Enfant, Woodrow (Woody) Charles Herman manifeste si peu d'attirance pour la musique que ses parents doivent user de quelque contrainte pour la lui apprendre. Auraient-ils deviné que leur obstination vaudrait à leur fils une carrière longue de plus de cinquante ans et une célébrité planétaire ?
Woodrow Charles Herman naît le 16 mai 1913 à Milwaukee (Wisconsin). Dès l'âge de six ans, il chante et danse au côté de son père dans des spectacles locaux. À neuf ans, il apprend le saxophone et la clarinette. Encore à l'école, il joue avec l'orchestre de Joe Lichter. En 1930, fuyant le domicile paternel, il part en tournée avec Tom Gerun comme chanteur et saxophoniste (alto et baryton). Ses premiers disques datent de 1932. On le voit travailler ensuite dans des ensembles commerciaux comme ceux de Harry Sosnik et de Gus Arnheim. En 1934, Isham Johns l'engage et le gardera jusqu'à la dissolution de sa formation (1936). Avec les meilleurs éléments de l'orchestre, Woody Herman fonde alors son premier groupe, sorte de coopérative musicale quasi autogérée par ses membres. Walt Yoder (basse), Joe Bishop (bugliste et arrangeur), Saxie Mansfield (saxophone ténor), Tommy Linehan (piano) et le batteur Frank Carlson en sont les piliers. Il devient rapidement la vedette des dancings – dont le Roseland Ballroom, qui voit ses débuts à New York – où, entre deux rengaines commerciales qui constituent le fond de son répertoire et qu'il habille aux couleurs du Dixieland, il glisse quelques blues robustes qui lui valent le titre un peu inattendu d'« orchestre qui joue le blues ». En 1939, c'est le succès foudroyant de son enregistrement de Woodchopper's Ball, blues rapide qui sera vendu à plus d'un million d'exemplaires. Peu à peu, son style se modernise sous l'influence déterminante de Jimmy Lunceford, Duke Ellington et Count Basie. De grands musiciens virtuoses envahissent l'orchestre en 1943 : Chubby Jackson (basse), Shorty Rogers, Sonny Berman, Pete Candoli et Nel Hefti (trompettes), Bill Harris (trombone), Sam Marowi […]
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