 

Crédits: Index/ The Bridgeman Art Library/ Getty Consulter

Les conflits permanents pèsent sur une société et une économie fragiles. Malgré la présence autour de la famille dirigeante d'une élite relativement nombreuse, la société maya demeure essentiellement agricole, avec une masse paysanne qui ne dispose que d'une technologie néolithique. Malgré des travaux d'intensification, de construction de terrasses ou de réservoirs d'eau, d'exploitation de zones inondables, les terres disponibles ne peuvent supporter qu'une population restreinte. Les ressources naturelles sont plus variées qu'on ne le pensait (arbres fruitiers, poissons et coquillages, animaux chassés ou domestiqués), mais pas infinies. L'absence de moyens de transport limite les échanges. Dans ces conditions, une guerre ou une défaite ont de lourdes conséquences, même quand la campagne est victorieuse, dans la mesure où elles épuisent les ressources. L'insécurité et l'instabilité s'accroissent et entraînent parfois des révoltes. La famille régnante de Cancuén tombe, victime d'un massacre. Rien ne permet d'affirmer s'il s'agit d'une conquête ou d'une rébellion. Mais c'est un symptôme de cette fragilité qui provoque, à partir du début du ixe siècle, la chute de nombreuses cités. En un siècle à peine (790-909), les capitales du Petén cessent toute activité. La civilisation maya classique a vécu.

6.  Une grande diversité interne

Même si les grands sites du Petén partagent les caractéristiques qui donnent à la civilisation son unité, on ne saurait minimiser la diversité des expressions régionales. La division même en entités rivales ainsi que la variété des ressources ont facilité cette recherche de spécificité. Elles l'ont parfois même rendu inévitable.

Au sein d'un art maya classique, certaines cités innovent. CopánCopán : stèle en haut relief ou Toniná préfèrent aux stèles la statuaire, la sculpture en ronde bosse. Les images de leurs dirigeants ressortent du cadre architectural, pour trôner sur des piédestaux. À Copán, de véritables mises en scène donnent aux monuments un caractère dynamique : ainsi, une statue doit être vue en perspective, afin qu'on en saisisse le sens.

Copán : stèle en haut relief Photographie

Copán : stèle en haut relief Art maya : stèle en haut relief, caractéristique de la virtuosité des sculpteurs de Copán à la fin de la période classique (début VIIe-début IXe s.). Copán, Honduras. 

Crédits: Ken Welsh, The Bridgeman Art Library/ Getty Consulter

À PalenquePalais de Palenque : bas-relief, la sculpture en pierre est délaissée au profit du stuc : bas-reliefs, moulages ou modelages décorent les façades, les linteaux, les montants de porte. Cet autre médium offre d'autres possibilités de recherche et de représentation pour les dirigeants locaux, en architecture notamment. Les temples de Palenque, tout en respectant des normes communes comme le principe des temples triadiques (les temples de la Croix, du Soleil et de la Croix-Feuillue) ou celui du temple-pyramide surmontant le tombeau de Pacal (le temple des InscriptionsPalenque : le temple des Inscriptions), acquièrent une finesse et une élégance qui les situent à part, dans l'art maya. D'autres cités conçoivent des organisations spatiales originales, comme les complexes jumeaux de Tikal.

Palais de Palenque : bas-relief Photographie

Palais de Palenque : bas-relief Art maya : bas-relief du palais de Palenque, VIIe siècle, représentant un personnage faisant le geste de soumission. État du Chiapas, Mexique. 

Crédits: Sean Sprague/Mexicolore, The Bridgeman Art Library/ Getty Consulter

Palenque : le temple des Inscriptions Photographie

Palenque : le temple des Inscriptions Architecture maya : le temple des Inscriptions à Palenque, édifié au sommet d'une pyramide de 21 mètres. Sous cette dernière a été découverte en 1952 une crypte abritant un remarquable matériel funéraire. 

Crédits: Clive Coward, The Bridgeman Art Library/ Getty Consulter

Ailleurs, comme dans le sud-est du Petén, c'est l'occupation même du territoire qui diffère. Peu de grandes cités dominantes, mais au contraire une abondance de petites entités voisines, qui couvrent un vaste territoire sans que l'on comprenne encore bien les modalités de leur organisation politique. Bien plus au sud, sur les contreforts des chaînes volcaniques et le piémont de la côte du Pacifique, autour de Santa Lucía Cotzumalguapa, fleurit un ensemble qui partage avec les Mayas bien des traits architecturaux, mais développe une spécificité dans sa sculpture. Les sites comportent de grandes acropoles ou plates-formes, le plus souvent de terre, aux revêtements de pierres. Et, à côté des traditionnelles stèles, les habitants innovent avec des colonnes, des statues, des sculptures à tenons ou des monuments formés de pièces emboîtées. Les représentations sont tout aussi variées (crânes, personnages en action, plantes locales) et leurs glyphes n'appartiennent pas à l'écriture maya classique.

C'est surtout au Yucatán que se mettent en place des variantes régionales qui se différencient non seulement par leur art, mais aussi par leur structure sociale et politique. Le premier de ces styles est localisé au Campeche, dans la région de Río Bec, à proximité immédiate du Petén. Sites mayasLes sites de Río Bec, Becán, Chicanna, Hormiguero sont dépourvus de stèles et d'inscriptions glyphiques et ne comportent pas non plus de temples-pyramides, d'acropoles ou de terrains de jeu de balle. Inversement, ils disposent d'édifices résidentiels bas surmontés de tours en trompe l'œil et aux façades décorées de masques et de motifs géométriques. Si l'on retrouve dans l'iconographie des caractères mayas, l'originalité de cet ensemble tient dans l'absence de centre monumental qu'on puisse associer à une dynastie. Les édifices sont dispersés en petits groupes de taille presque équivalente suggérant l'absence de pouvoir central, et peut-être au profit d'une organisation politique de type aristocratique, mais il est trop tôt pour l'affirmer. Plus au nord, le style Chenes est encore plus mal connu, faute de fouilles. Sa caractéristique majeure demeure la présence de petits temples dont la façade, en mosaïque de pierres, figure le monstre terrestre maya. La porte, telle une gueule grande ouverte, est surmontée de la mâchoire supérieure et du mufle, la plate-forme d'entrée signifiant la mâchoire inférieure. De part et d'autre des montants, des boucles d'oreilles et des serpents sont représentés.

Sites mayas Dessin

Sites mayas Sites mayas. 

Crédits: Encyclopædia Universalis France Consulter

Plus au nord et plus tardivement (600-950) se développe le style Puuc, dans les collines éponymes. On connaît, par les fouilles d'Uxmal, de Sayil ou de sites secondaires comme Xkipché ou Xculoc, les raisons de cette colonisation tardive. Dans cette région aride, l'eau manque ou demeure difficilement accessible. Une installation humaine permanente était donc impossible, du moins tant que les Mayas n'avaient pas conçu un système de citernes souterraines pour emmagasiner l'eau de pluie. L'utilisation systématique de ces chultuns permet une colonisation intense et rapide de ce territoire quasi vierge et inexploité. Il en résulte une floraison de sites prestigieux, Uxmal, Kabah, LabnaLabna, qui connaissent leur apogée quand les cités du Petén déclinent ou s'effondrent. Le style Puuc se caractérise par de longs édifices, souvent disposés autour de cours, comme le quadrilatère des Nonnes à UxmalUxmal, et décorés de mosaïques de pierres qui dessinent des grecques, et des motifs mayas caractéristiques, comme la natte, symbole du pouvoir. Et les façades s'ornent à l'infini du masque au long nez du dieu de la pluieChac.

Labna Photographie

Labna Structure I de style puuc, vers 800 après J.-C. Civilisation maya. Labna, Yucatán, Mexique. 

Crédits: Istituto Geografico De Agostini Consulter

Uxmal Photographie

Uxmal À l'arrière-plan, le Quadrilatère des Nonnes, puis la Maison des Tortues. À droite, la pyramide-temple dite du Devin (hauteur totale : 26 mètres). Civilisation maya. Uxmal, Yucatán, Mexique. 

Crédits: Will & Deni McIntyre, Tony Stone Images/ Getty Consulter

Chac Photographie

Chac Chac, dieu maya de la Pluie et du Tonnerre, reconnaissable à son long nez pendant. Codex conservé au British Museum, Londres. 

Crédits: The Bridgeman Art Library/ Getty Consulter

7.  Le Postclassique

Des édifices de style Puuc sont présents à Chichén-Itzá, démontrant le dynamisme de cette variante de la civilisation maya, mais ils marquent surtout une continuité entre le Classique et le Postclassique. L'effondrement maya n'a pas, en effet, touché également tout le territoire. Même aux marges du Petén, des cités comme Lamanai au Belize ont perduré. Les cités du Puuc se maintiennent jusque vers 950 ou 1000. Les petites communautés des hautes terres poursuivent également leur existence. Sur les marges occidentales des basses terres, des populations mayas mexicanisées, ayant acquis des traits originaires du Mexique central ou d'autres régions voisines, font preuve à l'inverse d'un dynamisme accru. Ces groupes, diversement désignés comme Putuns, Maya Chontales, puis plus tard Itzas, sont peut-être en partie responsables de l'effondrement de certaines cités, ou profitent au moins de leur affaiblissement. Leur présence est manifeste sur des sites du Petén comme Seibal, où ils donnent un éphémère regain de prestige à la cité déclinante. Ce sont peut-être eux, également, qui contribuent à l'introduction dans les hautes terres de traits « mexicains », comme les pyramides-jumelles ou les halls à colonnades qui caractériseront les centres politiques du Postclassique tardif.

Il ne fait en tout cas guère de doute que certains d'entre eux font partie des nouveaux arrivants qui contribuent à l'apogée de Chichén-Itzá au Postclassique ancien (900-1200). Cette cité était déjà un centre Puuc actif, mais à partir de 950 environ, on assiste à un déplacement de son centre de gravité, qui connaît une expansion rapide. De Chichen Viejo au sud, où se trouvent les édifices Puuc, les habitants migrent vers le grand Cenote, le puits calcaire naturel qui a permis la croissance du site. Tout autour, les habitants implantent les édifices majeurs : le CastilloChichén-Itzá : El Castillo, gigantesque temple à quatre escaliers, le grand terrain de jeu de balle, un tzompantli destiné à accueillir les crânes des sacrifiés et le Temple des GuerriersChichén-Itzá : temple des Guerriers entouré d'un vaste hall à colonnades. Ces édifices, d'une inspiration clairement septentrionale, comme le tzompantli ou les salles hypostyles à toit plat supporté par des colonnes, sont décorés de sculptures qui proviennent également du Mexique. Parmi elles, les représentations de guerriersChichén-Itzá : bas-relief de guerrier, de serpents à plumes et surtout les Chac MoolsChac-mool à Cancún, ces divinités allongées sur le dos tenant un récipient dans les mains croisées sur le ventre. Les thèmes sont étrangers mais le traitement est maya, avec un sens de l'arrondi, une souplesse que l'on ne retrouve pas sur les homologues du Mexique central. Chichén-Itzá est donc le point de rencontre de plusieurs traditions culturelles, dont la conjonction redonne vie aux basses terres septentrionales. L'influence de la cité s'étend jusque dans le nord du Belize (Nohmul) et sa réputation jusque dans les hautes terres du Guatemala : la Tollan pourrait être la capitale yucatèque, d'où proviendraient les dynasties locales.

Chichén-Itzá : El Castillo Photographie

Chichén-Itzá : El Castillo La pyramide dite El Castillo Chichén-Itzá, Yucatán, Mexique. 

Crédits: Cosmo Condina, Tony Stone Images/ Getty Consulter

Chichén-Itzá : temple des Guerriers Photographie

Chichén-Itzá : temple des Guerriers Le temple des Guerriers et les Mille Colonnes, Chichén-Itzá. État du Yucatan, Mexique. 

Crédits: The Bridgeman Art Library/ Getty Consulter

Chichén-Itzá : bas-relief de guerrier Photographie

Chichén-Itzá : bas-relief de guerrier Un des bas-reliefs représentant des guerriers à Chichén-Itzá, creuset d'un art maya-toltèque entre la fin du Xe et celle du XIIe siècle. Chichén-Itzá, État du Yucatan, Mexique. 

Crédits: The Bridgeman Art Library/ Getty Consulter

Chac-mool à Cancún Photographie

Chac-mool à Cancún Les statues dites chac-mool (personnages à demi étendus), à Cancún, presqu'île du Yucatán, Mexique. 

Crédits: Cosmo Condina, Tony Stone Images/ Getty Consulter

Chichén-Itzá se différencie aussi des cités antérieures par son organisation politique. Contrôlant un vaste territoire, on pense à la lumière des textes de l'époque coloniale que le pouvoir, le multepal, était plutôt de type collégial, aux mains d'une aristocratie à la fois guerrière et commerçante. Ce système réunissait la noblesse locale, mais aussi les dirigeants des cités soumises ou alliées, obligés de résider dans la capitale. Il serait très exagéré de l'apparenter à une démocratie, car la noblesse exerçait sa domination avec rigueur ; les représentations guerrières ou sacrificiellesStèle de Madrid en témoignent. C'est peut-être d'ailleurs l'origine des conflits qui entraînent la chute de la cité, car des groupes rivaux commencent à s'entre-déchirer. Les Cocoms, une branche dirigeante, profitent de l'absence de dirigeants itzas pour s'emparer du pouvoir et massacrer leurs adversaires. Les Itzas survivants migrent jusqu'au cœur du Petén, où ils érigent de nouvelles cités, Tayasal et Topoxté, que rencontre beaucoup plus tard Hernán Cortés, lors de sa traversée du Petén. Ces cités ne se soumettent au pouvoir espagnol qu'avec difficulté, en 1697. Au Yucatán, les Cocoms victorieux fondent une nouvelle capitale, Mayapan (1200-1500), où l'on retrouve bien des traits appauvris de Chichén-Itzá. Malgré son activité, Mayapan n'atteint pas la puissance de la cité postclassique. Le Yucatán se divise en provinces plus ou moins autonomes, autour de centres comme Tulum ou Santa Rita, sur la côte caraïbe, où l'on poursuit les traditions, notamment la peinture murale. Mais une grande partie du territoire est désormais dépeuplée. La Conquête espagnole et les ravages des maladies européennes accentuent encore la chute de population, au point de laisser croire à une disparition des Mayas.

Stèle de Madrid Photographie

Stèle de Madrid La Stèle de Madrid représente un dignitaire maya assis, en train d'accomplir un sacrifice. Bas-relief, env. VIIIe siècle. Museo de America, Madrid. 

Crédits: Index/ The Bridgeman Art Library/ Getty Consulter

La situation est tout autre dans les hautes terres. Ces dernières n'avaient pas connu un parcours aussi prestigieux que les basses terres voisines, mais le Postclassique récent voit, après l'apparition des traits mexicains, le développement de petits États dont la puissance dépasse le cadre traditionnel des vallées, pour englober des vastes ensembles régionaux. Les royaumes quichés et cakchiquels rivalisent d'ardeur pour fonder leurs capitales respectives, Qumaarkaj et Iximché, construire des temples, des édifices communautaires souvent dédiés à des ordres guerriers. Cette politique de prestige s'accompagne, comme pour les cités classiques, de guerres et de conflits territoriaux, une situation dont profitent les conquistadores espagnols d'Alvarado. Diviser pour régner : les royaumes des hautes terres du Guatemala tombent facilement aux mains des Espagnols qui jouent des rivalités, une situation qui a peut-être paradoxalement permis aux Mayas de survivre : ils constituent encore, de nos jours, la majorité des habitants du Guatemala.

Éric TALADOIRE

 

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Éric TALADOIRE, « MAYAS  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le  . URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/mayas/

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Écrit par :  Marie-France FAUVET

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RIO BEC SITE ARCHÉOLOGIQUE DE, Mexique

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Voir aussi

 

Bibliographie

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