3. Les paradoxes de la confirmation
Une loi de la nature ne se contente pas de décrire les phénomènes observés – les faits attestés – mais dévoile ce que pourraient être les faits dans des conditions hypothétiques irréalisées. Notre confiance dans une loi dépend donc de la confirmation ou de la corroboration que les preuves favorables lui confèrent. Réciproquement, une proposition nomologique infirmée par des contre-exemples n'est pas strictement vraie : on cherche soit à l'amender soit à la remplacer. Les concepts de loi et de confirmation sont donc intimement liés. Or, au milieu du xxe siècle, Hempel et Goodman ont révélé que le concept de confirmation était affligé de deux paradoxes.
Le paradoxe de Hempel (Studies in the Logic of Confirmation, 1945).
Considérons la proposition triviale exprimée par l'énoncé :

Représentons-la comme une proposition conditionnelle universellement quantifiée :

La conjonction (C) des trois principes de confirmation suivants – nommée « critère de Nicod » – paraît intuitivement solide :
(C1) Si un objet observé a satisfait à la fois l'antécédent et le conséquent du conditionnel (Ca & Na), il confirme le conditionnel.
(C2) Si un objet observé a satisfait l'antécédent mais non le conséquent (Ca & – Na), il infirme le conditionnel.
(C3) Si un objet observé a ne satisfait pas l'antécédent (– Ca), il ne compte pas ou il est dénué de pertinence par rapport au conditionnel.
Par une règle de logique élémentaire, nommée la contraposition, la proposition (1a) est logiquement équivalente à la proposition (1b) :[…]
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