3. Le comédien
Si Marcello Mastroianni était beau, il possédait aussi beaucoup de charme, était doté d'un fort charisme et d'une riche personnalité, bien qu'il s'ingéniât à en minimiser les qualités. Pour lui, être acteur n'était pas un sacerdoce comme ce l'était pour Vittorio Gassman, mais un métier comme un autre. Il le faisait, disait-il, comme on va au bureau ou à l'usine. Et il se montrait d'un grand professionnalisme : consciencieux, attentif, patient, souple, disponible, sans toutefois jamais donner l'impression d'un labeur. Créatif et perfectionniste, il était très tôt parvenu à un style de jeu subtil, qui lui permettait de révéler la nature profonde d'un personnage par un regard, un geste, un tic. Se montrant autant à l'aise dans le drame que dans la comédie, domaine où son sens du comique, voire du grotesque, de la dérision et, même, de l'autodérision faisait merveille, il conférait ainsi à ses personnages sympathiques des zones d'ombre et à ceux qui étaient antipathiques des facettes lumineuses ; ce qui contribuait à doter ses « créatures » d'une complexité, d'une ambiguïté qu'elles n'avaient pas toujours sur le papier.
La maîtrise de Marcello Mastroianni était telle que son jeu semblait « naturel ». En fait, préférant le verbe français « jouer » à l'italien recitare, il jouait, dans tous les sens du terme, comme un enfant. « Changer de figure, inventer un tic ou une façon de marcher, déformer mon aspect physique, stimuler ma nature clownesque, tout cela satisfait le côté enfantin de mon caractère qui est prédominant. » L'humour dont il témoignait dans ses entretiens, le sens de l'ironie dont il ne se départait jamais, la malice qui pétillait dans son regard en témoignent : il s'amusait. Lui-même en convenait, considérant qu'un acteur était comme un enfant, que le metteur en scène était comme « une mère, un père » qui « vous protége, vous exalte » et qui, « de plus, vous fait gagner de l'argent ! »
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 2 pages…



