7. La retombée de la parabole maoïste (1959-1976)
Du moins y parvient-il, d'après nos connaissances actuelles, jusqu'au Grand Bond. Les dirigeants provinciaux et, surtout, les activistes de la base, qui défendent la nouvelle répartition du pouvoir et des ressources, sont sa principale masse de manœuvre. Leur émulation l'aide à chambouler le calendrier de la collectivisation, déclenche la fièvre des communes populaires et nourrit les surenchères de 1958. Il faut la famine pour provoquer une rupture. Ils ont contribué à l'étendre en livrant avec zèle des récoltes diminuées pour les villes décrétées prioritaires, alors que les secours pour nourrir la paysannerie seront insuffisants ou inexistants. Avec la population, ils se replient sur le local et sur le quotidien, non sans renvoyer, à l'occasion de leurs conflits propres, des échos microfactionnels des luttes au sommet.
Car si Mao parvient à isoler Peng Dehuai, qui a l'audace de dénoncer la folie (1959), il ne peut contrer directement les mesures de salut public derrière lesquelles Liu Shaoqi et Deng Xiaoping, convertis à l'antivolontarisme, vont dessiner en pointillé une politique pragmatique qui ne prévaudra pleinement qu'après sa mort. Aux fronts mobiles et aux débats des années 1950 succède une guerre de position codée. Par Khrouchtchev interposé, Mao condamne le révisionnisme, appelle à une remobilisation, dont l'exemple est donné par Le Petit Livre rouge, l'armée (où Lin Biao remplace Peng Dehuai), l'opéra révolutionnaire de Jiang Qing, la brigade modèle de Dazhai. Il serait absurde d'envisager qu'il ait perdu le pouvoir durant cette obscure « lutte entre les deux lignes », excessif même de penser qu'il en ait perdu une partie : outre l'armée, la sécurité et le soutien de Zhou Enlai, il tient de solides positions, Shanghai notamment. Avec Jiang Qing et d'autres membres de la future bande des Quatre, il y prépare en sous-main la contre-attaque au grand jour que sera la révolution culturelle (1966).
Additionnons au lie […]
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