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LOI, épistémologie

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Karl Popper

Le nom français « loi » tire son étymologie du mot latin lex. L'adjectif français « nomologique », qui désigne la propriété d'être une loi, tire son étymologie du mot grec nomos (qui signifie loi). À quel genre d'entité attribue-t-on cette propriété ? De nos jours, le mot « loi » sert à désigner certaines régularités dans les phénomènes naturels et conjointement des obligations morales et juridiques. L'énumération suivante n'offre qu'un échantillon des nombreuses lois formulées depuis la révolution scientifique du xviie siècle : la loi de la chute des corps, la loi du mouvement périodique du pendule, les trois lois de Kepler sur la trajectoire elliptique des planètes, les lois de la réfraction et de la diffraction de la lumière, la loi de Boyle-Mariotte, la loi d'Ohm, les lois newtoniennes du mouvement, la loi de la gravitation universelle. Quoique la formulation de ces lois soit ancienne, ni les Grecs ni les Romains n'auraient pu en mentionner une : le prototype de ce qu'ils nommaient lex ou nomos était ce que nous nommons des préceptes ou des obligations morales et/ou juridiques. Qu'y a-t-il de commun entre les « lois de la nature » et les obligations ou préceptes moraux ou juridiques ?

Les premières sont exprimées au moyen de phrases comme : « À température constante, la pression d'un gaz contenu dans un récipient fermé est inversement proportionnelle au volume du gaz » ou « PV = constante » (loi de Boyle-Mariotte) ou « Le carré de la durée d'une révolution d'une planète autour du Soleil est proportionnel au cube de la distance entre la planète et le Soleil » ou « a3/T2 = constante » (troisième loi de Kepler). Les secondes sont exprimées par des phrases comme : « Tu ne tueras point », « Il est mal de voler » ou « Ne mens pas ». Qu'y a-t-il de commun entre les propositions exprimées par ces deux types de phrases ? Le mot français « loi » n'est-il pas ambigu ? 

Pour énoncer la troisième loi de Kepler, on se sert de mots ou de symboles. Cependant, une description défi […]

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CAUSALITÉ

Écrit par :  Raymond BOUDONMarie GAUTIERBertrand SAINT-SERNIN

Dans le chapitre "Le principe de causalité dans la physique classique"  : …  de la causalité. Quel est ce mode d'explication, et comment entend-il la notion de cause ? *Une distinction faite par Einstein dans Comment je vois le monde entre loi intégrale et loi différentielle permettra d'éclairer la distinction entre les lois que, faute de mieux, on nommera descriptives (loi de la chute des corps, lois de… Lire la suite
COMTE AUGUSTE (1798-1857)

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Dans le chapitre "De la science à la philosophie"  : …  par des lois. Les lois sont des relations qui expriment la relation, la coordination des faits. *Par malheur, si la perfection du système paraît appeler une réduction des lois particulières à une loi unique (Cours, t. I, p. 4), cet idéal énoncé par d'Alembert est irréalisable, c'est une « absurde utopie » (Cours, t. VI, p. 648… Lire la suite
CONSTITUTION

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DE L'ESPRIT DES LOIS, livre de Montesquieu

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Dans le chapitre "Une nouvelle rationalité"  : …  et historiques qui en expliquent l'origine. Il dégage ainsi la logique interne des législations. *Le sous-titre du traité est Du rapport que les lois doivent avoir avec la constitution de chaque gouvernement, les mœurs, le climat, la religion, le commerce, etc. Là où les théoriciens et les observateurs constataient l'absurde bariolage… Lire la suite
DESCRIPTION ET EXPLICATION

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…  de ceux qui mettent des relations à la place des substances, et qui soutiennent que trouver la* loi des phénomènes, c'est les comprendre. Si l'on juge fondées ces objections, il faut dire que la physique est une science de lois, c'est-à-dire de relations ; les théories, qui systématisent les lois en les classant en systèmes, n'indiquent pas la… Lire la suite
ÉCONOMIE (Définition et nature) - Une science trop humaine ?

Écrit par :  Bernard GUERRIEN

Dans le chapitre "Connaissance et lois en économie"  : …  facteurs bien identifiés – premier pas vers l'établissement de relations causales, et donc de *lois. C'est pourquoi il n'est pas possible de trouver, en économie, de lois qui prennent la forme de relations précises, et toujours vérifiées, entre deux ou plusieurs variables, toutes choses égales par ailleurs – cette dernière condition n'étant… Lire la suite
EXPÉRIENCE ET EXPÉRIMENTATION, sciences

Écrit par :  Jean-Paul THOMAS

Dans le chapitre "Naissance de la méthode expérimentale"  : …  qu'elle l'est aussi par celui qui la porte à son point d'accomplissement, Isaac Newton (1642-1727). *L'idée prévaut que la science se constitue par des observations répétées, qui permettent de dégager par induction les lois des phénomènes, que les théories rassemblent sous des principes directement tirés de l'expérience. La connaissance des lois et… Lire la suite
HASARD

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Dans le chapitre "Le hasard et l'explication dans les sciences"  : …  une analyse expérimentale ou une description des phénomènes ; de l'autre, des hypothèses ou des *lois, grâce auxquelles on espère comprendre ce que l'on a observé. On appelle parfois explanandum (ce qu'il faut expliquer), les énoncés descriptifs et on nomme explanans (c'est-à-dire ce qui sert à expliquer) l'ensemble des lois et… Lire la suite
IDÉALISME

Écrit par :  Jean LARGEAULT

Dans le chapitre "L'idéalisme et la philosophie de la physique"  : …  D'après Wolfgang Pauli, « la Science est le reflet de l'homme dans le miroir de la Nature » ; *Niels Bohr affirme que la physique n'a pas pour objet les lois de la nature, mais plutôt les lois de notre connaissance de la nature. D'après Léon Brillouin, « les lois de la Nature nous sont inaccessibles ; nous n'obtenons que les lois de nos… Lire la suite
INDUCTION, philosophie

Écrit par :  Bertrand SAINT-SERNIN

Dans le chapitre "De l'énoncé à la loi"  : …  une loi doivent former une classe ou une espèce définie. Mais, s'il est facile de comprendre que* seules les lois, en tant qu'énoncés universalisables, soient susceptibles de la confirmation ou de l'infirmation qui importent au logicien, il est plus malaisé d'éviter le cercle suivant : si le problème de l'induction, au sens de confirmation d'une… Lire la suite
LOGIQUES NON CLASSIQUES

Écrit par :  Jacques-Paul DUBUCS Universalis

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LOI, physique

Écrit par :  Jean-Marc LÉVY-LEBLOND

Dans le chapitre "Les limites de la loi"  : …  *Aussi ne faut-il pas s'étonner que la formulation de lois ait constitué, du xviie au xixe siècle, la forme canonique d'énonciation des découvertes scientifiques, en tout cas en physique. Longtemps, les lois porteront le nom de leur premier énonciateur – lois de Kepler, de Snell-Descartes, de Newton, de Boyle-… Lire la suite
LOI SOCIOLOGIQUE

Écrit par :  Claude JAVEAU

… Selon *Raymond Boudon et François Bourricaud (1982), il « est exagéré de prétendre que la sociologie soit essentiellement une science nomothétique, visant à la mise en évidence de lois générales ». Cette prétention est liée à l'ambition de la sociologie à la généralité, celle-ci fût-elle conditionnelle, et « peut donc prendre la forme de la… Lire la suite
MÉTHODE

Écrit par :  Jean LARGEAULT

Dans le chapitre "L'hypothèse, l'induction et l'analogie"  : …  qui remonte à Bacon, donne l'hypothèse pour un produit d'observations répétées. On trouverait la* loi en généralisant à partir de faits. Plutôt que comme une opération logique, mieux vaudrait regarder l'induction comme un acte d'invention : l'esprit s'arrête sur une des propriétés que l'expérience lui a suggérées et introduit une conception que… Lire la suite
PHÉNOMÉNOLOGIE

Écrit par :  Renaud BARBARASJean GREISCH

Dans le chapitre "Husserl"  : …  à tel jugement vrai ; la logique sera, selon l'expression de Lotze, une « physique de la pensée ». * La critique de Husserl va essentiellement prendre appui sur le sens de la loi logique, tel qu'il est à l'œuvre dans les actes qui la visent, sens qui est accessible à une intuition. Or, dans l'activité logique, la loi apparaît… Lire la suite
PHYSIQUE - Les fondements et les méthodes

Écrit par :  Roland OMNÈS

Dans le chapitre "Une science exacte"  : …  de x() et de F⃗. À l'intérieur de la représentation mathématique adéquate, les *lois de la physique prennent l'aspect de relations ou d'équations qui gouvernent l'objet mathématique : ainsi, en dynamique, on posera F⃗ = mγ⃗, où l'accélération γ⃗ est obtenue à partir de x() par des dérivations. C'est… Lire la suite
PHYSIQUE - Physique et mathématique

Écrit par :  Jean-Marc LÉVY-LEBLOND

Dans le chapitre "Les mathématiques, langage de la physique ?"  : …  aujourd'hui, sur l'idée que les mathématiques constituent le langage de la physique. *Au texte de Galilée déjà cité, on peut ajouter deux citations : « Toutes les lois sont tirées de l'expérience, mais, pour les énoncer, il faut une langue spéciale ; le langage ordinaire est trop pauvre, il est d'ailleurs trop vague, pour exprimer des… Lire la suite
PHYSIS

Écrit par :  Pierre AUBENQUE

Dans le chapitre "Nature et art, nature et loi"  : …  nouveau d'une opposition entre la nature, qui vient de Dieu ou est en tout cas autonome, et *la loi, qui est le fait de l'homme. Par « loi » (νομ́ος), il faut ici entendre tout ce qui est de l'ordre de la convention et qui, non seulement s'ajoute à la nature, mais quelquefois la contredit et l'aliène. Cette opposition a été surtout utilisée… Lire la suite
POLITIQUE - La science politique

Écrit par :  Marcel PRÉLOT

Dans le chapitre "La science politique « stricto sensu »"  : …  puis à la suite de multiples vérifications. L'hypothèse vérifiée est considérée comme une *loi. Les lois de coexistence ordonnent l'ensemble des phénomènes en système idéologique ou en régime constitutionnel. Les lois de causalité expliquent les phénomènes dans leur enchaînement. Ainsi Montesquieu a-t-il établi des lois de succession quand… Lire la suite
QUÉTELET ADOLPHE (1796-1874)

Écrit par :  Bernard-Pierre LÉCUYER

Dans le chapitre "La formation de l'idée de physique sociale (1831-1835)"  : …  elles sont pour lui « de l'ordre des faits physiques ». Il jette ainsi un pont entre l'univers des *lois physiques et celui des lois sociales. Ces considérations ont des conséquences éthiques et pratiques qui alimenteront les controverses autour de son œuvre dans le dernier tiers du xixe siècle. Sur le plan méthodologique, on… Lire la suite
SCIENCES - Science et philosophie

Écrit par :  Alain BOUTOT

Dans le chapitre "La métaphysique, « inutile et incertaine »"  : …  temps, le physicien dégagera, par l'analyse des faits concrets et particuliers, un certain nombre de* lois qui sont des propositions générales reliant plusieurs notions abstraites. Dans un second temps, poussant plus loin l'abstraction, il formulera des jugements plus généraux, c'est-à-dire des principes permettant de retrouver, par une déduction… Lire la suite
SIMMEL GEORG (1858-1918)

Écrit par :  Raymond BOUDON

Dans le chapitre "Les fondements de la sociologie « formelle »"  : …  réalité concrète. Il faut donc bien prendre soin de distinguer la notion de modèle de celle de *loi. Une loi est une proposition qui a l'ambition de représenter un énoncé empirique (alors que le modèle se veut idéal) et d'être de validité universelle (alors qu'un modèle prétend seulement s'appliquer à une pluralité de situations et avoir… Lire la suite
SOCIOLOGIE - La démarche sociologique

Écrit par :  Louis PINTO

Dans le chapitre "L'objectivité du social"  : …  du social, de la nature de la causalité sociologique. Comme le soulignait Ludwig Wittgenstein,* il y a une différence profonde entre la mise en évidence de lois en vue de rendre compte de régularités déterminées et l'attribution à ces lois d'un effet caché de contrainte qui s'exercerait sur la nature en la forçant en quelque sorte à « obéir… Lire la suite
THÉORIE, sciences

Écrit par :  Jean-Paul THOMAS

Dans le chapitre "Les caractères principaux d'une théorie scientifique"  : …  traits essentiels d'une théorie physique. En premier lieu, cette théorie a des vertus synthétiques. *Elle apporte une vision d'ensemble d'un vaste champ du savoir et rassemble de nombreuses lois naturelles. Elle réunit la nouvelle dynamique, fondée par Galilée, et la nouvelle astronomie, à laquelle Kepler a apporté une contribution décisive. Elle… Lire la suite

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